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November 14 2012

La « fabrique des héros » en panne

« Que sont les héros devenus ? », demandait, un brin mélancolique, la revue Inflexions (n° 16, 2011), éditée par l'armée de terre française. Dans les sociétés « avancées », où « tout se passe comme si combattre était devenu honteux », les héros sont fatigués… et la « fabrique des héros » ne fournit plus. Un bien ou un mal ? Pour ce qui les concerne, les armées ont besoin de ces personnages porteurs des valeurs et des vertus que l'on demande aux soldats, soulignait le général Jean-René Bachelet, lors d'une journée (...) - Défense en ligne / France, Armée, Droit, État, Histoire, Travail, Stratégie militaire, Guerre

June 27 2012

Supprimer la bombe ?

Tollé et débat aussitôt refermé sur le nucléaire militaire français, après la proposition volontairement provocatrice de l'ancien premier ministre Michel Rocard de « supprimer la force de dissuasion française — 16 milliards d'euros par an qui ne servent absolument à rien ». Il est vrai que le vieux cacique socialiste avait un peu chargé la barque : la « force de frappe », comme on disait au temps du général de Gaulle, engloutit environ 3,4 milliards par an — ce qui est déjà beaucoup trop lourd pour les (...) - Défense en ligne / France, Armement, Armement nucléaire, Stratégie militaire, OTAN

February 15 2012

La guerre qui ne dit pas son nom

« La guerre : pourquoi en parler encore ? » C'était le thème du colloque organisé fin janvier à Paris à l'occasion du premier anniversaire de… l'Ecole de guerre ! Signe du malaise des militaires eux-mêmes, pour qui « les évolutions de la conflictualité mondiale ravivent le débat sur la notion même de guerre et rendent nécessaire d'en rediscuter les fondements moraux et politiques comme les formes d'expression », ainsi que l'annonce le préambule à cette table ronde, dont les propos – qui ne peuvent être (...) - Défense en ligne / Armée, Stratégie militaire

January 17 2012

Dissuasion à la française

Crise financière, éventualité d'un nouveau plan de rigueur, budget de l'Etat sous la contrainte : le secteur français de la défense, sanctuarisé pour l'essentiel, échappera-t-il à l'effort national ? Dans le cadre de « l'alter-gouvernement » formé le temps de la publication d'un ouvrage collectif par les éditions Le Muscadier, nous avons joué le rôle d'un alter-ministre de la défense prenant possession de ses bureaux en mai 2012. Après le volet « opex », voici quelles pourraient être les intentions et (...) - Défense en ligne / Armement nucléaire, Défense, Énergie nucléaire, Stratégie militaire

November 24 2011

Stratégie militaire : les potions du docteur Heisbourg

De colloques en colloques, les politiques et militaires français ne cessent de bomber le torse et faire les fiers après leurs « succès » de ces derniers mois en Côte d'Ivoire et en Libye : à quelques mois de l'élection présidentielle, ils s'apprêtent à réviser a minima le Livre blanc de la défense, malgré la gravité de la crise financière et politique européenne, et les annonces, déjà, de coupes énormes dans le budget américain de la défense. Tout en subodorant que l'heure de vérité approche… Au mois de mai (...) - Défense en ligne / Armée, Élections, Politique, Stratégie militaire

October 04 2011

Cyber-attaque contre Téhéran

A la veille des négociations d'Istanbul sur le programme nucléaire iranien, en janvier 2011, des révélations fracassantes paraissent dans la presse : le virus informatique Stuxnet qui a affecté l'Iran aurait été mis au point en Israël avec l'aide des Etats-Unis. Ciblant des infrastructures industrielles, cette attaque présage-t-elle une nouvelle ère de cyberguerre ?

« Un nouveau Tchernobyl ! » En ce début de 2011, M. Dmitri Rogozin, l'ambassadeur russe auprès de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), fait sensation en demandant l'ouverture d'une enquête sur Stuxnet, le virus informatique qui a attaqué les installations nucléaires iraniennes au cours des derniers mois. Ce virus, affirme-t-il, aurait pu conduire à une explosion thermonucléaire à Bushehr, la centrale de production d'énergie nucléaire située au sud du pays.

Une hypothèse « virtuelle [et] complètement infondée », répond l'expert en sécurité allemand Ralph Langner, auteur en septembre de la première étude complète sur ce virus. « Tout d'abord, Stuxnet ne ciblait pas Bushehr. » C'est en effet Natanz, où sept mille centrifugeuses enrichissent de l'uranium, qui est touchée. « Et même dans ce cas, il n'aurait pu interagir avec les systèmes du circuit primaire [au contact de la radioactivité] (1). »

Quelques faits semblent établis. Les auteurs de ce virus ont disposé de temps (environ dix « années-ingénieur » de travail) et de connaissances rares. « L'analyse de son code indique clairement que Stuxnet n'a pas pour but d'envoyer un message ou de démontrer un concept, écrit Langner. Il s'agit de détruire [des] cibles. »

Visait-il les installations nucléaires iraniennes ? S'appuyant sur plusieurs témoignages — tous anonymes, et invérifiables —, un article très détaillé du New York Times l'affirme : mis au point au sein du complexe atomique de Dimona, cœur du programme nucléaire militaire israélien, dans le désert du Néguev, « Stuxnet était un projet conjoint des Américains et des Israéliens, avec l'aide, informée ou pas, des Allemands et des Britanniques (2) ».

Les Allemands en question sont ceux de la firme Siemens, qui fabrique les systèmes informatiques de supervision industrielle (dits « Scada ») employés dans l'usine de Natanz. Selon certains scénarios, après s'être diffusé à travers la planète, notamment en Inde et en Indonésie, Stuxnet aurait fini par pénétrer sur le site de Natanz à travers la clé USB infectée d'un de ses fournisseurs russes.

Dès lors, reconnaissant des traits distinctifs de sa cible (la marque de certains contrôleurs de fréquence), le virus aurait activé une séquence d'attaque digne d'un film hollywoodien. Tout en faisant défiler sur les écrans de sécurité des opérateurs des données d'apparence normale, il aurait à plusieurs reprises augmenté la fréquence de rotation des centrifugeuses, amenant les rotors aux limites de leur rupture physique et provoquant ainsi un taux de pannes anormal...

Assassinats de physiciens

Si l'Etat hébreu ne revendique pas la paternité du virus, Tel-Aviv ne dément pas, et certains officiers l'évoquent à mots couverts. L'affaire Stuxnet s'inscrit dans une large palette d'actions de sabotage contre le programme nucléaire iranien — que M. Meir Dagan, l'ancien patron du Mossad, le service de renseignement d'Israël, se félicitait récemment de voir retardé de « plusieurs années : les Iraniens n'auront pas de capacité nucléaire avant 2015 (3) ». Téhéran aurait en effet subi « un nombre croissant de revers », souligne un rapport (4) : « difficultés croissantes pour obtenir des pièces indispensables sur le marché international ; difficultés à faire fonctionner un grand nombre de centrifugeuses ; et, semble-t-il, des actions clandestines d'agences de renseignement étrangères ». Parmi les méthodes employées, « des cyberattaques, le sabotage d'équipements ; l'infiltration des réseaux d'approvisionnement ; et l'assassinat d'experts du nucléaire ». Dernier en date, celui du physicien Majid Shahriari, mort dans l'explosion de sa voiture le 29 novembre 2010. Mais, pour les auteurs de ce rapport, David Albright et Andrea Stricker, « les difficultés les plus grandes semblent attribuables à Stuxnet, qui a commencé à avoir un impact sur les centrifugeuses de Natanz en 2009 ». Après avoir dénoncé cette affaire comme une fable, le président Mahmoud Ahmadinejad a fini par reconnaître, à la fin de 2010, que le virus avait causé « quelques problèmes », depuis lors « résolus ».

Dans la revue Nuclear Intelligence Weekly, M. Scott Ritter, ancien chef des inspecteurs des Nations unies pour le désarmement en Irak, revient sur de curieuses variations dans les récits : « Des officiels américains et israéliens ont déclaré publiquement que Stuxnet avait contrecarré, pour le moment, le programme d'enrichissement iranien. (...) Or, une évaluation récente de la Fédération des scientifiques américains à partir de données des équipes d'inspection des Nations unies [sur le site de Natanz] suggère qu'en 2010 l'Iran a accru l'ampleur et l'efficacité de ses activités d'enrichissement, en dépit de l'attaque Stuxnet (5). »

Le piratage est un sport de combat

De telles différences d'appréciation s'expliquent, selon M. Ritter, par la « course de vitesse » dans laquelle sont engagés Téhéran et le groupe « P5+1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité — Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie — plus l'Allemagne). A force de répéter que l'Iran est sur le point d'obtenir la bombe, les diplomates ont « limité leurs options politiques à celles qui prenaient en compte ces hypothèses », que M. Ritter juge « exagérées ». Ce faisant, ils ont réduit leurs marges de discussion. Le retard attribué à l'opération de sabotage leur ouvre un espace de négociation opportun.

Alors, vive Stuxnet, qui éloignerait le risque d'une « frappe préventive » ? Outre l'évidente dissymétrie entre les deux voisins — la bombe israélienne étant « le secret le moins bien gardé » du monde, tandis que le programme iranien semble encore loin d'aboutir —, les opérations de sabotage en temps de paix ne sont pas sans poser quelques risques de représailles ou d'escalade. Il serait paradoxal que les pays les plus informatisés, qui a priori ont le plus à perdre, légitiment ce type d'action. Mais le piratage informatique est un sport de combat : le meilleur défenseur est un bon attaquant.

A Washington, où l'on garde un vif souvenir du piratage de la messagerie de Google par les Chinois (vraisemblablement), le président demande un bouton lui permettant de couper tout Internet, ultime ligne de défense en cas de « cyberattaque provenant de l'étranger ». L'Estonie, qui a fait les frais en 2007 d'une telle agression non élucidée (mais dont tout laisse penser qu'elle provenait de la Russie), héberge désormais le Centre d'excellence de l'OTAN pour la défense cybernétique.


(1) « The virtual Chernobyl », Langner.com, 1er février 2011.

(2) William J. Broad, John Markoff et David E. Sanger, « Israeli test on worm called crucial in Iran nuclear delay », The New York Times, 15 janvier 2011.

(3) Cf. Haaretz, Tel-Aviv, 7 janvier 2011.

(4) « Iran's nuclear setbacks : a key for U.S. diplomacy », United States Institute of Peace, 18 janvier 2011.

(5) Scott Ritter, « In perspective : The Stuxnet effect », Nuclear Intelligence Weekly, New York, 31 janvier 2011.

Reposted byiranelection iranelection

March 23 2011

En Libye, le Pentagone à la manœuvre

L'intervention militaire internationale dans le ciel libyen a été jusqu'ici majoritairement américaine, notamment pour des raisons techniques : la France, qui aspirait à un rôle moteur avec la Grande-Bretagne, est mal outillée pour assurer la coordination d'une coalition multinationale incluant un partenaire aussi dominant que les Etats-Unis. Mais l'US Air Force et l'US Navy, qui exercent le commandement opérationnel et ont assuré l'essentiel des frappes, doivent passer la main à l'OTAN – ce que la (...) - Défense en ligne / États-Unis (affaires extérieures), France, Libye, Royaume-Uni, Stratégie militaire, OTAN

February 21 2011

Afghanistan, défense européenne, OTAN : à quand le débat ? (1)

« Quelle sécurité en Europe et dans le monde, après le sommet de Lisbonne » : un modeste colloque, organisé fin janvier au Sénat à Paris par une parlementaire communiste, a permis de faire le point sur trois questions qui ne sont jamais débattues en France, sinon dans des cercles restreints : l'Afghanistan, et pourquoi y rester ? L'Europe de la défense et l'OTAN : quelle utilisé, quelle répartition, quel équilibre ? Et la dissuasion nucléaire : a-t-elle encore un sens ? En voici les extraits les plus (...) - Défense en ligne / Afghanistan, États-Unis (affaires extérieures), France, Conflit afghan, Stratégie militaire, OTAN

September 02 2010

En Irak, émergence d'un pouvoir autoritaire à dominante chiite

Tandis que les Etats-Unis poursuivent le retrait de leurs troupes, les élections législatives de ce mois-ci devraient, selon Washington, assurer le retour à une certaine normalité. Pourtant, les tensions persistent, et le scrutin confirmera l'instauration d'un pouvoir corrompu et autoritaire. / (...) / États-Unis, États-Unis (affaires extérieures), Irak, Guérilla, Islam, Réfugiés, Violence, Stratégie militaire, Guerre d'Irak 2002 - - 2010/03

July 16 2010

Mercenaires d'Etat en Afghanistan

Les sociétés militaires privées sont devenues un acteur essentiel des conflits, tant sur le plan militaire qu'économique. Après l'Irak, leur dont l'utilisation s'étend désormais à l'Afghanistan, où elles développent des stratégies autonomes pour rentabiliser leur mise de fond. / Afghanistan, États-Unis (...) / Afghanistan, États-Unis (affaires extérieures), Armée, Services secrets, Conflit afghan, Stratégie militaire - 2010/02

June 23 2010

April 23 2010

Deux mondes face à face

Malgré l'hystérie qui l'a souvent marquée, la guerre froide, notamment après la mort de Joseph Staline en 1953, fut limitée en Europe à l'accumulation des armements, en premier lieu des missiles à tête nucléaire, et aux discours : les « chars soviétiques à quelques heures de Paris ». En revanche, dans le (...) / États-Unis (affaires extérieures), Europe, Europe de l'Est, URSS, Nucléaire militaire, Capitalisme, Communisme, Défense, Géopolitique, Relations internationales, Relations Est-Ouest, Stratégie militaire - Relations internationales

January 07 2010

Quelle réflexion stratégique européenne ?

L'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire, qui vient d'être créé sous le patronage du ministère de la défense, ne fait que concrétiser la pauvreté de la réflexion française dans ce domaine ; les « think tanks » américains continueront à fixer le cadre des analyses occidentales. / États-Unis, (...) / États-Unis, Europe, Conflit, Défense, Stratégie militaire - 2009/11

November 10 2009

Projections océaniques de l'Inde

/ Asie, Asie du Sud-Est, Inde, Armée, Défense, Géopolitique, Stratégie, Océan Indien, Stratégie militaire - Océan Indien / Asie, Asie du Sud-Est, Inde, Armée, Défense, Géopolitique, Stratégie, Océan Indien, Stratégie militaire - Océan Indien

November 08 2009

L'armée indienne oublie Gandhi et rêve de puissance

Le 26 juillet, l'Inde inaugurait son premier sous-marin nucléaire. Déjà forte de son expansion économique, elle use de l'option militaire pour s'affirmer comme pôle de pouvoir à l'échelle internationale. / Inde, Armée, Armement, Nucléaire militaire, Géopolitique, Stratégie militaire - (...) / Inde, Armée, Armement, Nucléaire militaire, Géopolitique, Stratégie militaire - 2009/09
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