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May 07 2012

Comment basculent les empires

Au-delà des griefs conjoncturels de Washington, les Etats-Unis acceptent mal que leur toute-puissance soit contestée. En particulier en Asie, une région du monde qui constitua le pré carré des puissances occidentales. / États-Unis, États-Unis (affaires extérieures), Europe, Royaume-Uni, Capitalisme, (...) / États-Unis, États-Unis (affaires extérieures), Europe, Royaume-Uni, Capitalisme, Colonialisme, Commerce international, Histoire, Impérialisme, Mondialisation, Relations Nord-Sud, Relations internationales - 2011/11

March 07 2012

Quand la Banque mondiale encourage la razzia sur les terres agricoles

Si les images de la famine en Afrique font le tour de la planète, on sait peu que ce fléau est en partie lié à l'essor des investissements fonciers sur le continent. Exemples en Ethiopie et au Mali. / Afrique, Corne de l'Afrique, Agriculture, Agro-alimentaire, Alimentation, Faim, Finance, Relations (...) / Afrique, Corne de l'Afrique, Agriculture, Agro-alimentaire, Alimentation, Faim, Finance, Relations Nord-Sud, Pauvreté - 2011/09

February 11 2012

Retrouver le sens de la mobilisation

Alors que le Fonds mondial a permis de sauver tant de vies, la crise financière inquiète : et si elle devait se traduire par une baisse des contributions ? Au tournant du millénaire, le monde prenait conscience du caractère humainement intolérable des inégalités dans l'accès aux soins et à la santé (...) / Afrique, Relations Nord-Sud, Pauvreté, Santé, Solidarité, Médecine, Organisation internationale - 2012/01

January 21 2012

Alger, capitale des révolutionnaires en exil

Dans les années 1970, « le fond de l'air est rouge » et les révolutionnaires se battent les armes à la main, de l'Amérique latine à l'Asie. Ils trouvent souvent à Alger une terre d'accueil. Non sans contradictions, comme le relate ce reportage publié dans « Le Monde diplomatique » d'août 1972 et repris (...) / Algérie, Palestine, Vietnam, Colonialisme, Guérilla, Idéologie, Impérialisme, Mouvement de contestation, Afro-Américains, Relations Nord-Sud, Racisme, Socialisme, Marxisme, Mouvement de libération - mav/121

January 20 2012

Entre deux mondes

L'écrivain argentin Ernesto Sábato est mort le 30 avril 2011, à presque 100 ans. Jeune physicien atomiste, il abandonna la recherche après Hiroshima, en 1945, pour se consacrer à la littérature… et à la politique. En novembre 1991, il avait confié au « Monde diplomatique » ce texte sur la formation de (...) / Amérique latine, Espagne, Colonialisme, Culture, Histoire, Idées, Identité culturelle, Amérindiens, Judaïsme, Littérature, Relations Nord-Sud, Racisme, Amérique du Sud - 2011/07

January 05 2012

Migrations heureuses

L'ancien vice-président de la Banque mondiale se soucie désormais aussi de morale : devenu économiste à l'université d'Oxford, Ian Goldin défend l'ouverture des frontières pour des raisons « tant éthiques qu'économiques ». Selon lui, les mouvements de population profitent aux pays d'accueil, à ceux de (...) / Économie, Immigrés, Migrations, Mondialisation, Relations Nord-Sud, Protection sociale, Travail - 2011/10

January 04 2012

Dans l'Egypte napoléonienne

Turbans et chapeaux : des attributs hautement symboliques qui, dès le titre (et soulignés par l'illustration de couverture), disent la rencontre — et l'opposition — de deux mondes autour desquels continue de se construire l'histoire contemporaine. Car on ne soulignera jamais assez combien la (...) / Égypte, France, Proche-Orient, Turquie, Monde arabe, Colonialisme, Histoire, Impérialisme, Relations Nord-Sud - 2011/10

Diplomatie de connivence et ordre international

Il n'est pas facile de déchiffrer l'ordre international qui se met en place depuis la chute du camp socialiste et la fin de la guerre froide, même si un « directoire du monde », représenté par le G8, tente de s'affirmer. On sait en revanche qu'il reste profondément injuste, comme le remarque Bertrand (...) / Capitalisme, Géopolitique, Idéologie, Inégalités, Mondialisation, Mouvement de contestation, Mutation, Relations Nord-Sud, Relations internationales, Diplomatie, Néolibéralisme - 2011/10

December 27 2011

Etat du monde vu du Sud

Suivant les errances méditatives tourmentées du narrateur, le récit questionne, déconstruit, dénonce notre monde. « Je suis l'autre, l'étranger qui contredit la belle affaire de l'humanité (...) ombre de vos inconsciences. » Le texte est hanté par un gecko, métaphore polymorphe. Rusé, agile, condamné à (...) / Afrique, Rwanda, Culture, Littérature, Relations Nord-Sud, Racisme, Madagascar - 2011/10

December 16 2011

Ruée sur les terres agricoles au Mali

Au Mali, des accords portant sur plusieurs centaines de milliers d'hectares de terres agricoles ont été signés entre le gouvernement et des investisseurs, privés ou publics. Ici comme ailleurs, au détriment des paysans pauvres. Découvrez ce webdocumentaire, signé Philippe Revelli. / Afrique, (...) / Afrique, Agriculture, Agro-alimentaire, Alimentation, Faim, Finance, Relations Nord-Sud, Pauvreté, Mali - La valise diplomatique

December 09 2011

Fausses évidences sur la population mondiale

Démographie, que de poncifs on répand en ton nom... Ainsi, la « population mondiale » n'existe pas : elle est un agrégat sans signification, addition de réalités si différentes que l'évoquer revient à mélanger pommes et cerises. / Démographie, Écologie, Enfance, Immigrés, Migrations, Relations Nord-Sud, (...) / Démographie, Écologie, Enfance, Immigrés, Migrations, Relations Nord-Sud, Santé, Ville, Géographie, Environnement - 2011/06
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November 30 2011

Le temps de la jeunesse arabe

A l'encontre de certaines thèses, le poids des jeunes ne s'est pas traduit par une flambée de l'islamisme. / Proche-Orient, Monde arabe, Démographie, Enfance, Islam, Jeunes, Mouvement de contestation, Relations Nord-Sud, Religion, Maghreb - (...) / Proche-Orient, Monde arabe, Démographie, Enfance, Islam, Jeunes, Mouvement de contestation, Relations Nord-Sud, Religion, Maghreb - 2011/06

October 04 2011

L'unité retrouvée des peuples arabes

Depuis le début des révoltes au Machrek et au Proche-Orient, ce que l'on dénommait jusqu'ici avec dédain « la rue arabe » s'est transformé en « peuple », toutes classes sociales et toutes tranches d'âge confondues. Les revendications sont simples et claires, loin de tout jargon idéologique et de toute tentation démagogique, religieuse ou particulariste.

- 2011/04 / Égypte, États-Unis (affaires extérieures), Irak, Israël, Liban, Palestine, Proche-Orient, Syrie, Tunisie, Monde arabe, Conflit israélo-arabe, Économie, Identité culturelle, Idéologie, Inégalités, Islam, Mouvement de contestation, Relations Nord-Sud, Pauvreté, Religion, Terrorisme, Fondamentalisme, Maghreb, article, 2011/04 - Monde arabe, Réveil arabe 2011-

Le pétrole libyen de main en main

A travers l'histoire du pétrole apparaissent les batailles menées pour le contrôle de cette ressource stratégique et la manière dont les compagnies occidentales se sont forgé un fief en Libye. Bien avant l'intervention.

A priori, c'est inexplicable. Ses rares partenaires le tenaient pour imprévisible, incohérent et capricieux. En 1986, le président américain Ronald Reagan l'avait traité de « chien fou du Proche-Orient (1) », avant d'envoyer la VIe flotte bombarder la Libye et de lui imposer un embargo pétrolier sévère. L'homme faisait alors figure de paria... Pourtant, le colonel Mouammar Kadhafi a réussi, vingt ans après, à ramener son pays dans le peloton de tête des exportateurs de pétrole brut, grâce, entre autres, aux grandes compagnies pétrolières américaines. Comment une telle prouesse a-t-elle été possible ?

Sans doute « Kadhafi le pétrolier » aura-t-il fait montre d'un esprit plus rationnel dans la conduite des affaires du secteur que dans ses autres initiatives politiques, intérieures ou extérieures — peut-être parce qu'il s'en est moins mêlé. Sans doute, aussi, les pétroliers du monde entier ont-ils appris à vivre — et à gagner de l'argent, beaucoup d'argent — dans l'environnement libyen, particulièrement instable sinon hostile. Mais tout de même.

Le paradoxe vient de loin. En 1951, la Libye, longtemps appelée « royaume du vide », accède à l'indépendance dans le plus complet dénuement. Elle est le fruit de l'union anachronique entre un impérialisme britannique déclinant et une confrérie musulmane saharienne, les Senousis (dont le roi est issu). Sa seule exportation ? La ferraille ramassée sur les champs de bataille de la seconde guerre mondiale.

Les travaux de géologues italiens réalisés dans les années 1930 — et poursuivis par des experts de l'armée américaine — suggèrent la présence de pétrole dans le sous-sol du vaste pays (un million sept cent mille kilomètres carrés). La loi pétrolière, adoptée en 1955, marque une rupture avec la règle d'un concessionnaire unique par pays jusque-là en vigueur au Proche-Orient : l'Anglo-Iranian en Iran, l'Aramco en Arabie saoudite ou l'Irak Petroleum Company en Irak (2). Au contraire, en Libye, les concessions sont limitées dans le temps (cinq ans) et dans l'espace. Quand le pétrole jaillit, le choix s'avère judicieux.

L'exploration démarre en trombe avec une dizaine de compagnies. Six ans après, en 1961, Exxon inaugure le terminal de Marsa el-Brega : une première cargaison est embarquée. En moins de cinq ans, la production dépasse le million de barils/jour, du jamais-vu. Dix-neuf compagnies, dont Exxon, Shell, BP et ENI, opèrent en 1962, trente-neuf en 1968. Un nouveau modèle pétrolier est né, qui s'imposera peu à peu dans le reste du monde.

Le « cheikh rouge » joue les compagnies
les unes contre les autres

Dès son arrivée au pouvoir — à la suite d'un coup d'Etat, le 1er septembre 1969 —, le colonel Kadhafi prend l'initiative. Il entend décrocher un prix plus élevé pour le brut libyen. Conseillé par le premier ministre saoudien du pétrole, Abdallah Tariki, dit « le cheikh rouge » — renvoyé par le roi Fayçal (1964-1975) pour son audace —, il joue les compagnies les unes contre les autres, opposant d'abord la plus grande, Esso, à un petit indépendant, Occidental, et réduisant autoritairement de moitié leur production journalière afin d'arracher une hausse des revenus pour le Trésor. La première peut remplacer le brut local par sa production dans d'autres pays. Le second, qui ne possède rien hors de Libye, est le maillon faible, d'autant que les majors, les sept plus grandes compagnies du monde (3), refusent de lui céder un seul baril. « Il a tous ses œufs dans le même panier », ricanent les négociateurs libyens (4). La société signe sa reddition. Le canal de Suez étant fermé, le Cartel (5) capitule en septembre 1970 ; prix et impôts augmentent de 20 % d'un coup.

La preuve est faite aux yeux des autres pays exportateurs : il vaut mieux avoir affaire à plusieurs opérateurs qu'à un seul et il est sage d'équilibrer la présence de grandes compagnies internationales par celle d'autres sociétés, plus modestes, sans ressources alternatives. Les indépendants et les sociétés d'Etat européennes font leur percée sur la scène pétrolière mondiale.

M. Kadhafi et son Conseil de commandement de la révolution, en bons disciples du président égyptien Gamal Abdel Nasser, sont bien décidés à récupérer les richesses nationales. Mais ils ont aussi médité plusieurs expériences malheureuses : celle du premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, chassé du pouvoir par la Central Intelligence Agency en 1953 pour avoir osé s'attaquer à l'Anglo-Iranian ; celle, aussi, du colonel algérien Houari Boumediene, qui, après avoir nationalisé les gisements des compagnies françaises en 1971, a dû faire face à un embargo onéreux.

Là encore, Tripoli fait du sur-mesure. En décembre 1971, les soldats iraniens du chah ont occupé les îles d'Abou Moussa, de la Grande et de la Petite Tomb, dans le Golfe, à la veille de l'évacuation de la région par les troupes britanniques. Pour punir le Royaume-Uni d'avoir laissé occuper ces territoires, le gouvernement libyen nationalise British Petroleum (BP). Le prétexte est ténu mais l'enjeu de taille : BP détient la majorité du gisement de Sarir, le plus important du pays. Après une querelle juridique tumultueuse, un accord est conclu : la Libye reprend le contrôle de l'ensemble du gisement...

En quelques années, le revenu du pays
est multiplié par cinq

A chaque épreuve de force, le scénario est le même. Les techniciens étrangers endurent brimades et harcèlements, le travail ralentit sur les plates-formes et la productivité en prend un coup. Dégoûtés, Gulf, Philips, Amoco, Texaco, Socal et d'autres abandonnent tour à tour leurs gisements (et quittent le pays). La société publique, la Libyan National Oil Company (LNOC), formée à l'école américaine, reprend l'exploitation sans trop de difficultés. En dix ans, le revenu du pays est multiplié par cinq, pour atteindre 10 000 dollars par tête en 1979.

Les difficultés vont venir du côté politique. En décembre 1979, les Etats-Unis publient leur première liste des Etats qui soutiennent le terrorisme. La Libye y figure en bonne place, notamment pour son aide à des mouvements palestiniens radicaux. Peu après, Washington ferme son ambassade à Tripoli, puis interdit aux ressortissants américains d'acheter du brut libyen. Enfin, en juin 1986, c'est tout le commerce avec la Jamahiriyya (néologisme créé à partir de deux mots arabes signifiant « république » et « masses populaires ») qui est déclaré hors la loi.

L'attentat contre un Boeing 747 de la PanAm au-dessus de Lockerbie, le 21 décembre 1988, puis celui contre un DC10 de la compagnie française UTA, le 19 septembre 1989, débouchent sur des sanctions internationales qui vont affecter l'industrie pétrolière libyenne. Celles-ci s'ajoutent à d'autres embarras, comme la baisse des cours mondiaux du brut, le poids de chantiers pharaoniques ou la désorganisation de l'économie nationale à la suite de l'application des recommandations du Livre vert — un long et abscons tract anarcho-collectiviste commis par le Guide de la révolution, qui rêve à une « troisième voie universelle », à mi-chemin entre le capitalisme et le marxisme.

Si la LNOC trouve sans difficulté de nouveaux marchés en Europe, en Turquie et au Brésil pour remplacer les débouchés perdus outre-Atlantique, l'embargo torpille ses plans de développement dans l'exploration, la pétrochimie et le gaz naturel. Faute de pouvoir attirer les capitaux occidentaux, la technologie, le savoir-faire et les équipements made in America, les grands projets sont à l'arrêt. Des réseaux se mettent bien en place pour contourner l'embargo via la Tunisie et l'Egypte, mais il faut payer au prix fort des aigrefins bien placés qui se recrutent sur les deux rives de la Méditerranée. Le moindre boulon revient cinq à six fois plus cher qu'avant 1986. Les gisements vieillissent et il devient impératif de relancer l'exploration si l'on veut éviter un effondrement de la production.

La période 1992-1999 est particulièrement douloureuse. La croissance de l'économie s'effondre (+ 0,8 % par an) et le revenu par tête baisse de 20 %. Le mécontentement gronde, des révoltes éclatent, notamment en Cyrénaïque, et les tentatives de renversement du régime se multiplient. Il est temps pour le colonel Kadhafi de mettre les pouces. Toute honte bue, il livre aux autorités britanniques ses propres agents accusés dans l'attentat de Lockerbie, indemnise grassement leurs deux cent soixante-dix victimes (un peu moins les cent soixante-dix victimes du DC10 d'UTA). Après le 11 septembre 2001, Tripoli se range derrière Washington parmi les partisans d'un antiterrorisme islamique sans nuance. Enfin, en 2003, quelques jours après l'entrée des blindés américains dans Bagdad, M. Kadhafi renonce publiquement à doter son pays de l'arme nucléaire.

Priorité a été accordée
aux pétroliers d'outre-Atlantique

Le 13 novembre 2003, les dernières sanctions internationales sont levées et la route est libre pour la relance pétrolière. M. Kadhafi rêve de doubler rapidement la production pour la porter à plus de trois millions de barils/jour, ce qui ferait de la Libye l'égale de l'Iran et un membre influent de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le cartel qui oriente les prix de l'or noir. En août 2004, la LNOC met aux enchères quinze permis de prospection. C'est la ruée.

Cent vingt compagnies manifestent leur intérêt, dont plusieurs géants américains et britanniques qui avaient quitté la Libye en 1986 sans jamais avoir été nationalisés. Onze des quinze « blocs » sont attribués à des américains (Occidental, Amerada Hess, ChevronTexaco). Clairement, la priorité du pouvoir est d'associer une nouvelle fois les pétroliers d'outre-Atlantique à son industrie, au détriment des sociétés européennes comme Total qui, pourtant, l'avaient soutenu pendant la période des sanctions (6). De leur côté, les pétroliers internationaux trépignent d'impatience, même si les conditions imposées sont sévères — 133 millions de dollars à verser à la signature, un minimum de 300 millions de dépenses d'exploration — et le rendement modeste. Selon les milieux professionnels, il leur restera au mieux 38,9 % de la production, mais plus sûrement à peine 10,8 %.

D'où vient cette fascination réciproque et durable entre les compagnies, des plus petites aux plus grandes, et un pays aussi difficile pour elles que la Libye ? Certes, son brut est d'excellente qualité et ses gisements sont proches des centres de raffinage européens, parmi les plus importants du monde. Actuellement, le pétrole libyen représente environ 15 % de la consommation de la France et moins de 10 % de celle de l'Union européenne.

Mais, surtout, le rapport de forces a été bouleversé en un demi-siècle. En 1960, les majors, en majorité anglo-saxonnes, contrôlaient la plus grande partie de la production des pays non communistes. Aujourd'hui, les sociétés nationales des pays producteurs les ont remplacées (7). Désormais propriétaires du sous-sol, elles en contrôlent l'accès, même si elles ont toujours besoin des compagnies internationales pour un moment essentiel de l'activité pétrolière : l'exploration, la prospection de nouveaux gisements.

Chercher du pétrole est risqué, coûte très cher, exige donc des capitaux énormes, mais aussi un savoir-faire technologique de pointe. Les sociétés nationales ne disposent ni des uns ni de l'autre. L'argent qu'elles gagnent est dépensé pour l'essentiel ailleurs que dans l'industrie pétrolière nationale (la famille Kadhafi — six fils et une fille — prend plus que sa part) et leur zone d'activité propre ne dépasse pas leurs frontières. Au-delà des expulsions, des révolutions et des nationalisations, les retrouvailles des unes et des autres sont donc inévitables, avec ou sans M. Kadhafi.


(1) CNN, 21 avril 1986.

(2) Cf. Ruth First, Libya : The Elusive Revolution, Penguin Books, Londres, 1974 , page 187.

(3) Les « sept sœurs », appelées aussi les majors, sont les quatre sociétés américaines présentes en Arabie saoudite dans l'Aramco (Exxon, Mobil, Chevron et Texaco), plus l'américaine Gulf et les britanniques Shell et BP.

(4) Daniel Yergin, The Prize : The Epic Quest for Oil, Money and Power, Simon & Schuster, New York, 1991.

(5) Créé entre 1929 et 1932 pour geler les parts du marché mondial dans la production de brut et la distribution des produits pétroliers, le Cartel a été établi par Standard Oil (Exxon), Shell, Anglo-Iranian (devenu BP), Socony (Mobil), Gulf, Atlantic et Sinclair. Il a permis de geler les prix du brut jusqu'au début des années 1970.

(6) Cf. Dirk Vandewalle, A History of Modern Libya, Cambridge University Press, 2006.

(7) Lire « Les Etats s'emparent de l'arme pétrolière », Le Monde diplomatique, mars 2007.

Pacte démocratique entre puissances du Sud

En décembre 2010, l'Afrique du Sud a finalement rejoint les pays du groupe BRIC — Brésil, Russie, Inde et Chine. Nul doute qu'un tel élargissement a été facilité par les travaux d'une autre structure, qui rassemblait déjà Brasília, New Delhi et Pretoria : l'IBAS, créé sept ans plus tôt. La coopération Sud-Sud s'accélère.

Au cours des grandes négociations commerciales des années 1990, les pays du Sud ont montré leur capacité d'entente et d'influence dans la lutte contre la libéralisation du commerce agricole. L'Argentine, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud se sont montrés particulièrement actifs. Afin d'améliorer encore leurs capacités de négociation dans les instances internationales, ces trois derniers pays ont décidé de bâtir un G3 surnommé IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud).

Celui-ci se réunit pour la première fois comme un groupe ministériel ad hoc en juin 2003 à Brasília, avant de se constituer formellement, en septembre de la même année, en marge de la 58e Assemblée générale des Nations unies, autour des chefs d'Etat et de gouvernement de l'époque (MM. Atal Bihari Vajpayee, Luiz Inácio Lula da Silva et Thabo Mbeki). Il s'agissait de défendre des positions communes au sein de l'Organisation des Nations unies (ONU), du Fonds monétaire international (FMI) et surtout de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le forum s'est voulu le noyau de départ d'un groupe de pays en développement, une idée promue par le ministre sud-africain du commerce et de l'industrie de l'époque, M. Alec Erwin, qui soulignait alors que l'Afrique du Sud risquait « de se voir isolée dans un monde globalisé et marqué par une distance croissante entre les pays développés et les moins avancés (1) ». Pretoria y tenait d'autant plus qu'au même moment la Chine, le Brésil et l'Inde engageaient de profondes réformes de leur économie pour l'ouvrir aux investissements internationaux.

Expression d'un multilatéralisme souple — l'IBAS ne dispose pas de secrétariat permanent —, ce forum met en lumière les dernières évolutions des relations internationales : la transcontinentalité des institutions, leur réduction à un nombre limité d'acteurs au nom de l'efficacité diplomatico-économique (le « minilatéralisme »), ainsi qu'une volonté d'approfondir efficacement les relations bilatérales entre les Etats et de pallier ainsi les limites du multilatéralisme en matière commerciale.

Ce n'est pas la première fois que se bâtit une instance interétatique idéologique ou contestataire. Mais deux éléments distinguent les membres de l'IBAS : leur caractère démocratique et leur non-appartenance à l'Occident. Non seulement cette triade n'est pas au service d'une puissance dominante qui souhaiterait faire valoir ses intérêts dans d'autres instances internationales, mais elle renforce le statut régional de chacun de ses membres et définit des processus coopératifs.

Au nom des valeurs communes, l'Argentine a été mise sur la touche. A Pretoria, on n'a pas oublié les relations étroites du dernier gouvernement militaire argentin (1976-1983) avec le régime d'apartheid, ni les relations « acritiques » de l'administration Menem (1989-1999) avec les Etats-Unis. Cette appréciation pourrait toutefois évoluer, et certains annoncent un accord entre l'IBASet le Marché commun du Sud, ou Mercosur (2).

L'ambition d'obtenir un siège permanent
au Conseil de sécurité des Nations unies

Quant à la République populaire de Chine, elle a été tenue à l'écart parce que son régime politique autoritaire l'a disqualifiée, mais aussi parce que ses velléités d'hyperpuissance inquiètent. Cette sourde hostilité n'empêche pas des convergences : le dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'IBAS, réuni à Brasília le 15 avril 2010, s'est adossé à celui des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le 24 décembre 2010, ce groupe mutait en BRICS pour inclure l'Afrique du Sud.

Des coopérations à quatre dans les enceintes internationales s'esquissaient depuis quelque temps. Dans le cadre des négociations « climat » a ainsi surgi, durant la deuxième conférence ministérielle (avril 2010), un groupe dit « Basic » (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) qui a permis d'exprimer le soutien des quatre Etats à l'accord de Copenhague sur le changement climatique.

Cette approche perdure et fait apparaître ce forum comme incontournable. Le président américain Barack Obama l'a pressenti dès le sommet de Copenhague, cherchant à se faire inviter par le Basic, certain que ses membres offraient la seule chance de conclure un accord de dernière minute. Il est vrai que le groupe s'articulait déjà sur des travaux d'experts et préparait la suite à donner, après 2012, au protocole de Kyoto (les réductions d'émissions de gaz à effet de serre à demander aux pays industrialisés, par exemple). Cette alliance s'est renforcée aux dépens des pays européens, accusés par les pays en développement d'être responsables de l'échec du sommet mondial sur le changement climatique ; mais elle peut tout autant se retourner contre les Etats-Unis.

La convergence des points de vue et des stratégies crée des habitudes de travail et renforce d'autant le poids et la dynamique de l'IBAS. Certes, ce n'est pas un métagouvernement qui émerge depuis 2003, mais un néorégionalisme fait de coopérations intergouvernementales (dix-sept groupes de travail et de dialogue non étatiques). Ainsi se met en place une stratégie de contournement des multilatéralismes paralysés par le nombre de leurs acteurs.

Les Etats constitutifs de l'IBAS aspirent à devenir des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. New Delhi et Brasília l'affirment sans détour. Pour Pretoria, cet objectif est plus difficile à énoncer, car le pays est tenu par une résolution, adoptée en 1997 au sommet de l'Organisation de l'unité africaine à Harare, qui recommande l'élargissement du Conseil de sécurité à cinq pays africains, disposant d'un mandat de quatre ans non renouvelable et sans droit de veto. Une contrainte ayant pour conséquence d'évincer l'Afrique du Sud des pays candidats au statut de membre permanent — Allemagne, Japon, Brésil et Inde, dits G4.

Même si les Etats membres de l'IBAS ont un dessein onusien commun, ils doivent de toute façon se montrer discrets. Ils risquent en effet de froisser les nombreux pays qui nourrissent la même ambition, de l'Argentine à l'Indonésie en passant par le Mexique, le Nigeria, l'Algérie, l'Egypte ou encore le Pakistan — sans parler des réticences de la Chine, déjà membre permanent du Conseil de sécurité et peu favorable à l'inclusion de l'Inde.

Pour des institutions internationales
plus représentatives, plus légitimes

La volonté de chacun d'incarner « son » continent sur la scène mondiale, d'en être le porte-parole, n'est pas plus aisée. Certes, tous trois sont des géants à l'échelle de leur région, et la reconnaissance qu'ils s'apportent mutuellement n'est pas sans fondement. Mais une certaine modestie s'impose pour éviter de s'attirer l'hostilité d'autres pays émergents, avec le risque de voir surgir une coalition des « petits » contre une puissance jugée hégémonique.

Comme convenu lors du sommet de New Delhi, en 2008, les trois pays de l'IBAS travaillent pour que les institutions mondiales soient « plus démocratiques, plus représentatives et plus légitimes, grâce à un engagement plus significatif des pays émergents dans le processus de prise de décision ». A cette fin, ils mobilisent régulièrement leurs chefs d'Etat et de gouvernement. S'y ajoutent les réunions qui se tiennent en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ou des forums multilatéraux (Conseil des droits de l'homme, OMC, Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, traité de l'Antarctique, Conférence pour la reconstruction de la Palestine, etc.).

Autant d'occasions de mieux se connaître et se comprendre, mais aussi d'esquisser des positions communes, ou encore de cimenter l'alliance en décidant de coopérations sectorielles. Certes, il n'existe pas d'identité « ibasienne » ; mais les échanges intergouvernementaux, même peu visibles, se révèlent efficaces, y compris dans les domaines régaliens. Après s'être rencontrés en février 2004 à Pretoria, les ministres de la défense ont pu assurer le développement d'une nouvelle génération de missiles air-air sur la base de l'accord brésilo-sud-africain de 2005 et participer à des manœuvres navales communes au large des côtes sud-africaines, en mai 2008.

Les membres de l'IBAS réussissent aussi à s'entendre sur des déclarations politiques conjointes sur la plupart des grands dossiers internationaux, comme celle, en quarante-cinq points, qui fut adoptée en avril 2010, lors du 4e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. Elle concerne le désarmement et la non-prolifération, la lutte contre le terrorisme, les opérations de maintien de la paix des Nations unies, l'Iran, l'Afghanistan, mais également les violences politiques en Guinée-Bissau, la mise en œuvre de l'accord de Ouagadougou sur la Guinée (3) ou encore le rétablissement de l'ordre constitutionnel à Madagascar.

Construction avant tout politique, l'IBAS est resté insensible aux alternances qu'ont connues ses membres. Ni l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle majorité en Inde (et le remplacement au poste de premier ministre de M. Vajpayee, dirigeant du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party [BJP], par M. Manmohan Singh, du Parti du Congrès), ni la relève de M. Mbeki par M. Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud n'ont mis en danger un rassemblement fondé sur une vision géo-économique commune. Les trois membres aspirent à bâtir une vaste zone de libre-échange, au sens des accords commerciaux régionaux prévus à l'article24 de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), rassemblant les économies du Mercosur, du sous-continent indien et de l'Union douanière de l'Afrique australe (SACU).

L'objectif est ambitieux. Le commerce entre les trois Etats atteint les 10 milliards de dollars en 2008 (+ 156 % en sept ans), une valeur qu'il faut cependant ramener à sa juste proportion : la même année, le montant du seul commerce sino-brésilien s'élevait à 43 milliards. Non seulement les distances renchérissent les prix (12 % de la valeur transportée entre l'Inde et le Brésil, 10 % pour les échanges entre l'Afrique du Sud et l'Inde), mais l'image des producteurs auprès des consommateurs n'est pas toujours très flatteuse : les Brésiliens jugent ainsi souvent de mauvaise qualité les produits indiens.

Forums d'hommes d'affaires,
de femmes, de parlementaires...

C'est pourquoi, à chaque sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement sont accompagnés d'une importante délégation d'hommes d'affaires : une manière de convaincre les entrepreneurs de l'intérêt de cette construction politique et des complémentarités économiques qu'elle peut faire naître. Tâche immense : la plupart des dirigeants d'entreprise de la triade n'ont jamais entendu parler de l'IBAS et beaucoup n'y voient qu'une entité géopolitique.

L'adoption d'un plan d'action à New Delhi en 2007 a visé à démontrer que l'IBAS n'était pas qu'une arène tribunitienne, un regroupement de nouveaux « sous-impérialismes », mais bien un lieu d'élaboration de stratégies d'action et de synergies économiques (harmonisation des procédures douanières et portuaires, réduction des coûts de transaction et de transport…) et technologiques (programmes de recherche sur la malaria, le sida, les agrocarburants, les nanotechnologies, l'océanographie, etc.). Tous ces projets et leur mise en scène médiatique visent aussi à changer l'image internationale des trois protagonistes.

Des groupes de travail sectoriels ont été mis en place pour explorer les synergies possibles et partager les pratiques de « bonne gouvernance » (administrations publiques, agriculture, commerce et investissement, impôts, santé, sciences et technologies, transport, tourisme…). Ils ont d'ores et déjà permis d'adopter douze accords trilatéraux de coopération (aviation civile, agrocarburants, énergie éolienne, enseignement supérieur, parité), cinq autres étant encore en négociation (transport maritime, notamment).

On assiste donc à une construction symbolique où l'interrégionalisme sert à esquisser les coopérations de demain (agriculture, « gouvernance » par Internet, énergies renouvelables, fonds commun pour la recherche et le développement, etc.), ainsi qu'une culture commune de coopération dans les enceintes internationales, voire de solidarité (un fonds d'aide humanitaire a été confié au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour des projets en Haïti, au Laos, au Burundi, au Cap-Vert et en Guinée-Bissau), mais aussi des échanges entre les peuples. Des forums d'hommes d'affaires, de femmes, de parlementaires, des conseils constitutionnels et des événements culturels ont ainsi été promus.

Même si l'IBAS est moins visible et influent que ses trois membres pris séparément et ne peut, à ce stade, être considéré comme un acteur international significatif, son rôle de parapluie commun pour de multiples initiatives permet de combiner les intérêts des Etats avec le renforcement des échanges entre les sociétés civiles. Un nouveau paradigme de la coopération Sud-Sud (lire « Coopération tous azimuts ») ?

Si la nécessité de la coopération internationale entre gouvernements fait peu débat, le concert des puissances et la fragmentation des institutions régionales gênent les « petits », qui n'ont pas de place à la table, et tous ceux qui sont attachés à une approche institutionnelle et globalisante des problèmes du monde. A côté de l'IBAS, Indiens et Brésiliens continuent donc de se montrer soucieux de développer des relations avec tous les acteurs de la scène africaine, Etats et organisations régionales (Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique [Nepad], Communauté de développement d'Afrique australe [CDAA], etc.).

L'Afrique du Sud fait désormais office de pont
entre l'Amérique latine et le sous-continent indien

Les sommets Inde-Afrique (New Delhi, avril 2008) ou Brésil-Afrique (Fortaleza, juin 2003 ; dialogue sur la sécurité alimentaire, mai 2010) sont autant de témoignages de cette politique, tout comme les sommets Afrique-Amérique du Sud (Abuja, novembre 2006 ; Merida, septembre 2009), dont le président Lula da Silva fut l'un des artisans. Comme le souhaitait le président Mbeki dès 1996 à New Delhi, l'Afrique du Sud devient un pont entre l'Amérique du Sud et le sous-continent indien, ce qui bénéficie à la fois à son prestige international et à son économie — notamment aux ports de Durban et du Cap.

Si l'IBAS permet de dessiner de nouveaux liens géopolitiques, il le doit au positionnement stratégique de l'Afrique du Sud et à l'activisme du président Lula da Silva. Au cours de ses deux mandats, celui-ci s'est rendu cinq fois sur le continent noir, a visité vingt pays, a lancé dès 2004 les négociations entre le Mercosur, l'Egypte et le Maroc, et n'a pas hésité à participer, à Caracas, le 6 août 2010, avec le président vénézuélien Hugo Chávez, à la première réunion des ministres des affaires étrangères Amérique du Sud-Afrique.

Les nouvelles institutions transnationales telles que l'IBAS ne se pérennisent pas grâce au leadership d'un ou deux acteurs. Elles ne durent que si elles se montrent efficaces à l'échelle mondiale et répondent aux attentes des acteurs économiques. De cette expérience les Etats retiendront aussi que tout pays de taille moyenne ou importante qui souhaite se joindre à un dispositif transcontinental devra le compléter par des stratégies propres à l'égard des autres instances transrégionales, et par une diplomatie bilatérale active.


(1) Propos tenus devant le Metal and Engineering Industries Bargaining Council, à Johannesburg, le 8 novembre 2002.

(2) Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela.

(3) Signé en janvier 2010, il a permis une transition démocratique en Guinée et l'organisation d'une élection présidentielle en août-septembre.

Coopération tous azimuts

Depuis le lancement, au sommet d'Evian (juin 2003), d'un « dialogue élargi » des membres du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) avec d'autres pays (Afrique du Sud, Algérie, Arabie saoudite, Brésil, Chine, Egypte, Inde, Malaisie, Mexique, Nigeria, Sénégal), les procédures de consultation interétatiques visant à réformer la gouvernance de la planète n'ont cessé de se complexifier et de s'institutionnaliser. Confrontés à la crise, les Etats du G8 et les pays en développement recherchent l'architecture idoine pour discuter des problèmes du monde.

Les premiers élargissent leur dialogue aux « grandes puissances émergentes ». En 2007, le processus dit d'Heiligendamm (G13) a associé les membres du G8 à un G5 composé de l'Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine, de l'Inde et du Mexique ; en juillet 2009, lors du sommet de L'Aquila, le G13 est devenu G14 avec la participation de l'Egypte.

Les seconds veulent s'organiser pour que le tiers-monde puisse un jour parler d'une seule voix et faire bloc face aux Etats-Unis, à l'Union européenne et au Japon. Leurs efforts pour tracer leur chemin et fortifier la coopération Sud-Sud sont déjà anciens : depuis la création du Mouvement des non-alignés en 1966, dans la foulée de la conférence de Bandung de 1955, il y a eu le Groupe des 77 en 1964, le G15 en 1989, le G20 en 2003 (avec les négociations commerciales internationales du cycle de l'Uruguay) (1)… Mais ces efforts ont été redynamisés par les cycles de négociation sur la libéralisation des échanges conduits dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et par le processus de Doha (cf. notamment le G33 et le G90 en 2003, le G110 en 2005).

En 2003, l'échec de la conférence de l'OMC tenue à Cancún (Mexique), après que les pays en développement eurent quitté la table des négociations, a entraîné dans les pays du Sud l'apparition d'une politique de rassemblements à géométrie variable. Si la presse et certaines organisations non gouvernementales (ONG) sont parvenues à accréditer l'idée qu'une nouvelle coalition de ces pays avait émergé, il est rapidement apparu que le G20 ne serait pour eux qu'une alliance interétatique circonstancielle autour d'un unique enjeu — la libéralisation du commerce agricole — et que d'autres regroupements verraient le jour en fonction des négociations à mener. L'IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) et les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) en font la démonstration.


(1) Le 20 août 2003, un groupe de vingt pays en développement s'est constitué à l'occasion de la cinquième réunion ministérielle de l'OMC (Cancún), en réponse aux propositions européennes et américaines. S'élargissant peu à peu, le bloc n'a cessé d'évoluer en nombre, certains pays se retirant du processus, d'autres y adhérant (pays membres actuels : Afrique du Sud, Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Chine, Cuba, Egypte, Equateur, Guatemala, Inde, Indonésie, Mexique, Nigeria, Pakistan, Paraguay, Pérou, Philippines, Tanzanie, Thaïlande, Uruguay, Venezuela, Zimbabwe). A ne pas confondre avec son homonyme créé en 1999 par les pays industrialisés du G7 et qui associe certains pays et les institutions financières internationales.

September 09 2011

11-Septembre, qu'est-ce qui a changé ?

Les attaques contre les tours de New York et le Pentagone ont-elles marqué la naissance d'une ère nouvelle ? Le monde a-t-il changé de bases parce qu'une poignée de terroristes a commis un des raids les plus audacieux de l'histoire contemporaine ? A voir le nombre de publications consacrées à (...) / Afghanistan, États-Unis, États-Unis (affaires extérieures), Irak, Pakistan, Proche-Orient, Idéologie, Islam, Relations Nord-Sud, Religion, Services secrets, Stratégie, Terrorisme, Violence, Fondamentalisme - La valise diplomatique

April 26 2011

Repenser les migrations

Aucune réunion internationale ne peut être organisée sans que soit mise à l'ordre du jour la « question de l'immigration ». Dans ses aspects majeurs : émigration, immigration ordinaire, immigration clandestine, droit d'asile et réfugiés. Bien souvent, ceux qui ont la responsabilité au plus haut niveau (...) / Europe, Histoire, Immigrés, Migrations, Relations Nord-Sud, Réfugiés, Amérique du Nord, Europe de l'Ouest - 2011/04

March 31 2011

« Là-bas si j'y suis » : avril 2011

Mercredi 30 mars, dans « Là-bas si j'y suis », à 15 heures, sur France Inter, Daniel Mermet s'entretenait avec l'équipe du Monde diplomatique autour du numéro d'avril. A propos de l'intervention en Libye, Serge Halimi rappelle que la décision d'entrée en guerre, suite à la prise de la résolution 1973 (...) / Amérique latine, Libye, Syrie, Agro-alimentaire, Monde arabe, Mouvement de contestation, Relations Nord-Sud, Relations internationales - La valise diplomatique

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jeudi 31 mars 2011

« Là-bas si j’y suis » : avril 2011  - Le monde diplomatique

Mercredi 30 mars, dans « Là-bas si j’y suis », à 15 heures, sur France Inter, Daniel Mermet s’entretenait avec l’équipe du Monde diplomatique autour du numéro d’avril.

A propos de l’intervention en Libye, Serge Halimi rappelle que la décision d’entrée en guerre, suite à la prise de la résolution 1973 du conseil de sécurité des Nations unies, s’est effectuée « sans consultation des partis, des opinions, des parlements ». Alain Gresh ajoutera qu’il aurait fallu ne pas attendre l’impasse [de Benghazi] pour intervenir sous d’autres formes et trouver des solutions.

Daniel Mermet mentionne alors l’article de George Corm, dans lequel l’auteur signale le risque de « l’accompagnement occidental », et s’interroge sur la sincérité de ce soutien. A ce propos, Alain Gresh évoque l’évidente situation problématique de pays occidentaux ayant soutenu pendant trente ans des dictatures aujourd’hui renversées, et qui tentent aujourd’hui d’orienter le mouvement dans un sens qui leur est favorable. « Nous sommes au tout début d’un processus qui va durer des années », souligne-t-il.

Renaud Lambert apporte des précisions sur la grille de lecture des événements en Libye utilisée par les pays d’Amérique Latine et notamment au Venezuela : selon lui, Hugo Chávez transpose – de manière erronée – son analyse géopolitique et historique de la situation latino-américaine au nord de l’Afrique.

La question du pétrole est abordée ensuite. Alain Gresh rappelle que le pétrole libyen, « à la veille de l’insurrection, est aux mains des Occidentaux », et que des accords historiques ont donné priorité aux compagnies américaines (voir l’article de Jean-Pierre Séréni).

Guillaume Pitron termine l’émission en présentant les usages et enjeux de la production de gomme arabique, sève très utilisée par l’industrie agro-alimentaire dont il a d’ailleurs apporté sur le plateau un échantillon.

March 30 2011

Les pièges d'une guerre

Depuis plusieurs mois, les révoltes arabes rebattent les cartes politiques, diplomatiques et idéologiques de la région. La répression libyenne menaçait cette dynamique. Et la guerre occidentale autorisée par les Nations unies vient d'introduire dans ce paysage une donnée aux conséquences (...) / Amérique latine, États-Unis (affaires extérieures), France, Libye, Proche-Orient, Royaume-Uni, Venezuela, Monde arabe, Armée, Conflit, Islam, Mouvement de contestation, Relations Nord-Sud, Relations internationales, Stratégie, Cuba, Maghreb, Répression, Afrique du Nord - 2011/04
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Schweinderl