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February 16 2013

François Hollande, l'Inde fantasmée et l'Inde réelle

Que le président de la République française ait choisi l'Inde pour son premier voyage officiel aurait pu être symbolique. Las. La principale mission de M. Hollande semble de vendre avions militaires — le fameux Rafale, encore jamais acheté à l'étranger — et centrales nucléaires. Il en était déjà ainsi du temps de Nicolas Sarkozy. On a fait mieux comme ambition et vision stratégique. Pour couronner le tout, le président s'est fendu du plus beau cliché qui soit, saluant « la plus grande démocratie du monde (...) - Planète Asie / Inde, Démocratie, Économie, Femmes, Inégalités, Justice, Libéralisme, Mondialisation, Pauvreté, Politique, Corruption, Jammu-et-Cachemire

December 01 2012

ArcelorMittal, espoirs et obstacles d'un syndicalisme sans frontières

Quand les usines sont des pions déplacés en fonction de stratégies globales, la défense et la conquête des droits salariaux ne peuvent s'arrêter aux frontières. Mais le syndicalisme transnational s'avère un casse-tête. / Allemagne, Belgique, Europe, France, Inde, Entreprise, Industrie, Mouvement de (...) / Allemagne, Belgique, Europe, France, Inde, Entreprise, Industrie, Mouvement de contestation, Multinationales, Protection sociale, Syndicalisme, Travail, Chômage - 2012/05

November 23 2012

Main basse sur la ville de Bombay

Jusque dans la mort, le patron du parti ultranationaliste Shiv Sena aura réussi à ridiculiser la démocratie indienne. Bombay (Mumbai), la ville qui « ne dort jamais », et ses vingt et un millions d'âmes se sont pourtant bel et bien endormies ce samedi 17 novembre. Tandis que Bal Thackeray s'éteignait à 86 ans, entouré de sa famille, la capitale commerciale de l'Inde s'est comme arrêtée de respirer. Centres commerciaux, magasins de proximité, échoppes ambulantes, écoles, cinémas : aucun établissement n'a (...) - Planète Asie / Inde, Conflits, Identité culturelle, Idéologie, Parti politique, Politique, Religion

November 22 2012

La lumière des excentriques

« Si j'étais en train de massacrer, est-ce que je pourrais montrer au Seigneur mes mains couvertes de sang ? Ils se laveront les mains avant de les présenter. On peut s'attendre à tout de la part des croyants. Tout est possible avec eux. C'est au nom de Dieu qu'ils commettent tous leurs crimes. (...) / Inde, Royaume-Uni, Colonialisme, Enfance, Histoire, Islam, Langue, Littérature, Religion, Indépendance - 2012/11

October 21 2012

Le miracle indien, une illusion d'optique

Deux ouvrages, publiés à quelques mois d'intervalle par des journalistes, s'interrogent sur la réalité du miracle économique indien. Katherine Boo , célèbre pour ses articles dans le Washington Post et le New Yorker, a choisi, pour son premier livre, de décrire la vie des habitants d'Annawadi, un (...) / Inde, Économie, Inégalités - 2012/10

October 06 2012

Microcrédit, le commerce de la misère

Le microcrédit devait émanciper les plus pauvres, mais en Inde, une autre logique s'est imposée : des sociétés prêteuses bâtissent des fortunes en vampirisant les plus vulnérables. / Inde, Banque, Dette, Finance, Pauvreté - 2012/04 / Inde, Banque, Dette, Finance, Pauvreté - 2012/04

June 24 2012

Près du désespoir

Une fois gagné le combat pour l'indépendance, que reste-t-il des rêves et des ambitions d'hier ? Comment vivre dans un pays qui finit entre les mains d'un dictateur, où les criminels de guerre ont pignon sur rue et où la plupart des victimes cherchent à oublier ? La jeune romancière bangladaise (...) / Bangladesh, Inde, Pakistan, Femmes, Histoire, Islam, Religion, Fondamentalisme, Indépendance - 2012/06

June 06 2012

Quand l'Inde se regarde en peintures

Encore peu connu, l'art indien contemporain s'est profondément renouvelé ces dernières décennies. Beaucoup développent une vision originale, plongeant dans les racines historiques du pays et pointant les tares de la société. / Inde, Art, Culture, Religion, Société, Hindouisme, Peinture - (...) / Inde, Art, Culture, Religion, Société, Hindouisme, Peinture - 2011/12

May 15 2012

« Nous coûtons moins cher… »

Des Etats-Unis au Burkina Faso, de l'Inde à la République dominicaine, dès l'âge de six ans, des enfants sont employés dans les exploitations agricoles, vestimentaires, aurifères… Ployant sous des sacs de gravats, de briques, ou de légumes… Se faufilant dans les mines de mica, en Inde, dans des tunnels (...) / Burkina Faso, États-Unis, Inde, Enfance, Jeunes, ONG, Pauvreté, Travail, République dominicaine, Esclavage - La valise diplomatique

April 07 2012

Les intellectuels, le défi maoïste et la répression en Inde

Les opérations militaires indiennes contre la guérilla maoïste et les peuples tribaux suscitent une grande indignation. Malgré leurs méthodes, souvent violentes, les naxalites reçoivent l'appui d'intellectuels de gauche de plus en plus nombreux. / Inde, Capitalisme, Communisme, Guérilla, Inégalités, (...) / Inde, Capitalisme, Communisme, Guérilla, Inégalités, Intellectuels, Mouvement de contestation, Parti politique, Marxisme, Répression, Guerre civile, Néolibéralisme - 2011/10

February 09 2012

Le Cachemire, un casse-tête cartographique

L'Inde est une grande démocratie, où la liberté de la presse est garantie par l'article 19 1 (a) de la Constitution. Mais quand le magazine anglais The Economist a publié, en mai 2011, un long article d'analyse sur les relations et les rivalités indo-pakistanaises, la censure s'est abattue sur lui. Non pas à cause de l'article lui-même, mais en raison de son accompagnement cartographique — d'une facture très classique —, retraçant la géographie de ce conflit gelé depuis des décennies. La carte est (...) - Visions cartographiques / Chine, Inde, Pakistan, Censure, Cachemire, Cartographie

February 03 2012

Calcutta la délaissée

Entourée de Bidonvilles en expansion continue, la capitale bengalie a moins profité de la croissance économique que New Delhi ou Bombay. La mégapole conforte une certaine image de dénuement, au risque de se caricaturer elle-même. / Bangladesh, Inde, Communisme, Inégalités, Logement, Pauvreté, Travail (...) / Bangladesh, Inde, Communisme, Inégalités, Logement, Pauvreté, Travail - 2011/08

December 12 2011

Le Pakistan après la mort d'Oussama Ben Laden

Après l'assaut américain visant Oussama Ben Laden, le Pakistan a obtenu que les Etats-Unis annoncent le retrait de leurs deux cents militaires officiellement présents sur son territoire. Cette mesure symbolise les relations tumultueuses entre Islamabad et Washington. / Afghanistan, Chine, (...) / Afghanistan, Chine, États-Unis (affaires extérieures), Inde, Pakistan, Guérilla, Services secrets, Stratégie, Terrorisme - 2011/06

December 11 2011

Dynamiques démographiques en Asie

/ Asie, Chine, Inde, Japon, Démographie - Démographie / Asie, Chine, Inde, Japon, Démographie - Démographie

November 23 2011

Inde-Chine, conflits et convergences

Soudées lors des rencontres internationales, l'Inde et la Chine retrouvent des accents guerriers quand elles sont en tête à tête. / Chine, Inde, Pakistan, Commerce international, Relations internationales, Stratégie, Relations bilatérales - (...) / Chine, Inde, Pakistan, Commerce international, Relations internationales, Stratégie, Relations bilatérales - 2011/05

October 04 2011

Pacte démocratique entre puissances du Sud

En décembre 2010, l'Afrique du Sud a finalement rejoint les pays du groupe BRIC — Brésil, Russie, Inde et Chine. Nul doute qu'un tel élargissement a été facilité par les travaux d'une autre structure, qui rassemblait déjà Brasília, New Delhi et Pretoria : l'IBAS, créé sept ans plus tôt. La coopération Sud-Sud s'accélère.

Au cours des grandes négociations commerciales des années 1990, les pays du Sud ont montré leur capacité d'entente et d'influence dans la lutte contre la libéralisation du commerce agricole. L'Argentine, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud se sont montrés particulièrement actifs. Afin d'améliorer encore leurs capacités de négociation dans les instances internationales, ces trois derniers pays ont décidé de bâtir un G3 surnommé IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud).

Celui-ci se réunit pour la première fois comme un groupe ministériel ad hoc en juin 2003 à Brasília, avant de se constituer formellement, en septembre de la même année, en marge de la 58e Assemblée générale des Nations unies, autour des chefs d'Etat et de gouvernement de l'époque (MM. Atal Bihari Vajpayee, Luiz Inácio Lula da Silva et Thabo Mbeki). Il s'agissait de défendre des positions communes au sein de l'Organisation des Nations unies (ONU), du Fonds monétaire international (FMI) et surtout de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le forum s'est voulu le noyau de départ d'un groupe de pays en développement, une idée promue par le ministre sud-africain du commerce et de l'industrie de l'époque, M. Alec Erwin, qui soulignait alors que l'Afrique du Sud risquait « de se voir isolée dans un monde globalisé et marqué par une distance croissante entre les pays développés et les moins avancés (1) ». Pretoria y tenait d'autant plus qu'au même moment la Chine, le Brésil et l'Inde engageaient de profondes réformes de leur économie pour l'ouvrir aux investissements internationaux.

Expression d'un multilatéralisme souple — l'IBAS ne dispose pas de secrétariat permanent —, ce forum met en lumière les dernières évolutions des relations internationales : la transcontinentalité des institutions, leur réduction à un nombre limité d'acteurs au nom de l'efficacité diplomatico-économique (le « minilatéralisme »), ainsi qu'une volonté d'approfondir efficacement les relations bilatérales entre les Etats et de pallier ainsi les limites du multilatéralisme en matière commerciale.

Ce n'est pas la première fois que se bâtit une instance interétatique idéologique ou contestataire. Mais deux éléments distinguent les membres de l'IBAS : leur caractère démocratique et leur non-appartenance à l'Occident. Non seulement cette triade n'est pas au service d'une puissance dominante qui souhaiterait faire valoir ses intérêts dans d'autres instances internationales, mais elle renforce le statut régional de chacun de ses membres et définit des processus coopératifs.

Au nom des valeurs communes, l'Argentine a été mise sur la touche. A Pretoria, on n'a pas oublié les relations étroites du dernier gouvernement militaire argentin (1976-1983) avec le régime d'apartheid, ni les relations « acritiques » de l'administration Menem (1989-1999) avec les Etats-Unis. Cette appréciation pourrait toutefois évoluer, et certains annoncent un accord entre l'IBASet le Marché commun du Sud, ou Mercosur (2).

L'ambition d'obtenir un siège permanent
au Conseil de sécurité des Nations unies

Quant à la République populaire de Chine, elle a été tenue à l'écart parce que son régime politique autoritaire l'a disqualifiée, mais aussi parce que ses velléités d'hyperpuissance inquiètent. Cette sourde hostilité n'empêche pas des convergences : le dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'IBAS, réuni à Brasília le 15 avril 2010, s'est adossé à celui des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le 24 décembre 2010, ce groupe mutait en BRICS pour inclure l'Afrique du Sud.

Des coopérations à quatre dans les enceintes internationales s'esquissaient depuis quelque temps. Dans le cadre des négociations « climat » a ainsi surgi, durant la deuxième conférence ministérielle (avril 2010), un groupe dit « Basic » (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) qui a permis d'exprimer le soutien des quatre Etats à l'accord de Copenhague sur le changement climatique.

Cette approche perdure et fait apparaître ce forum comme incontournable. Le président américain Barack Obama l'a pressenti dès le sommet de Copenhague, cherchant à se faire inviter par le Basic, certain que ses membres offraient la seule chance de conclure un accord de dernière minute. Il est vrai que le groupe s'articulait déjà sur des travaux d'experts et préparait la suite à donner, après 2012, au protocole de Kyoto (les réductions d'émissions de gaz à effet de serre à demander aux pays industrialisés, par exemple). Cette alliance s'est renforcée aux dépens des pays européens, accusés par les pays en développement d'être responsables de l'échec du sommet mondial sur le changement climatique ; mais elle peut tout autant se retourner contre les Etats-Unis.

La convergence des points de vue et des stratégies crée des habitudes de travail et renforce d'autant le poids et la dynamique de l'IBAS. Certes, ce n'est pas un métagouvernement qui émerge depuis 2003, mais un néorégionalisme fait de coopérations intergouvernementales (dix-sept groupes de travail et de dialogue non étatiques). Ainsi se met en place une stratégie de contournement des multilatéralismes paralysés par le nombre de leurs acteurs.

Les Etats constitutifs de l'IBAS aspirent à devenir des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. New Delhi et Brasília l'affirment sans détour. Pour Pretoria, cet objectif est plus difficile à énoncer, car le pays est tenu par une résolution, adoptée en 1997 au sommet de l'Organisation de l'unité africaine à Harare, qui recommande l'élargissement du Conseil de sécurité à cinq pays africains, disposant d'un mandat de quatre ans non renouvelable et sans droit de veto. Une contrainte ayant pour conséquence d'évincer l'Afrique du Sud des pays candidats au statut de membre permanent — Allemagne, Japon, Brésil et Inde, dits G4.

Même si les Etats membres de l'IBAS ont un dessein onusien commun, ils doivent de toute façon se montrer discrets. Ils risquent en effet de froisser les nombreux pays qui nourrissent la même ambition, de l'Argentine à l'Indonésie en passant par le Mexique, le Nigeria, l'Algérie, l'Egypte ou encore le Pakistan — sans parler des réticences de la Chine, déjà membre permanent du Conseil de sécurité et peu favorable à l'inclusion de l'Inde.

Pour des institutions internationales
plus représentatives, plus légitimes

La volonté de chacun d'incarner « son » continent sur la scène mondiale, d'en être le porte-parole, n'est pas plus aisée. Certes, tous trois sont des géants à l'échelle de leur région, et la reconnaissance qu'ils s'apportent mutuellement n'est pas sans fondement. Mais une certaine modestie s'impose pour éviter de s'attirer l'hostilité d'autres pays émergents, avec le risque de voir surgir une coalition des « petits » contre une puissance jugée hégémonique.

Comme convenu lors du sommet de New Delhi, en 2008, les trois pays de l'IBAS travaillent pour que les institutions mondiales soient « plus démocratiques, plus représentatives et plus légitimes, grâce à un engagement plus significatif des pays émergents dans le processus de prise de décision ». A cette fin, ils mobilisent régulièrement leurs chefs d'Etat et de gouvernement. S'y ajoutent les réunions qui se tiennent en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ou des forums multilatéraux (Conseil des droits de l'homme, OMC, Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, traité de l'Antarctique, Conférence pour la reconstruction de la Palestine, etc.).

Autant d'occasions de mieux se connaître et se comprendre, mais aussi d'esquisser des positions communes, ou encore de cimenter l'alliance en décidant de coopérations sectorielles. Certes, il n'existe pas d'identité « ibasienne » ; mais les échanges intergouvernementaux, même peu visibles, se révèlent efficaces, y compris dans les domaines régaliens. Après s'être rencontrés en février 2004 à Pretoria, les ministres de la défense ont pu assurer le développement d'une nouvelle génération de missiles air-air sur la base de l'accord brésilo-sud-africain de 2005 et participer à des manœuvres navales communes au large des côtes sud-africaines, en mai 2008.

Les membres de l'IBAS réussissent aussi à s'entendre sur des déclarations politiques conjointes sur la plupart des grands dossiers internationaux, comme celle, en quarante-cinq points, qui fut adoptée en avril 2010, lors du 4e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. Elle concerne le désarmement et la non-prolifération, la lutte contre le terrorisme, les opérations de maintien de la paix des Nations unies, l'Iran, l'Afghanistan, mais également les violences politiques en Guinée-Bissau, la mise en œuvre de l'accord de Ouagadougou sur la Guinée (3) ou encore le rétablissement de l'ordre constitutionnel à Madagascar.

Construction avant tout politique, l'IBAS est resté insensible aux alternances qu'ont connues ses membres. Ni l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle majorité en Inde (et le remplacement au poste de premier ministre de M. Vajpayee, dirigeant du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party [BJP], par M. Manmohan Singh, du Parti du Congrès), ni la relève de M. Mbeki par M. Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud n'ont mis en danger un rassemblement fondé sur une vision géo-économique commune. Les trois membres aspirent à bâtir une vaste zone de libre-échange, au sens des accords commerciaux régionaux prévus à l'article24 de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), rassemblant les économies du Mercosur, du sous-continent indien et de l'Union douanière de l'Afrique australe (SACU).

L'objectif est ambitieux. Le commerce entre les trois Etats atteint les 10 milliards de dollars en 2008 (+ 156 % en sept ans), une valeur qu'il faut cependant ramener à sa juste proportion : la même année, le montant du seul commerce sino-brésilien s'élevait à 43 milliards. Non seulement les distances renchérissent les prix (12 % de la valeur transportée entre l'Inde et le Brésil, 10 % pour les échanges entre l'Afrique du Sud et l'Inde), mais l'image des producteurs auprès des consommateurs n'est pas toujours très flatteuse : les Brésiliens jugent ainsi souvent de mauvaise qualité les produits indiens.

Forums d'hommes d'affaires,
de femmes, de parlementaires...

C'est pourquoi, à chaque sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement sont accompagnés d'une importante délégation d'hommes d'affaires : une manière de convaincre les entrepreneurs de l'intérêt de cette construction politique et des complémentarités économiques qu'elle peut faire naître. Tâche immense : la plupart des dirigeants d'entreprise de la triade n'ont jamais entendu parler de l'IBAS et beaucoup n'y voient qu'une entité géopolitique.

L'adoption d'un plan d'action à New Delhi en 2007 a visé à démontrer que l'IBAS n'était pas qu'une arène tribunitienne, un regroupement de nouveaux « sous-impérialismes », mais bien un lieu d'élaboration de stratégies d'action et de synergies économiques (harmonisation des procédures douanières et portuaires, réduction des coûts de transaction et de transport…) et technologiques (programmes de recherche sur la malaria, le sida, les agrocarburants, les nanotechnologies, l'océanographie, etc.). Tous ces projets et leur mise en scène médiatique visent aussi à changer l'image internationale des trois protagonistes.

Des groupes de travail sectoriels ont été mis en place pour explorer les synergies possibles et partager les pratiques de « bonne gouvernance » (administrations publiques, agriculture, commerce et investissement, impôts, santé, sciences et technologies, transport, tourisme…). Ils ont d'ores et déjà permis d'adopter douze accords trilatéraux de coopération (aviation civile, agrocarburants, énergie éolienne, enseignement supérieur, parité), cinq autres étant encore en négociation (transport maritime, notamment).

On assiste donc à une construction symbolique où l'interrégionalisme sert à esquisser les coopérations de demain (agriculture, « gouvernance » par Internet, énergies renouvelables, fonds commun pour la recherche et le développement, etc.), ainsi qu'une culture commune de coopération dans les enceintes internationales, voire de solidarité (un fonds d'aide humanitaire a été confié au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour des projets en Haïti, au Laos, au Burundi, au Cap-Vert et en Guinée-Bissau), mais aussi des échanges entre les peuples. Des forums d'hommes d'affaires, de femmes, de parlementaires, des conseils constitutionnels et des événements culturels ont ainsi été promus.

Même si l'IBAS est moins visible et influent que ses trois membres pris séparément et ne peut, à ce stade, être considéré comme un acteur international significatif, son rôle de parapluie commun pour de multiples initiatives permet de combiner les intérêts des Etats avec le renforcement des échanges entre les sociétés civiles. Un nouveau paradigme de la coopération Sud-Sud (lire « Coopération tous azimuts ») ?

Si la nécessité de la coopération internationale entre gouvernements fait peu débat, le concert des puissances et la fragmentation des institutions régionales gênent les « petits », qui n'ont pas de place à la table, et tous ceux qui sont attachés à une approche institutionnelle et globalisante des problèmes du monde. A côté de l'IBAS, Indiens et Brésiliens continuent donc de se montrer soucieux de développer des relations avec tous les acteurs de la scène africaine, Etats et organisations régionales (Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique [Nepad], Communauté de développement d'Afrique australe [CDAA], etc.).

L'Afrique du Sud fait désormais office de pont
entre l'Amérique latine et le sous-continent indien

Les sommets Inde-Afrique (New Delhi, avril 2008) ou Brésil-Afrique (Fortaleza, juin 2003 ; dialogue sur la sécurité alimentaire, mai 2010) sont autant de témoignages de cette politique, tout comme les sommets Afrique-Amérique du Sud (Abuja, novembre 2006 ; Merida, septembre 2009), dont le président Lula da Silva fut l'un des artisans. Comme le souhaitait le président Mbeki dès 1996 à New Delhi, l'Afrique du Sud devient un pont entre l'Amérique du Sud et le sous-continent indien, ce qui bénéficie à la fois à son prestige international et à son économie — notamment aux ports de Durban et du Cap.

Si l'IBAS permet de dessiner de nouveaux liens géopolitiques, il le doit au positionnement stratégique de l'Afrique du Sud et à l'activisme du président Lula da Silva. Au cours de ses deux mandats, celui-ci s'est rendu cinq fois sur le continent noir, a visité vingt pays, a lancé dès 2004 les négociations entre le Mercosur, l'Egypte et le Maroc, et n'a pas hésité à participer, à Caracas, le 6 août 2010, avec le président vénézuélien Hugo Chávez, à la première réunion des ministres des affaires étrangères Amérique du Sud-Afrique.

Les nouvelles institutions transnationales telles que l'IBAS ne se pérennisent pas grâce au leadership d'un ou deux acteurs. Elles ne durent que si elles se montrent efficaces à l'échelle mondiale et répondent aux attentes des acteurs économiques. De cette expérience les Etats retiendront aussi que tout pays de taille moyenne ou importante qui souhaite se joindre à un dispositif transcontinental devra le compléter par des stratégies propres à l'égard des autres instances transrégionales, et par une diplomatie bilatérale active.


(1) Propos tenus devant le Metal and Engineering Industries Bargaining Council, à Johannesburg, le 8 novembre 2002.

(2) Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela.

(3) Signé en janvier 2010, il a permis une transition démocratique en Guinée et l'organisation d'une élection présidentielle en août-septembre.

September 14 2011

De la Zambie à l'Ouganda : arbre chinois, forêt indienne

Le gagnant de l'élection présidentielle zambienne qui se tient le 20 septembre ? Le ressentiment à l'égard des investisseurs étrangers. « La plupart des investissements ne sont pas menés par des zambiens mais par des entreprises étrangères, ce qui explique que les profits sont aussi externalisés », explique Euziah Bwalya, chauffeur pour une société de distribution à Lusaka, dans un radio trottoir réalisé à l'occasion de ces élections par le quotidien sud africain Mail and Guardian . Depuis le milieu des (...) - Echos d'Afrique / Chine, Inde, Zambie, Ouganda

July 23 2011

Des amitiés indiennes à l'ombre de la Chine

La peur de la puissance chinoise réunit le Vietnam et l'Inde, qui en profite pour offrir ses services militaires et commerciaux. / Chine, Inde, Vietnam, Commerce des armes, Défense, Nucléaire civil, Stratégie, Relations bilatérales - (...) / Chine, Inde, Vietnam, Commerce des armes, Défense, Nucléaire civil, Stratégie, Relations bilatérales - 2011/06

June 03 2011

Comment faire du cinéma avec la détresse des paysans indiens ?

Sorti dans les salles françaises le 1er juin, Maudite Pluie ! est un film indépendant indien dont la thématique sociale devrait, à coup sûr, susciter l'étonnement d'un public français encore peu habitué à considérer que cinéma en Inde ne rime pas toujours avec grosse production Bollywood. Avec un petit budget et seulement quelques semaines de tournage, le réalisateur et metteur en scène de théâtre issu de l'Etat du Maharashtra (dont la capitale est Bombay) Satish Manwar a choisi, pour son premier (...) - Planète Asie / Inde, Agriculture, Cinéma

May 27 2011

Atome contre biodiversité à Jaitapur

Longtemps privée des technologies occidentales, l'Inde accélère ses investissements dans l'énergie nucléaire civile. Sans se préoccuper de l'avis des populations. / France, Inde, Écologie, Énergie, Entreprise, Mouvement de contestation, Multinationales, Nucléaire civil, Santé, Environnement - (...) / France, Inde, Écologie, Énergie, Entreprise, Mouvement de contestation, Multinationales, Nucléaire civil, Santé, Environnement - 2011/04
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