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September 29 2013

Vous avez demandé un parquet européen ? Non ? Vous l'aurez quand-même ! - La lettre volée,…

Vous avez demandé un parquet européen ? Non ? Vous l’aurez quand-même ! - La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses

http://www.lalettrevolee.net/article-vous-avez-demande-un-parquet-europeen-non-vous-l-aurez-quand-

http://img.over-blog.com/570x355/0/11/19/18/2013/RainRoom.jpg

Vous avez demandé un parquet européen ? Non ? Vous l’aurez quand-même !
Juste une brève pour signaler, un peu à la suite de la discussion en commentaire de mon billet précédent, que la dépossession des pouvoirs républicains nationaux et démocratiques continue.
Un copain me signalait récemment que le Sénat a examiné un texte européen portant création d’un parquet lui aussi européen.
On notera la légèreté des argumentaires en faveur de la création d’un tel organisme (au premier chef, lutter contre la fraude aux subventions européennes. C’est le pompier incendiaire qui demande un camion plus gros !)
On notera aussi la subtilité des processus de construction d’un pouvoir fédéral européen : c’est Taubira le moteur principal de création d’un parquet européen. Qu’elle s’oppose à cette mesure, et son prédécesseur n’aura peut-être pas le meêm courage d’affronter ses 27 collègues.
Dans tous les domaines, la même logique prévaut : à l’usure, c’est la construction d’organismes communs préfigurant des organes fédéraux aux compétences élargies qui est la règle. Jamais le pouvoir européen ne recule.
C’est à peu près inéluctable car le renforcement des pouvoirs européens est au coeur des traités. Il ets difficile d’aller contre la lettre d’un traité que l’on a signé.
C’est d’ailleurs au fond pour cette raison que la perte de pouvoir des ministres dont nous discutions est si difficile à contrer : tant que l’on reste dans le cadre de l’Union européenne, vouloir s’opposer à la fédéralisation c’est sortir sans manteau ni parapluie un jour de pluie glacée.

 
C’est d’ailleurs pour la même raison que seuls les radicaux ont une chance de rétablir les démocraties, dont l’assise demeure nationale. Pour contrer n’importe quelle mesure d’harmonisation européenne, même la plus minime, une seule solution est efficace : renverser toute la table et en finir avec l’Union européenne. Plus la table est grande et plus cela est difficile. Mais c’est la seule voie de sortie, de salut, le seul chemin démocratique.

#parquet
#Europe
..processus de construction d’un #pouvoir #fédéral #européen
#démocratie
#sénat

August 31 2013

La question de la captation du pouvoir et de la captation du sens dans l'alternative…

La question de la captation du pouvoir et de la captation du sens dans l’alternative

#Patrick_Viveret http://www.reporterre.net/spip.php?article3262

Mener la bataille contre le #capitalisme financier est une bataille de plus en plus urgente et nécessaire, mais en n’oubliant jamais qu’il y a ces autres formes de captation [captation de pouvoir et captation de sens] qui se soutiennent mutuellement. Et du même coup l’alternative aux logiques de guerre secrétées par ces logiques de captation, c’est aussi de construire des mouvement civiques, sociaux, démocratiques qui sont capables en leur propre sein de lutter contre leur tendance à la captation. Le drame du mouvement communiste est qu’il a été lucide sur la captation de richesse mais aveugle sur la captation de pouvoir, de la même façon que le drame de la révolution iranienne a été la captation de sens avec les ayatollahs. Donc il y a un mouvement d’auto-transformation, d’auto-réforme à construire du côté des alters pour qu’eux-mêmes ne rééditent pas le fait que les anciens dominés se transforment en dominants quand ils ont réussi à gagner au moins partiellement la partie.

#Miguel_Benasayag http://www.perspectives-gorziennes.fr/index.php?post/2011/07/29/Miguel-Benasayag-%3A-%C2%AB-Contre-pouvoir-et-d%C3%A9croissance-%C2%BB/544

Dans ce contexte de perte générale des repères ont surgi et se sont développées un peu partout dans le monde, et plus particulièrement en Amérique latine et indienne, de nouvelles formes d’engagement et de lutte, de nouvelles radicalités. Indiens et paysans « sans terre », mais aussi mouvements européens des « sans », communautés expérimentales fondées sur le troc, #zapatisme mexicain, etc., tout un ensemble d’expériences pratiques de sociabilité, de créations collectives et de résistance émergeait en inventant de nouvelles modalités de l’agir social, de nouveau sujets sociaux et historiques – de nouveaux modes de protagonismes, si l’on veut bien me passer l’emploi de ce néologisme latino-américain.
L’exemple concret et le référent presque unique de ces nouveaux mouvements est sans doute le mouvement #féministe international, mouvement multiple, « rhizomatique » et horizontal, qui tout en demandant aux pouvoirs de valider ses revendications, a su changer le monde sans se préoccuper des questions gestionnaires, par la puissance de sa base.
Ainsi, les différents mouvements indiens ont-ils pu s’imposer à nouveau sur le devant de la scène, grâce à leur organisation « diffuse et horizontale » du pouvoir. Cependant, et c’est déjà un premier pas dans la compréhension de l’articulation qui nous intéresse, ces mouvements avaient, dès l’origine, intégré à leur propre questionnement sur l’organisation du pouvoir une réflexion sur le mode de développement et de croissance caractéristique du pouvoir centralisé.
[...]
Pour ceux qui affirment que les changements sociaux ne peuvent venir que du #pouvoir central, il y a toujours un besoin de hiérarchiser les « justices ». Par exemple : la prise du pouvoir d’abord, puis les femmes, enfin l’écologie. Or, nous connaissons l’issue de cette petite histoire. C’est celle d’En attendant Godot. La radicalité des nouveaux mouvements tient dans le fait qu’il n’y a pas de place pour une telle hiérarchie des « maîtres libérateurs », qui connaîtraient depuis leur fauteuil du comité central les conditions du bonheur du petit peuple.
Les pratiques de #contre-pouvoir sont multiples et empiriques, elles rivalisent et s’émulent entre elles. Elles sont en conflit permanent, mais un conflit qui se situe en deçà de l’idéologie. Les idéologies sont toujours ce que l’on nomme, en épistémologie, des simulacres, c’est-à-dire des façons d’agir où la conclusion précède l’expérience.

August 23 2013

*Destination Checkpoints* Photographies, vidéos et installations de Ariane_Arlotti ❝Destination…

Destination #Checkpoints

#Photographies, #vidéos et #installations de #Ariane_Arlotti

Destination Checkpoints, est une invitation à un voyage inhabituel en #Cisjordanie, redessinée par le tracé du #Mur de séparation, les #colonies et les nombreux checkpoints qui rythment le quotidien des #Palestiniens et limitent leur horizon. Le projet s’est construit sur plusieurs voyages que j’ai effectués sur le terrain. Ils m’ont permis de mûrir une réflexion sur la déambulation touristique dans un contexte ultra-sécuritaire, et sur la capacité du voyageur à se positionner face aux #images que le #pouvoir met en valeur pour se montrer accueillant.

Je prends le parti de provoquer une sensation #esthétique à partir de l’expérience des outils du #contrôle et de la #répression.

http://www.destinationcheckpoints.com/wp-content/uploads/2013/08/b0148790cor.jpg

http://www.destinationcheckpoints.com

cc @albertocampiphoto

August 21 2013

Comment cartographier le pouvoir ? | Geographica

Comment cartographier le pouvoir ? | Geographica

http://geographica.net/2013/08/comment-cartographier-le-pouvoir

Un article récent publié dans la revue Forbes évoque les « 147 compagnies qui dirigent tout », ce à quoi rétorquent certains contributeurs du site en disant que ces 147 compagnies, ce sont « nous » ou encore que 4 compagnies contrôlent les 147 qui contrôlent le monde…

http://geographica.net/wp-content/uploads/2013/08/La-red-que-domina-el-mundo-596x300.jpg

Finalement, on peut se demander ce que signifie « contrôler le monde ». Dans l’esprit complotiste, jamais très loin de ce genre de considérations, un groupe restreint, supposé très compact et organisé, est censé avoir une influence quasi-mécanique, ou militaire, c’est selon, sur « le monde ». Depuis les Protocoles des Sages de Sion, un faux bien décortiqué par Pierre-André Taguieff, ou mis en roman par Umberto Eco (le Cimetière de Prague), mais qui continue à faire des ravages, on sait à quoi s’en tenir.

#cartographie #visualisation #pouvoir #puissance #forbes

Reposted bycheg00 cheg00

August 11 2013

August 06 2013

Milk, the Drink of Conquerors | Strange Maps | Big Think

Milk, the Drink of Conquerors | Strange Maps | Big Think

http://bigthink.com/strange-maps/618-milk-the-drink-of-conquerors

via @cdb_77

The drink of conquerors? Not wine, or rum, or even the blood of your enemies - but milk. Plain old milk.

Recent scientific discoveries suggest that the spread of farming across prehistoric Europe may have gone hand in hand with the increase in lactose tolerance. This would have given the invading farmers and herders a crucial advantage over the native hunter-gatherers.

#cartographie #visualisation #isolignes #pouvoir #lait

July 27 2013

La bataille du Chili est sans conteste un des plus saisissants films politique qui m'ait été donné…

La bataille du Chili est sans conteste un des plus saisissants films politique qui m’ait été donné de voir.
Le cinéaste et son équipe arrivent à capter cet instant si fragile ou la conscience politique collective du « peuple de gauche » entend le bruit des bottes et de la cravache de la soumission. les poings levés vont être coupés, l’ordre bourgeois, patronal, et militaire va régner. Une résistance sans armes va s’opérer jusqu’à la chute finale.
Bouleversant de voir comment une telle volonté politique d’organiser les moyens de productions, la répartition des richesses, et de la propriété va être écrasée par les forces les plus réactionnaires et conservatrices du pays.

La bataille du Chili (1973) un film documentaire en trois parties de Patricio Guzman avec la collaboration entre autres de Chris Marker

Ici est présenté la première partie :
L’insurrection de la bourgeoisie

http://www.dailymotion.com/video/x8ujr2_la-bataille-du-chili-1-sur-

Une analyse du film par Rosa Llorens
http://www.legrandsoir.info/la-bataille-du-chili-40-ans-apres-21028.html

Le #film, tourné pendant la présidence d’#Allende, dans des conditions dramatiques, pourrait s’intituler #Chronique d’un Coup d’État annoncé : effectivement, dès la victoire d’Allende aux élections de septembre 1970, les #partis_politiques de #droite, les secteurs #radicaux de l’#armée et la #CIA avaient mis au point la stratégie du #chaos qui devait conduire au #coup_d_État.
La grande difficulté, pour l’équipe de #tournage, dit P. Guzman, était le décalage entre le peu de moyens matériels (le film fut tourné grâce à la #pellicule offerte par #Chris_Marker, et monté, après le coup d’État, à #Cuba) et la masse d’#événements et l’#effervescence des années 70-73 : il fallait choisir et planifier ce qu’on allait couvrir ; les choix furent judicieux, puisqu’on suit le film dans l’angoisse, l’estomac noué, revivant les possibilités extraordinaires de cette période, tout en pensant aux #tragédies #humaines auxquelles elle a abouti ; mais on assiste aussi, au-delà du #documentaire, à de grands moments de #cinéma.
Les #séquences font alterner trois groupes, trois centres de #pouvoir : les #ouvriers dans leurs #usines, la #droite_parlementaire appuyée sur l’#armée, et, entre les deux, Allende et le gouvernement d’#Unité #Populaire.

http://www.dailymotion.com/video/x8ulm1_la-bataille-du-chili-2-sur-5_news

Face à la #stratégie de tension et de #sabotage de la part de la droite, Allende ne pouvait compter que sur le #peuple : il a donc encouragé les ouvriers à s’#organiser, ce qu’ils ont fait avec une détermination et une efficacité impressionnantes ; les usines passent entre les mains du peuple, constituant les nouveaux « #cordones », où le travail est inséparable des #actions_de_défense : on voit les ouvriers dresser des #barricades et obliger la police mais aussi le #gouvernement, qui voulait revenir sur ces nationalisations sauvages, à reculer.

Mais le moment le plus fort, c’est l’assemblée des responsables de cordones face à la direction des #syndicats, la #CUT, où les #communistes jouent un rôle (modérateur) important. Un ouvrier, visiblement exaspéré par les discours du responsable de la CUT, prend la parole : « Vous nous avez demandé de nous organiser, nous nous sommes organisés - mais pour quoi faire ? Les #camarades sont fatigués de s’entendre dire que ce n’est pas le moment, qu’il faut rendre des usines, parce qu’elles appartiennent à la reine d’Angleterre ou à des #banques suisses. Les camarades ne comprennent pas, ils veulent agir pour soutenir notre camarade #Président. »

http://www.dailymotion.com/video/x8um4k_la-bataille-du-chili-p-guzman-3-sur_news
(...)

Pendant ce temps, la droite déroule son plan. L’armée suit sa propre #politique : elle encercle les usines pour vérifier qu’il ne s’y cache pas d’armes, fouillant et arrêtant les ouvriers - sans qu’elle ait jamais rien trouvé ; mais ces opérations servent à étudier les lieux possibles de #résistance et à habituer les jeunes #soldats à #affronter les ouvriers. Parallèlement, la « #société_civile », appuyée par les #médias (ou du moins 75% des médias) s’organise : en 1972, la grève des #transporteurs routiers paralyse le pays ; les « ménagères » typiques, en grosses lunettes de soleil de marque et coiffure au brushing impeccable, celles auxquelles les médias français donnaient toujours la parole pour rendre compte de la situation au Chili, collectent des fonds pour soutenir les grévistes (déjà subventionnés par la CIA) et les médias accusent le gouvernement d’atteinte à la #propriété_privée quand il essaie de #réquisitionner les camions.

http://www.dailymotion.com/video/x8vwjm_la-bataille-du-chili-p-guzman-4-sur_news

Entre les deux, il y a Allende, fidèlement soutenu par des #manifestations #populaires, et toujours respectueux de la #Constitution, même quand la droite fait assassiner son aide de camp, le commandant #Araya, pour le couper des secteurs #loyalistes de l’armée. La séquence des funérailles d’Araya est la plus magistrale du film : on voit, littéralement, les officiers supérieurs, filmés en plan américain, se féliciter, dans le dos d’Allende, de leur succès et se concerter pour les étapes suivantes du plan. Guzman explique comment il a obtenu cet effet de naturel : il avait juché, bien en vue, un cameraman sur une chaise, pendant qu’un autre, plus discrètement, avec un zoom, prenait les vraies images. Mais que pesait le soutien des ouvriers aux mains_nues face aux #tanks et à l’aviation ? L’issue de la #confrontation, on la connaît, et le film nous fait entendre le dernier message d’Allende, depuis la #Moneda bombardée : « Que mes paroles soient le châtiment de ceux qui ont trahi », « Je paierai avec ma vie la loyauté du peuple », « L’#histoire est à nous et elle est faite par le peuple », bientôt, de nouveau, « s’ouvriront les larges avenues par où passe l’#homme #libre pour #construire une #société #meilleure ».

http://www.dailymotion.com/video/x8w0ls_la-bataille-du-chili-p-guzman-5-sur_news

#Chili #Salvador_Allende #Patricio_Guzman #Commando_communal #Nationalisation #Expropriation #Capitalisme #Socialisme #Marxisme #Fascisme #Ordre #Etudiant #Etats_unis #La-bataille_du_Chili #Vidéo

July 23 2013

Entretien avec le philosophe Alain Brossart sur la question de la figure de l'étranger en France et…

Entretien avec le philosophe Alain Brossart sur la question de la figure de l’étranger en France et le discours politique qui l’accompagne.
http://www.lesinrocks.com/2013/07/17/actualite/la-france-a-peur-11409641

Pourquoi la question de « l’étranger parmi nous » obsède-t-elle aujourd’hui, de manière démesurée, le discours politique ?

#Alain_Brossat - Le geste philosophique dont je me sens proche s’attache davantage au « comment » qu’au « pourquoi », je veux dire aux causes ultimes ou à l’origine première des #objets ou #phénomènes sur lesquels nous travaillons. Dans ce #travail, je pars de ce #constat : d’une part, la question de l’#étranger, telle qu’elle est non seulement mise en #discours mais aussi mise en pratique par nos #gouvernants, est le domaine par excellence où les éléments de rationalité, les #stratégies, l’art de #gouverner, etc., sont constamment envahis et contaminés par les #fantasmagories. C’est, par opposition à « l’imagination au #pouvoir », le basculement et la fuite perpétuels dans l’#imaginaire, un imaginaire #réactif peuplé d’une multitude de #menaces disparates et de projections fantastiques sur les parois de la caverne du présent – le spectre du terrorisme islamique, l’insoutenable envahissement de nos cités par les #Roms, insupportables #parasites, etc.

Un indice très sûr de cette dérive de la #politique de l’étranger de nos gouvernants dans les eaux de l’imaginaire #sécuritaire est son écart croissant avec les analyses produites par les corps de spécialistes disposant d’une expertise sur ces questions et incarnant, disons, un certain #principe de #réalité#démographes, #sociologues, #historiens, etc. Ce n’est pas par hasard que ceux qui inspirent les ministres de l’Intérieur en la matière (ceux-là mêmes qui donnent le la de la politique de l’étranger réduite, symptomatiquement, aux conditions d’une politique de l’#immigration) sont des exaltés de la #défense #sociale repeints aux couleurs de la #criminologie comme Alain Bauer plutôt que des historiens ou des démographes respectés comme #Gérard_Noiriel ou #Hervé_Le_Bras… Ce que vous appelez la démesure en rapport avec cette question, c’est tout simplement pour moi le fait que le discours et les pratiques des gouvernants soient, en la matière, émancipés de toute prise en compte des éléments majeurs constitutifs du réel – voir la façon dont cette politique met en avant une supposée lutte contre l’ »immigration clandestine » et le « travail au noir » dont les promoteurs ne peuvent ignorer qu’ils constituent des éléments structurels dans des secteurs d’activité économique aussi importants que le #bâtiment, la #restauration, la #confection, etc.

En quoi le sort réservé à l’étranger s’inscrit selon vous dans la longue histoire des persécutions liées au déploiement de l’Etat moderne ?

Question essentielle à tous égards. Dans son cours au Collège de France intitulé « Il faut défendre la société », #Michel_Foucault énonce une thèse forte : le racisme, dit-il en substance, ce n’est pas en premier lieu une question d’#idéologie dévoyée, de mauvais héritage, de relations entre communautés virant à l’aigre, c’est une #technologie de pouvoir. Pour lui, le racisme devient le problème perpétuel de la politique moderne et une arme de destruction massive dès lors qu’il entre en composition dans les mécanismes de l’#Etat ; c’est qu’il est l’un des gestes décisifs par lesquels s’affirme la capacité de gouverner une #population, le geste consistant à fragmenter cette population, à produire et reconduire la coupure entre cette part des gouvernés qui a vocation à être placée sous le signe de la prise en charge de la vie et une autre, placée sous un signe de mort. Pour Foucault, ce partage (au sens de séparation) est un élément fondateur de l’exercice du pouvoir dans nos #sociétés ; il est très visible dans un temps où les massacres et le travail forcé accompagnent la #colonisation tandis qu’en métropole on installe le tout-à-l’égout dans les villes et on met en place la médecine sociale. Il est moins exposé aujourd’hui mais n’en demeure pas moins opérant en tant que matrice, opérateur fondamental du #biopouvoir. Comme l’a montré #Didier_Fassin dans un récent ouvrage, La Force de l’ordre, les #habitants des #quartiers défavorisés sont soumis à un régime de police (celui qu’imposent les brigades anticriminalité) totalement différent de celui qui prévaut dans les #centres-villes ; la bavure policière, comme action homicide sans crime, telle qu’en font les frais en règle générale des sujets #postcoloniaux, est un autre exemple probant de la perpétuation de ce partage implacable entre cette part de la population (que j’appelle « l’#autochtone_imaginaire ») et cette autre qui se trouve exposée à cette violence du pouvoir dont l’abandon constitue la ligne d’horizon.

July 07 2013

*L'état, le pouvoir,le socialisme* de Nicos_Poulantzas enfin réédité par la remarquable maison…

L'état, le pouvoir,le socialisme de #Nicos_Poulantzas enfin réédité par la remarquable maison d'édition #les_Prairies_Ordinaires
http://www.nonfiction.fr/article-6612-

L'ouvrage de Poulantzas proprement dit s'organise quant à lui en cinq temps. Dans une introduction essentielle à la compréhension de sa démarche, l'auteur précise le sujet d'EPS, qui représente une tentative de #théorisation non pas de l'#Etat (chose impossible selon lui) mais de l'Etat #capitaliste (chose rendue possible par la séparation que le capitalisme suppose entre l'Etat et l'espace économique des #rapports de #production). Cette tentative est justifiée par le caractère insatisfaisant des approches existantes, qui considèrent soit que l'Etat est une institution neutre et préexistante aux #classes #sociales, soit que les classes dominantes le modèlent et en usent à leur goût. Poulantzas s'attache plutôt à démontrer que « toutes les actions de l'Etat ne se réduisent pas à la #domination politique, mais n'en sont pas moins constitutivement marquées » . Dans la même veine, il affirme que cet Etat ne reproduit pas sa domination seulement grâce à la #coercition et à la diffusion d'une #idéologie. Cela supposerait une pratique et un discours unifiés de la part d'appareils voués à l'une ou l'autre fonction, ce qui ne correspond pas à la #réalité. En effet, l'Etat est perméable aux #luttes de #pouvoir qui le débordent constamment, ce qui d'une part empêche l'unification de son discours et de sa pratique, et d'autre part explique qu'il produise aussi des « mesures positives » à l'égard des classes #subalternes. Tentant de résumer sa position théorique et en quoi elle se distingue du #marxisme-léninisme comme des approches wéberienne et foucaldienne, Poulantzas affirme que « contre toute conception en apparence #libertaire ou autre, […] l'Etat a un rôle constitutif non seulement dans les rapports de production et les pouvoirs qu'ils réalisent, mais dans l'ensemble des relations de pouvoir, à tous les niveaux. En revanche, contre toute conception #étatiste, […] ce sont les luttes, #champ premier des rapports de pouvoir, qui détiennent toujours le primat sur l'Etat » .

Biographie de l'auteur :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicos_Poulantzas

En #Grèce, il fait des études de #droit durant les années 1950 ; il est actif dans le mouvement étudiant et rejoint l'#EDA (Alliance démocratique grecque), organisation légale émanant du Parti #communiste grec, alors interdit1.
Il vient en #France en 1960 et y obtient un doctorat en philosophie du droit. Il devient #professeur à l'université Paris 8, où il enseigne la #sociologie de #1968 à sa mort. Durant les années 1960, il est membre du PC grec, et, après la scission intervenue en 1968 suite à l'établissement de la #dictature, du Parti communiste grec de l'Intérieur2.
Ses travaux renouvellent et approfondissent considérablement ceux de #Marx , #Lénine , #Gramsci , et portent notamment sur le rôle complexe et multiple de l'État dans les sociétés occidentales, les caractéristiques de la « nouvelle petite #bourgeoisie », la problématique de la #division #travail #intellectuel - travail #manuel . Opérant une distinction fondamentale entre l'appareil d'Etat et le pouvoir d'Etat, Poulantzas met en lumière les multiples fonctions dudit Etat ainsi que les rapports de force et les contradictions qui s'y manifestent.
Vers la fin des années 1970, après la chute des dictatures portugaise (1974), grecque (1974) et espagnole (1978) , Nicos Poulantzas tente d'esquisser les contours théoriques d'une voie originale vers un #socialisme démocratique, proche des conceptions de l'eurocommunisme. Ses contributions sur ce thème ont été recueillies après sa mort dans Repères et sont précisées de façon plus systématique dans L'État, le pouvoir, le socialisme.
Après plusieurs mois de dépression, il se suicide en octobre 1979 depuis la Tour Montparnasse de #Paris3.

#Marxisme #Philosophie #Politique #Sciences_politiques #livre

June 30 2013

Berlin, ville de la « domestication » et de la « normalisation » de la « société » par la « culture » selon…

#Berlin, ville de la « domestication » et de la « normalisation » de la « société » par la « culture » selon le philosophe #Francesco_Masci dans son essai "L'ordre règne à Berlin" (titre emprunté à un article de #Rosa_Luxemburg) paru aux éditions Allia
http://www.youtube.com/watch?v=opA73140gA4
http://www.lerideau.fr/francesco-masci/6983
Francesco, quel est le point de départ de ce livre ? Pourquoi la ville de Berlin ?

Parce que la nouvelle théorie de la #modernité que j'ai essayé de construire dans mes livres précédents était très bien illustrée par cette #ville. L'Ordre règne à Berlin est différent de mes autres livres, surtout le premier (Superstitions, NDLR), dans lequel il y a encore des échos un peu littéraires presque #postromantiques, surtout dans sa composition par fragments. Mais il n'y a aucune rupture théorique. Depuis mon premier livre je travaille à construire une nouvelle lecture de la #modernité et de son évolution avec comme point de départ l'idée que la culture n'est pas une victime désignée d'une quelque force néfaste et obscurantiste, mais qu'elle participe à la « mise en #ordre » du #monde, qu'elle est une force de conservation plus qu'une force #révolutionnaire.

C'est un #discours qui n'est pas facile à saisir, parce que les gens ont un automatisme : on pense culture, donc on pense forcément à quelque chose de séparé de la #société et meilleur que celle-ci. Il est difficile de comprendre que l'on puisse avoir un regard neutre sur la culture moderne et son histoire qui en arriverait à la conclusion d'une participation active de la « #machine_culture » à l'#organisation sociale. Je voulais rompre avec l'illusion bicentenaire d'abord romantique, puis #avant-gardiste et enfin #adornienne et aussi #debordienne, d'un #pouvoir exorbitant d'ordre presque #religieux attribué aux #images et aux #événements, le pouvoir de sauver un monde a priori jugé mauvais.

Ce que j'ai essayé de démontrer de manière théorique dans mes autres livres, c'est l'emprise de ce que j'appelle la culture absolue sur le réel. J'appelle « #culture_absolue » la machine de #reproduction d'événements ou d'images #autoréférentielles, qui forment l'unique milieu où les individus sont capables de se connaître et de se reconnaitre. Ce #processus de #substitution d'un monde constitué d'#images et d'événements à une #réalité potentiellement #conflictuelle est au centre même de notre modernité, une modernité qui est essentiellement culturelle, c'est-à-dire qui est en train de réaliser les promesses de ses origines grâce à la culture, d'une manière « imaginaire ». La modernité est en train de réaliser ses promesses originaires, l'#émancipation de l'individu vis-à-vis d'une société totale, la promesse aussi d'un sujet entier ayant une maîtrise totale sur le monde, mais elle les réalise dans un espace #aseptisé et séparé de celui de la contrainte #factuelle, du monde de la #technique qui continue pourtant bel et bien à exister.

Ces promesses n'ont pas réalisé par le #politique. Le politique, entendu comme le principe conflictuel de l'#opposition ami/ennemi, à ne pas confondre avec une technique d'organisation que j'appelle la politique. Toute la complexité d'une conflictualité permanente (on peut rappeler par exemple les tumultes des factions des villes de la #Renaissance italienne chéries par #Machiavel), cette conflictualité a été, au cours de la modernité, progressivement écartée, évacuée (sauf dans les moments où elle réapparait dans l'histoire comme hyperviolence). Elle a été remplacée par des conflits imaginaires moralement polarisés qui ne franchissent jamais l'au-delà de cet horizon de la culture absolue dedans lequel ils sont renfermés.

Berlin, qui gardait des restes de cette #division éminemment politique, division inscrite dans la chair même de la ville (le #Mur, mais pas seulement), résume parfaitement l'histoire de ce passage à la culture absolue comme mode de #gestion d'une #société. En vingt ans, depuis la chute du Mur, toute l'histoire et la réalité de la ville a été non seulement effacée, mais transformée dans son essence même, avec une prise de #contrôle absolue de son #territoire, comme nulle part ailleurs en #Occident, par un #imaginaire #abstrait et #allogène.

Quand je parle d'une #réorganisation du territoire même de la ville par la culture, je ne parle pas de la #production d'événements culturels. Bien sûr, il y a des nombreuses #institutions culturelles à Berlin, les #galeries, les #musées, les #fondations, mais ce ne sont pas elles qui font de Berlin la ville où la culture absolue s'est chargée de l'organisation sociale. C'est plutôt une prise de pouvoir d'ordre ontologique

#Culture #Philosophie #Pensée_critique #Esthétique #Technique #Histoire #Urbanisme #Relégation #Allemagne #Einstürzende_Neubauten #Musique #Film #Berlin_Babylon #Hubertus_Siegert #Vidéo #Allia #livre

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