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July 08 2013

Trop de sommets tue les sommets

Du G20 aux conférences sur le climat, les réunions multilatérales se multiplient. Mais elles ne donnent pas des résultats spectaculaires… / Démocratie, Géopolitique, Mondialisation, Diplomatie, Organisation internationale - 2012/09 / Démocratie, Géopolitique, Mondialisation, Diplomatie, Organisation internationale - 2012/09

June 16 2013

Europe, droit d'inventaire

Si les peuples savaient… Le nouveau numéro de Manière de voir arrive à point nommé pour saisir les enjeux, les fractures et les espoirs que la crise porte à ébullition dans le grand chaudron de l'Union européenne. Impossible, pour qui se soucie de l'avenir de la démocratie ainsi que des droits (...) / Allemagne, Europe, France, Géopolitique, Histoire, Libéralisme, Politique, Néolibéralisme - 2013/06

June 09 2013

Ouverture de la 5e Ticad à Yokohama

En 2013, le Japon a consacré 550 millions de dollars à la paix et à la stabilité en Afrique ; 6 millions seront attribués à la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et 540 millions aux victimes de ce conflit. Bien avant la Chine, l'Archipel a manifesté un intérêt certain pour le continent (...) / Afrique, Japon, Aide au développement, Commerce international, Développement, Géopolitique, Relations internationales, Organisation internationale, Relations bilatérales - 2013/06

June 07 2013

Le Japon défend ses positions

La 5e édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Tokyo International Conference on African Development, Ticad) est placée sous le signe du commerce et de l'investissement, deux domaines dans lesquels le Japon accuse un retard important sur ses concurrents (...) / Afrique, Asie, Japon, Aide au développement, Commerce international, Dette, Développement, Économie, Entreprise, Géopolitique, Mondialisation, Relations internationales, Diplomatie, Relations bilatérales - 2013/06

May 13 2013

Frontières en partage

Un titre provocateur pour ce beau numéro de Manière de voir consacré aux frontières, qui réussit le pari d'offrir un tour d'horizon planétaire de ces espaces en profonde transformation. La fin des territoires entrevue par certains à la chute du mur de Berlin n'a donc pas eu lieu. Mieux, elle s'est (...) / Afrique, Amérique latine, Asie, Europe, Proche-Orient, Colonialisme, Conflit, Économie, Géopolitique, Histoire, Migrations, Mondialisation, Relations internationales, Géographie, Frontières - 2013/04

April 10 2013

Docteurs Folamour à la coréenne

Ce n'est pas la première fois — ni certainement la dernière — que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) donne de la voix, montre ses muscles, et menace ses voisins du pire. Pour autant, les diatribes ont rarement duré aussi longtemps. Depuis le troisième essai nucléaire souterrain de février 2013, l'escalade paraît sans limite : rejet de l'armistice de 1953 qui a stoppé la guerre entre les deux parties de la péninsule et de tous les accords signés depuis ; menaces de tirs sur les bases (...) - Planète Asie / Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis (affaires extérieures), Armée, Armement, Économie, Géopolitique, Politique, Diplomatie, Frontières

March 24 2013

Ce que 2012 nous a appris

Internet a entraîné une formidable accélération du rythme de l'actualité. Comment y résister ? Nous tournons les pages d'un quotidien une fois par jour. Radio et télévision nous habituent à suivre les informations plusieurs fois dans la journée. Avec le Web et les réseaux sociaux, c'est presque à chaque (...) / Afrique, Asie, Europe, Proche-Orient, Démocratie, Économie, Élections, Géopolitique, Histoire, Mouvement de contestation, Politique, Maghreb, Crise économique, Crise financière - 2013/02

January 14 2013

Mali : questions sur une intervention

La France a pris les devants et décidé seule de la forme d'une intervention militaire au Mali pour stopper l'avance des miliciens djihadistes, puis de s'attaquer à leurs bases arrière dans les villes du Nord, bombardées par des chasseurs Rafale. En dépit de « l'union sacrée » dans l'Hexagone, et d'un large soutien international — y compris africain – autour de cette initiative du président Hollande, des questions se posent… Les buts de guerre : comme dans le cas de la Libye, en 2011, ils sont confus. On a (...) - Défense en ligne / France, Armée, Géopolitique, Politique, Mali

November 07 2012

Quand le Pentagone met le cap sur le Pacifique

La stratégie de défense des Etats-Unis se tourne vers la réduction de la taille de l'armée et l'arrêt de certaines missions. Il s'agit de mieux se concentrer sur d'autres régions — en particulier l'Asie et le Pacifique — et de cibler d'autres objectifs. Réponse pragmatique à un contexte économique et (...) / Asie, Asie du Sud-Est, Chine, États-Unis (affaires extérieures), Défense, Géopolitique, Relations internationales, Stratégie, Océan indien, Pacifique, Diplomatie - 2012/03

September 17 2012

Vingt mille lieues sur les mers

Explorateur, poète et intrigant, sir Walter Raleigh (1552-1618) portait un regard réaliste sur l'élément qui couvre 70,8 %de la surface du globe : « Qui tient la mer tient la richesse du monde, qui tient la richesse du monde tient le monde. » Mais à qui appartient la mer ? A tous, explique le juriste (...) / Géopolitique, Mer, Transports, Commerce - 2012/09

June 30 2012

La feuille de route (un peu floue) de Laurent Fabius

Le 27 juin, lors d'un colloque international intitulé « le monde arabe à l'âge des révolutions », Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères de la France, est intervenu sur « La France et le nouveau monde arabe ». A sa prise de fonction, son prédécesseur Alain Juppé s'était déjà exprimé sur ce thème, sous forme d'autocritique, mais il faut reconnaître que son bilan fut loin d'être à la hauteur du discours qu'il avait alors prononcé. Qu'en sera-t-il du bilan de Fabius dans un an ? Voici l'intégralité du (...) - Nouvelles d'Orient / France, Palestine, Monde arabe, Géopolitique, Islam, Mouvement de contestation, Diplomatie, Islamisme, Relations Nord Sud

June 02 2012

Chine, état critique

Le grand intérêt de ce numéro de Manière de voir réside dans la diversité des approches qu'il propose. De ce point de vue, il est en adéquation avec l'explosion des expériences et des sensations que la Chine connaît et fait connaître au monde. C'est perceptible à la réflexion, bien sûr, mais également à (...) / Asie, Chine, Capitalisme, Colonialisme, Commerce international, Communisme, Démocratie, Économie, Géopolitique, Histoire, Identité culturelle, Mondialisation, Mutation, Parti politique, Politique, Relations internationales, Socialisme, Diplomatie - 2012/06

March 22 2012

Inconnues de l'après-pétrole

Fondateur de l'une des plus influentes sociétés mondiales de conseil en énergie, Daniel Yergin avait publié il y a plus de vingt ans The Prize , un livre à la gloire des hommes du pétrole et de leur épopée. Il reprend son ouvrage là où il l'avait laissé en 1990, lors de la guerre du Golfe, pour nous (...) / Golfe, Proche-Orient, Énergie, Géopolitique, Nucléaire civil, Pétrole, Environnement, Gaz naturel - 2012/03

March 03 2012

Les fronts orientaux d'une Europe à géographie variable

Cette carte, publiée dans le numéro de mars 2012 du Monde diplomatique, est issue de l'Atlas Mondes émergents. / Europe, Israël, Turquie, Géopolitique, Géographie, Frontières - Europe / Europe, Israël, Turquie, Géopolitique, Géographie, Frontières - Europe

January 05 2012

Délirantes surenchères des candidats à l'investiture républicaine

Seules huit voix séparent M. Willard « Mitt » Romney (30 015 suffrages), ancien gouverneur du Massachusetts, et M. John « Rick » Santorum (30 007 suffrages), ancien sénateur de Pennsylvanie. On savait déjà que l'Iowa n'était pas un Etat miroir de la population américaine. On y compte en effet plus de (...) / États-Unis, Élections, Géopolitique, Parti politique, Diplomatie - La valise diplomatique

January 04 2012

Diplomatie de connivence et ordre international

Il n'est pas facile de déchiffrer l'ordre international qui se met en place depuis la chute du camp socialiste et la fin de la guerre froide, même si un « directoire du monde », représenté par le G8, tente de s'affirmer. On sait en revanche qu'il reste profondément injuste, comme le remarque Bertrand (...) / Capitalisme, Géopolitique, Idéologie, Inégalités, Mondialisation, Mouvement de contestation, Mutation, Relations Nord-Sud, Relations internationales, Diplomatie, Néolibéralisme - 2011/10

October 04 2011

Ce que change le réveil arabe

Si les craintes d'une immigration massive venant de Libye dominent dans l'Union européenne, les Etats-Unis s'intéressent plutôt aux retombées du réveil arabe sur l'ordre régional. Mais tous ces calculs pourraient être chamboulés par l'irruption des opinions publiques.

- 2011/03 / Arabie saoudite, Égypte, États-Unis (affaires extérieures), Iran, Israël, Liban, Palestine, Proche-Orient, Syrie, Union européenne, Monde arabe, Conflit israélo-arabe, Démocratie, Géopolitique, Islam, Libéralisme, Relations internationales, article, 2011/03 - Révoltes arabes

Bases américaines sans frontières

Evoquant la « sombre situation financière de la nation », le ministre américain de la défense Robert Gates a annoncé, le 6 janvier dernier, que les effectifs et l'équipement de l'armée en subiraient les conséquences. Néanmoins, avec 553 milliards de dollars prévus en 2012, le budget militaire continuera d'augmenter. Au risque d'aggraver les tensions.

Les événements consécutifs au soulèvement tunisien ont prouvé l'inanité de la stratégie américaine visant à essaimer des bases militaires sur toute la planète. Conçu à une période où l'ordre international était dominé par Washington, qui se souciait de la sécurité des Etats-Unis, ce dispositif s'est révélé totalement inadapté à la situation nouvelle. Car la menace était censée provenir d'un Etat paria (Iran), de la Chine ou d'une Russie renaissante. Au Proche-Orient, le scénario privilégié reposait donc sur la crainte que des fondamentalistes musulmans ne renversent des régimes proches des Etats-Unis, voire n'attaquent ce pays ou Israël. Certes, la plupart des gouvernements en place étaient autoritaires, mais Washington percevait la chose comme naturelle dans le monde arabe. Et peu susceptible de changer à moins que les Etats-Unis ne prennent eux-mêmes les choses en main, ainsi qu'ils s'y étaient employés — sans grand succès — en Irak et en Afghanistan.

Le caractère à la fois démocratique, populaire, non religieux, de mouvements arabes soucieux de réformes politiques et reléguant les islamistes à un rôle marginal a donc surpris. Les manifestants du Caire ou de Tunis n'ont d'ailleurs guère semblé hantés par les réactions de Washington qui, de son côté, n'a jamais envisagé intervenir militairement pour défendre des régimes amis. Y compris à Bahreïn, qui abrite pourtant une base américaine. Une telle intervention aurait été mal reçue aux Etats-Unis.

Le déploiement actuel des forces américaines n'est certes pas le fruit de l'inconscience, mais il ne relève pas non plus d'un schéma stratégique mûrement pensé. La responsabilité en incombe d'abord à une bureaucratie mal maîtrisée. A la fin de la seconde guerre mondiale, nombre de familles américaines exigeaient le rapatriement rapide des contingents stationnés à l'étranger et le démantèlement d'une armée dont les effectifs correspondaient à une période de guerre. Ce processus fut interrompu par les tensions naissantes de ce qui allait devenir la guerre froide.

Un peu plus d'une décennie plus tard, l'intervention au Vietnam se traduisit par une expansion des bases militaires en Asie du Sud-Est mais, après leur échec, les troupes américaines ont délaissé cette partie du monde pour se concentrer sur ce qu'elles considéraient alors comme leur mission première : sécuriser l'Europe contre l'éventualité d'une invasion soviétique. Une nouvelle doctrine militaire est alors formulée : une guerre éclair basée sur des moyens militaires écrasants, des objectifs précis et un retrait rapide supposé assurer le soutien populaire qui avait fait défaut au Vietnam. L'armée américaine s'est opposée à l'idée d'un déploiement en ex-Yougoslavie jusqu'à ce que l'incapacité de l'Europe à réagir aux atrocités commises en Bosnie et au Kosovo la contraigne à prendre la tête d'une intervention de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Comme le montre Dana Priest dans son livre The Mission (1), la multiplication des bases américaines à l'étranger qui débute à cette époque s'est déroulée pratiquement à l'insu de la presse et de la population. Elle illustre l'influence croissante exercée sur la Maison Blanche par une armée au budget colossal, au détriment de la diplomatie et de la Central Intelligence Agency (CIA), moins bien loties et en panne d'idées pour faire face aux crises internationales. Les militaires présentent l'avantage d'offrir des solutions simples et rapides, dont la mise en œuvre ne requiert pas de longs conciliabules. Ils véhiculent de surcroît l'image — utile à l'intérieur comme à l'extérieur — d'une Amérique puissante et sûre de sa suprématie.

Plus influents que les ambassadeurs

Inauguré par l'armée américaine, le système de commandements régionaux disséminés à travers le monde, dotés chacun d'un commandant, d'une organisation autonome et de moyens opérationnels conséquents a permis aux forces armées de jouer un rôle croissant dans la conduite de la politique étrangère américaine. L'influence de ces commandants en chef régionaux (CinCs), qui disposent de moyens considérables et traitent directement avec les autorités politiques et militaires des pays regroupés dans leur zone de commandement, dépasse rapidement celle des ambassadeurs.

A l'arrivée au pouvoir de M. George W. Bush, le nouveau secrétaire à la défense, M. Donald Rumsfeld, veut restaurer le « contrôle civil des militaires » et mettre au pas la bureaucratie du Pentagone, qu'il juge trop lourde et inefficace. L'invasion américaine de l'Afghanistan en 2001 va lui donner l'occasion de concrétiser l'idée qu'il se fait des guerres du futur : envoi d'unités spéciales suréquipées en haute technologie, offensives aériennes et recherche de soutiens locaux, incarnés en l'occurrence par l'Alliance du Nord.

Malgré les velléités du secrétaire à la défense, les militaires vont encore gagner en pouvoir. En Irak, inspirée par la doctrine « Choc et effroi », l'opération militaire de 2003 permet au Pentagone de prendre sous sa coupe l'administration du pays. Ce qui aura pour conséquence — imprévue à l'époque — de le précipiter dans le chaos. Il faudra attendre mars 2010 pour que la stratégie de contre-insurrection du général David Petraeus, adossée à la distribution de subsides aux tribus « alliées » — le plus souvent sunnites —, aboutisse à la tenue d'élections législatives. Mais les Irakiens n'ont pas retrouvé la stabilité pour autant, loin s'en faut. Le programme du général Petraeus est désormais appliqué en Afghanistan, avec le succès mitigé que l'on sait.

La multiplication des bases à l'étranger vise à défendre les intérêts des Etats-Unis dans le monde et à rendre plus commodes leurs futures interventions militaires. Elle reflète l'idéologie de la « promotion de la démocratie » qui domine la politique étrangère américaine depuis la présidence de Woodrow Wilson (1913-1921). Ce système s'est avéré constituer pour les troupes américaines une puissante incitation à guerroyer loin de leurs frontières.

En 1993, Samuel Huntington faisait sensation en affirmant dans le magazine Foreign Affairs que la « prochaine guerre mondiale » prendrait la forme non d'un affrontement entre Etats mais d'un « choc des civilisations » (2). Pour étayer sa thèse, il mit en avant le scénario d'une guerre entre l'Occident et les pays musulmans pour le contrôle du monde. Il conjecturait également que la Chine — la « civilisation confucéenne » — se rangerait aux côtés du bloc arabo-musulman.

La prophétie se révéla fausse — aussi fausse que la thèse brandie en 2001 par M. Bush selon laquelle l'islamisme s'expliquerait par la haine des musulmans pour les libertés occidentales. En fait, la montée en puissance du fondamentalisme musulman résulte d'une crise interne à l'islam. L'objectif des islamistes consiste à « purifier » les pratiques religieuses des musulmans et à repousser l'influence de l'Occident, non à l'envahir.

Ce mouvement est renforcé par plusieurs facteurs convergents : l'échec des pays arabes à substituer une nation unie à l'Empire ottoman dont la première guerre mondiale a provoqué l'effondrement, la division coloniale du Proche-Orient entre la France et la Grande-Bretagne, enfin la partition de la Palestine et la création d'Israël.

La politique américaine après la seconde guerre mondiale a consisté à sceller des alliances avec l'Arabie saoudite et le chah d'Iran. A Washington, rares étaient ceux qui doutaient que l'islam était une pratique démodée ayant vocation à disparaître pour céder progressivement la place à la modernité occidentale. Cette façon de voir s'appuyait sur le postulat erroné selon lequel toutes les civilisations évoluent nécessairement vers un même destin, les Etats-Unis et leurs alliés disposant à cet égard d'une confortable avance. La science, la technologie, la culture et les systèmes politiques n'ont-ils pas tous emprunté ce chemin radieux ? Mais c'est oublier que Rome a imposé son hégémonie au détriment d'Athènes, qui a été elle-même précédée par les civilisations égyptienne, mésopotamienne et perse. C'est la Bible qui a inventé la notion d'histoire en tant que processus rectiligne menant à une fin rédemptrice, laquelle donne son sens à tout ce qui précède. Et c'est sur cette toile de fond qu'a prospéré le millénarisme des Lumières, y compris dans ses versions modernes et totalitaires.

L'utopie qui imprègne la politique étrangère américaine puise aux mêmes sources : elle constitue l'héritage séculier de la vision des Pères pèlerins de la colonie du Massachusetts, qui concevaient le Nouveau Monde comme un territoire baigné par la grâce d'un Dieu tout-puissant. Une représentation toujours prégnante dans la culture politique américaine.

Pour l'historien Andrew Bacevich, le nouveau militarisme américain n'est qu'une forme dérivée de son millénarisme politique : l'idée que les bonnes intentions et les idéaux démocratiques de Washington finiraient forcément par sauter aux yeux du monde entier.

Au début de la guerre du Vietnam, observe Bacevich, les Américains « se persuadaient eux-mêmes que leur sécurité et leur salut se gagneraient à la pointe de l'épée », convaincus que « le monde dans lequel ils vivaient était plus dangereux aujourd'hui que jamais auparavant et qu'il fallait donc redoubler d'efforts ». Le scénario d'une extension du pouvoir militaire sur plusieurs parties du globe devenait par conséquent « une pratique standard, une condition normale qui ne semblait admettre aucune alternative plausible (3) ».

Les Etats-Unis présentent les caractéristiques d'une société militariste, où la demande de sécurité intérieure et extérieure l'emporte sur toute autre considération et dont l'imaginaire politique est obsédé par d'hypothétiques menaces. Avec un optimisme incongru, Washington assure que l'Irak se trouve sur la voie de la démocratie. L'administration Obama paraît tentée également de retirer les troupes américaines d'Afghanistan, une option pourtant récusée par le Pentagone, qui est en train d'y construire un complexe militaire « durable » destiné à servir de centre de commandement stratégique pour toute la région. Or les talibans excluent toute négociation de paix tant que les forces alliées n'auront pas quitté le pays. M. Barack Obama va donc devoir effectuer un choix épineux.

S'il tranche en faveur du retrait, l'option préconisée dans un rapport sur la stratégie américaine en Afghanistan publié en décembre — à un moment où le soutien des citoyens en faveur de la guerre fond —, il risque de s'attirer les foudres de l'opposition républicaine mais aussi, vraisemblablement, du Pentagone (qui verrait dans ce retrait une défaite humiliante). Le système des bases militaires constitue bel et bien un obstacle fondamental à toute solution dans la région.

Une armée qui a conquis une nation

Quoique disposant d'une puissance de feu supérieure à celle de tous leurs rivaux et alliés réunis, les Etats-Unis n'ont pas toujours vénéré la force militaire. La Déclaration des droits (Bill of Rights), ajoutée en 1787 à la Constitution, stipule dans son deuxième amendement qu'« une milice bien organisée [est] nécessaire à la sécurité d'un Etat libre », mais l'existence d'une armée fédérale n'est mentionnée qu'à la section 8 de l'article I de la Constitution. La clause qui s'y rapporte confère le pouvoir au Congrès « de lever et d'entretenir des armées, sous réserve qu'aucune affectation de crédits à cette fin ne s'étende sur plus de deux ans ». L'article II de la Constitution, consacré au pouvoir exécutif, précise simplement que « le président sera commandant en chef de l'armée et de la marine des Etats-Unis, et de la milice des divers Etats quand celle-ci sera appelée au service actif des Etats-Unis ». La Constitution est un document profondément antimilitariste, qui s'explique par l'opposition populaire à la présence militaire britannique dans les colonies.

Jusqu'au milieu du XXe siècle, un sentiment général d'hostilité envers l'armée dominait. Lors du déclenchement de la seconde guerre mondiale, les troupes du pays ne comptaient que cent soixante-quinze mille hommes. La démobilisation rapide engagée en 1945 ne fut suspendue qu'en raison de la guerre froide, et le principe d'une armée de conscription ne fut abandonné qu'après l'intervention au Vietnam. Ainsi, jusque dans les années 1970, l'armée américaine était une armée « citoyenne », dont nombre d'officiers étaient issus de la réserve ou de la conscription.

En lui substituant une armée de métier, les responsables politiques ont créé un instrument de pouvoir sur lequel la population n'a plus de prise. Dans le même temps, l'influence du « complexe militaro-industriel » a crû de façon considérable. L'industrie de la défense et de la sécurité constitue le secteur le plus important de l'économie manufacturière américaine. Ses intérêts sont si colossaux qu'ils s'imposent au Congrès comme au gouvernement. Il y a deux siècles et demi, Mirabeau écrivait à propos du pays alors le plus puissant d'Europe : « La Prusse n'est pas un Etat qui possède une armée, c'est une armée qui a conquis une nation. » Ce jugement pourrait fort bien s'appliquer aux Etats-Unis d'aujourd'hui.

Entre les débuts de la guerre froide et la guerre actuelle en Afghanistan, les Etats-Unis n'ont pas manqué d'occasions de faire tonner le canon : entre autres, guerre de Corée, guerre du Vietnam, invasion du Cambodge, opérations militaires au Liban, à la Grenade, au Panamá, en République dominicaine, au Salvador et au Nicaragua (indirectement), en Somalie (d'abord sous mandat de l'Organisation des Nations unies, puis par l'intermédiaire de l'Ethiopie), deux invasions de l'Irak et une de l'Afghanistan. A l'exception de la première guerre du Golfe, aucune de ces expéditions ne s'est conclue par des résultats conformes aux objectifs affichés.

Au sein même de leurs frontières, les Etats-Unis restent invulnérables à toute attaque conventionnelle. On ne saurait en dire autant de leurs troupes déployées aux quatre coins du monde. La sécurité du pays serait sans doute mieux assurée si sa politique étrangère tournait enfin la page de cinquante ans d'interventionnisme, si elle négociait le retrait d'Afghanistan et d'Irak sans y laisser des bases militaires et si elle cessait de se mêler agressivement des affaires d'autrui. Pareil changement s'avérerait à coup sûr politiquement coûteux, à l'intérieur comme à l'extérieur. Mais le temps est venu pour les dirigeants de ce pays de lui fixer un nouveau cap. En ont-ils la volonté, ou la capacité, politique et idéologique ?


Ce texte constitue une version amendée et mise à jour d'un article intitulé « Manufacturing insecurity : How militarism endangers America », publié dans la revue Foreign Affairs, New York, novembre-décembre 2010.

(1) The Mission. Waging War and Keeping Peace with America's Military, Norton, New York, 2004.

(2) « The Clash of Civilizations ? », Foreign Affairs, Tampa, été 1993.

(3) Andrew J. Bacevich, The New American Militarism : How Americans Are Seduced by War, Oxford University Press, New York, 2005.

Pacte démocratique entre puissances du Sud

En décembre 2010, l'Afrique du Sud a finalement rejoint les pays du groupe BRIC — Brésil, Russie, Inde et Chine. Nul doute qu'un tel élargissement a été facilité par les travaux d'une autre structure, qui rassemblait déjà Brasília, New Delhi et Pretoria : l'IBAS, créé sept ans plus tôt. La coopération Sud-Sud s'accélère.

Au cours des grandes négociations commerciales des années 1990, les pays du Sud ont montré leur capacité d'entente et d'influence dans la lutte contre la libéralisation du commerce agricole. L'Argentine, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud se sont montrés particulièrement actifs. Afin d'améliorer encore leurs capacités de négociation dans les instances internationales, ces trois derniers pays ont décidé de bâtir un G3 surnommé IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud).

Celui-ci se réunit pour la première fois comme un groupe ministériel ad hoc en juin 2003 à Brasília, avant de se constituer formellement, en septembre de la même année, en marge de la 58e Assemblée générale des Nations unies, autour des chefs d'Etat et de gouvernement de l'époque (MM. Atal Bihari Vajpayee, Luiz Inácio Lula da Silva et Thabo Mbeki). Il s'agissait de défendre des positions communes au sein de l'Organisation des Nations unies (ONU), du Fonds monétaire international (FMI) et surtout de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le forum s'est voulu le noyau de départ d'un groupe de pays en développement, une idée promue par le ministre sud-africain du commerce et de l'industrie de l'époque, M. Alec Erwin, qui soulignait alors que l'Afrique du Sud risquait « de se voir isolée dans un monde globalisé et marqué par une distance croissante entre les pays développés et les moins avancés (1) ». Pretoria y tenait d'autant plus qu'au même moment la Chine, le Brésil et l'Inde engageaient de profondes réformes de leur économie pour l'ouvrir aux investissements internationaux.

Expression d'un multilatéralisme souple — l'IBAS ne dispose pas de secrétariat permanent —, ce forum met en lumière les dernières évolutions des relations internationales : la transcontinentalité des institutions, leur réduction à un nombre limité d'acteurs au nom de l'efficacité diplomatico-économique (le « minilatéralisme »), ainsi qu'une volonté d'approfondir efficacement les relations bilatérales entre les Etats et de pallier ainsi les limites du multilatéralisme en matière commerciale.

Ce n'est pas la première fois que se bâtit une instance interétatique idéologique ou contestataire. Mais deux éléments distinguent les membres de l'IBAS : leur caractère démocratique et leur non-appartenance à l'Occident. Non seulement cette triade n'est pas au service d'une puissance dominante qui souhaiterait faire valoir ses intérêts dans d'autres instances internationales, mais elle renforce le statut régional de chacun de ses membres et définit des processus coopératifs.

Au nom des valeurs communes, l'Argentine a été mise sur la touche. A Pretoria, on n'a pas oublié les relations étroites du dernier gouvernement militaire argentin (1976-1983) avec le régime d'apartheid, ni les relations « acritiques » de l'administration Menem (1989-1999) avec les Etats-Unis. Cette appréciation pourrait toutefois évoluer, et certains annoncent un accord entre l'IBASet le Marché commun du Sud, ou Mercosur (2).

L'ambition d'obtenir un siège permanent
au Conseil de sécurité des Nations unies

Quant à la République populaire de Chine, elle a été tenue à l'écart parce que son régime politique autoritaire l'a disqualifiée, mais aussi parce que ses velléités d'hyperpuissance inquiètent. Cette sourde hostilité n'empêche pas des convergences : le dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'IBAS, réuni à Brasília le 15 avril 2010, s'est adossé à celui des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le 24 décembre 2010, ce groupe mutait en BRICS pour inclure l'Afrique du Sud.

Des coopérations à quatre dans les enceintes internationales s'esquissaient depuis quelque temps. Dans le cadre des négociations « climat » a ainsi surgi, durant la deuxième conférence ministérielle (avril 2010), un groupe dit « Basic » (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) qui a permis d'exprimer le soutien des quatre Etats à l'accord de Copenhague sur le changement climatique.

Cette approche perdure et fait apparaître ce forum comme incontournable. Le président américain Barack Obama l'a pressenti dès le sommet de Copenhague, cherchant à se faire inviter par le Basic, certain que ses membres offraient la seule chance de conclure un accord de dernière minute. Il est vrai que le groupe s'articulait déjà sur des travaux d'experts et préparait la suite à donner, après 2012, au protocole de Kyoto (les réductions d'émissions de gaz à effet de serre à demander aux pays industrialisés, par exemple). Cette alliance s'est renforcée aux dépens des pays européens, accusés par les pays en développement d'être responsables de l'échec du sommet mondial sur le changement climatique ; mais elle peut tout autant se retourner contre les Etats-Unis.

La convergence des points de vue et des stratégies crée des habitudes de travail et renforce d'autant le poids et la dynamique de l'IBAS. Certes, ce n'est pas un métagouvernement qui émerge depuis 2003, mais un néorégionalisme fait de coopérations intergouvernementales (dix-sept groupes de travail et de dialogue non étatiques). Ainsi se met en place une stratégie de contournement des multilatéralismes paralysés par le nombre de leurs acteurs.

Les Etats constitutifs de l'IBAS aspirent à devenir des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. New Delhi et Brasília l'affirment sans détour. Pour Pretoria, cet objectif est plus difficile à énoncer, car le pays est tenu par une résolution, adoptée en 1997 au sommet de l'Organisation de l'unité africaine à Harare, qui recommande l'élargissement du Conseil de sécurité à cinq pays africains, disposant d'un mandat de quatre ans non renouvelable et sans droit de veto. Une contrainte ayant pour conséquence d'évincer l'Afrique du Sud des pays candidats au statut de membre permanent — Allemagne, Japon, Brésil et Inde, dits G4.

Même si les Etats membres de l'IBAS ont un dessein onusien commun, ils doivent de toute façon se montrer discrets. Ils risquent en effet de froisser les nombreux pays qui nourrissent la même ambition, de l'Argentine à l'Indonésie en passant par le Mexique, le Nigeria, l'Algérie, l'Egypte ou encore le Pakistan — sans parler des réticences de la Chine, déjà membre permanent du Conseil de sécurité et peu favorable à l'inclusion de l'Inde.

Pour des institutions internationales
plus représentatives, plus légitimes

La volonté de chacun d'incarner « son » continent sur la scène mondiale, d'en être le porte-parole, n'est pas plus aisée. Certes, tous trois sont des géants à l'échelle de leur région, et la reconnaissance qu'ils s'apportent mutuellement n'est pas sans fondement. Mais une certaine modestie s'impose pour éviter de s'attirer l'hostilité d'autres pays émergents, avec le risque de voir surgir une coalition des « petits » contre une puissance jugée hégémonique.

Comme convenu lors du sommet de New Delhi, en 2008, les trois pays de l'IBAS travaillent pour que les institutions mondiales soient « plus démocratiques, plus représentatives et plus légitimes, grâce à un engagement plus significatif des pays émergents dans le processus de prise de décision ». A cette fin, ils mobilisent régulièrement leurs chefs d'Etat et de gouvernement. S'y ajoutent les réunions qui se tiennent en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ou des forums multilatéraux (Conseil des droits de l'homme, OMC, Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, traité de l'Antarctique, Conférence pour la reconstruction de la Palestine, etc.).

Autant d'occasions de mieux se connaître et se comprendre, mais aussi d'esquisser des positions communes, ou encore de cimenter l'alliance en décidant de coopérations sectorielles. Certes, il n'existe pas d'identité « ibasienne » ; mais les échanges intergouvernementaux, même peu visibles, se révèlent efficaces, y compris dans les domaines régaliens. Après s'être rencontrés en février 2004 à Pretoria, les ministres de la défense ont pu assurer le développement d'une nouvelle génération de missiles air-air sur la base de l'accord brésilo-sud-africain de 2005 et participer à des manœuvres navales communes au large des côtes sud-africaines, en mai 2008.

Les membres de l'IBAS réussissent aussi à s'entendre sur des déclarations politiques conjointes sur la plupart des grands dossiers internationaux, comme celle, en quarante-cinq points, qui fut adoptée en avril 2010, lors du 4e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. Elle concerne le désarmement et la non-prolifération, la lutte contre le terrorisme, les opérations de maintien de la paix des Nations unies, l'Iran, l'Afghanistan, mais également les violences politiques en Guinée-Bissau, la mise en œuvre de l'accord de Ouagadougou sur la Guinée (3) ou encore le rétablissement de l'ordre constitutionnel à Madagascar.

Construction avant tout politique, l'IBAS est resté insensible aux alternances qu'ont connues ses membres. Ni l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle majorité en Inde (et le remplacement au poste de premier ministre de M. Vajpayee, dirigeant du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party [BJP], par M. Manmohan Singh, du Parti du Congrès), ni la relève de M. Mbeki par M. Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud n'ont mis en danger un rassemblement fondé sur une vision géo-économique commune. Les trois membres aspirent à bâtir une vaste zone de libre-échange, au sens des accords commerciaux régionaux prévus à l'article24 de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), rassemblant les économies du Mercosur, du sous-continent indien et de l'Union douanière de l'Afrique australe (SACU).

L'objectif est ambitieux. Le commerce entre les trois Etats atteint les 10 milliards de dollars en 2008 (+ 156 % en sept ans), une valeur qu'il faut cependant ramener à sa juste proportion : la même année, le montant du seul commerce sino-brésilien s'élevait à 43 milliards. Non seulement les distances renchérissent les prix (12 % de la valeur transportée entre l'Inde et le Brésil, 10 % pour les échanges entre l'Afrique du Sud et l'Inde), mais l'image des producteurs auprès des consommateurs n'est pas toujours très flatteuse : les Brésiliens jugent ainsi souvent de mauvaise qualité les produits indiens.

Forums d'hommes d'affaires,
de femmes, de parlementaires...

C'est pourquoi, à chaque sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement sont accompagnés d'une importante délégation d'hommes d'affaires : une manière de convaincre les entrepreneurs de l'intérêt de cette construction politique et des complémentarités économiques qu'elle peut faire naître. Tâche immense : la plupart des dirigeants d'entreprise de la triade n'ont jamais entendu parler de l'IBAS et beaucoup n'y voient qu'une entité géopolitique.

L'adoption d'un plan d'action à New Delhi en 2007 a visé à démontrer que l'IBAS n'était pas qu'une arène tribunitienne, un regroupement de nouveaux « sous-impérialismes », mais bien un lieu d'élaboration de stratégies d'action et de synergies économiques (harmonisation des procédures douanières et portuaires, réduction des coûts de transaction et de transport…) et technologiques (programmes de recherche sur la malaria, le sida, les agrocarburants, les nanotechnologies, l'océanographie, etc.). Tous ces projets et leur mise en scène médiatique visent aussi à changer l'image internationale des trois protagonistes.

Des groupes de travail sectoriels ont été mis en place pour explorer les synergies possibles et partager les pratiques de « bonne gouvernance » (administrations publiques, agriculture, commerce et investissement, impôts, santé, sciences et technologies, transport, tourisme…). Ils ont d'ores et déjà permis d'adopter douze accords trilatéraux de coopération (aviation civile, agrocarburants, énergie éolienne, enseignement supérieur, parité), cinq autres étant encore en négociation (transport maritime, notamment).

On assiste donc à une construction symbolique où l'interrégionalisme sert à esquisser les coopérations de demain (agriculture, « gouvernance » par Internet, énergies renouvelables, fonds commun pour la recherche et le développement, etc.), ainsi qu'une culture commune de coopération dans les enceintes internationales, voire de solidarité (un fonds d'aide humanitaire a été confié au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour des projets en Haïti, au Laos, au Burundi, au Cap-Vert et en Guinée-Bissau), mais aussi des échanges entre les peuples. Des forums d'hommes d'affaires, de femmes, de parlementaires, des conseils constitutionnels et des événements culturels ont ainsi été promus.

Même si l'IBAS est moins visible et influent que ses trois membres pris séparément et ne peut, à ce stade, être considéré comme un acteur international significatif, son rôle de parapluie commun pour de multiples initiatives permet de combiner les intérêts des Etats avec le renforcement des échanges entre les sociétés civiles. Un nouveau paradigme de la coopération Sud-Sud (lire « Coopération tous azimuts ») ?

Si la nécessité de la coopération internationale entre gouvernements fait peu débat, le concert des puissances et la fragmentation des institutions régionales gênent les « petits », qui n'ont pas de place à la table, et tous ceux qui sont attachés à une approche institutionnelle et globalisante des problèmes du monde. A côté de l'IBAS, Indiens et Brésiliens continuent donc de se montrer soucieux de développer des relations avec tous les acteurs de la scène africaine, Etats et organisations régionales (Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique [Nepad], Communauté de développement d'Afrique australe [CDAA], etc.).

L'Afrique du Sud fait désormais office de pont
entre l'Amérique latine et le sous-continent indien

Les sommets Inde-Afrique (New Delhi, avril 2008) ou Brésil-Afrique (Fortaleza, juin 2003 ; dialogue sur la sécurité alimentaire, mai 2010) sont autant de témoignages de cette politique, tout comme les sommets Afrique-Amérique du Sud (Abuja, novembre 2006 ; Merida, septembre 2009), dont le président Lula da Silva fut l'un des artisans. Comme le souhaitait le président Mbeki dès 1996 à New Delhi, l'Afrique du Sud devient un pont entre l'Amérique du Sud et le sous-continent indien, ce qui bénéficie à la fois à son prestige international et à son économie — notamment aux ports de Durban et du Cap.

Si l'IBAS permet de dessiner de nouveaux liens géopolitiques, il le doit au positionnement stratégique de l'Afrique du Sud et à l'activisme du président Lula da Silva. Au cours de ses deux mandats, celui-ci s'est rendu cinq fois sur le continent noir, a visité vingt pays, a lancé dès 2004 les négociations entre le Mercosur, l'Egypte et le Maroc, et n'a pas hésité à participer, à Caracas, le 6 août 2010, avec le président vénézuélien Hugo Chávez, à la première réunion des ministres des affaires étrangères Amérique du Sud-Afrique.

Les nouvelles institutions transnationales telles que l'IBAS ne se pérennisent pas grâce au leadership d'un ou deux acteurs. Elles ne durent que si elles se montrent efficaces à l'échelle mondiale et répondent aux attentes des acteurs économiques. De cette expérience les Etats retiendront aussi que tout pays de taille moyenne ou importante qui souhaite se joindre à un dispositif transcontinental devra le compléter par des stratégies propres à l'égard des autres instances transrégionales, et par une diplomatie bilatérale active.


(1) Propos tenus devant le Metal and Engineering Industries Bargaining Council, à Johannesburg, le 8 novembre 2002.

(2) Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela.

(3) Signé en janvier 2010, il a permis une transition démocratique en Guinée et l'organisation d'une élection présidentielle en août-septembre.

May 21 2011

Coup de poker en Côte d'Ivoire

Après de multiples reports, l'élection présidentielle devrait enfin avoir lieu en Côte d'Ivoire. Durant cinq ans, la guerre civile et les contentieux sur les listes électorales ont empêché le scrutin. Ce vote ouvre la voie à une consolidation du régime et de la démocratie. / Côte d'Ivoire, Démocratie, (...) / Côte d'Ivoire, Démocratie, Élections, Géopolitique, Politique, Corruption - 2010/11
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