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August 17 2013

Du voile à la prostitution, entretien avec Christine Delphy

Du voile à la prostitution, entretien avec Christine Delphy
http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/08/16/titre-de-la-note-488249.html

Entretien en deux parties avec la sociologue féministe Christine Delphy, auteure de plusieurs textes analysant le sexisme et le racisme qui ont présidé aux lois contre le port du foulard (2004) et du voile (2010). En 2003, elle est l’une des signataires de la pétition « Un voile sur les discriminations » (Le Monde, 17 décembre 2003), et l’une des fondatrices du Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE). Source : Féministes en tous (...)

August 11 2013

Les salaires, variable d'ajustement : vous avez dit « baisser les charges » ?, par Christine Jakse…

Les salaires, variable d’ajustement : vous avez dit « baisser les charges » ?, par Christine Jakse (Le Monde diplomatique)
http://www.monde-diplomatique.fr/2012/11/JAKSE/48338

Car la cotisation — réduite pour favoriser l’embauche de travailleurs peu payés, de jeunes ou de chômeurs, supprimée pour les autoentrepreneurs ou pour les commerçants installés dans une zone franche urbaine, etc. — constitue aussi du salaire : elle figure à ce titre sur la fiche de paie. Elle aussi est prélevée directement sur la richesse produite dans l’entreprise ; mais, à la différence du salaire net, versé à la fin du mois sur le compte en banque de l’employé, elle est perçue par les caisses de sécurité sociale. Lesquelles financent les soins et les salaires des soignants, les pensions des retraités, les indemnités journalières des malades ainsi que les allocations familiales et les allocations- chômage.

Comme le salaire direct, fixé à l’issue de négociations collectives de branche et adossé à la qualification professionnelle, la cotisation relève d’un barème établi par l’Etat — ou, pour l’assurance-chômage, négocié entre le patronat, les syndicats et le gouvernement. L’indemnité journalière, le taux de remboursement des médicaments, le barème de prise en charge de l’acte médical ne constituent pas des prix de marché (fixés par la rencontre entre l’offre et la demande), mais découlent de rapports de forces sociaux et d’arbitrages politiques.

Dans ces conditions, que faut-il comprendre quand Mme Laurence Parisot, présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), enjoint au gouvernement de baisser « les charges patronales et les charges salariales (2) » ? Quel est le projet du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, qui prétend « favoriser la réduction des charges sociales patronales (3) » ? Que propose M. François Chérèque, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), lorsqu’il souhaite « abaisser le coût du travail en transférant une partie des charges sur la CSG [contribution sociale généralisée] (4) » ? A chaque fois, une même réponse : baisser les salaires. La mise en œuvre de ce projet bénéficie d’un consensus politique de longue date.

August 05 2013

Le droit de porter le voile à l'université remis en question Stéphanie Le Bars Lemonde.fr, 5 août…

Le droit de porter le voile à l’université remis en question
Stéphanie Le Bars
Lemonde.fr, 5 août 2013

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2013/08/05/le-droit-de-porter-le-voile-a-la-fac-remis-en-question_3457436_3224.

C’est un rapport alarmiste et une proposition polémique que le Haut Conseil à l’intégration (HCI) a légués à l’Observatoire de la laïcité, détenteur depuis avril des prérogatives de sa mission sur la laïcité. Dans l’un de leurs derniers travaux que Le Monde s’est procuré, les membres de cette mission, menée par l’inspecteur général de l’éducation nationale Alain Seksig, se sont intéressés au respect de la neutralité religieuse dans l’enseignement supérieur.

Face aux “nombreux contentieux intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire”, le rapport émet douze propositions parmi lesquelles l’adoption d’une loi interdisant “dans les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse”.

Sans aller jusqu’à étendre à l’enseignement supérieur la loi de 2004 en vigueur dans le second degré, l’idée est bien d’interdire aux étudiantes musulmanes de porter le voile islamique pendant les cours. Une proposition potentiellement polémique, alors que se discute l’opportunité d’interdire les signes religieux, et principalement le voile, dans d’autres sphères de la société française.

Lire aussi Voile intégral : une loi difficilement applicable

A l’appui de leur proposition, les rapporteurs rappellent la loi Savary de 1984, qui précise que la liberté d’expression accordée aux usagers de l’enseignement supérieur “ne doit pas porter atteinte aux activités d’enseignement et à l’ordre public”. Les rapporteurs précisent aussi que le code de l’éducation prévoit que “le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique”. Ils “voient donc mal pourquoi l’enseignement supérieur camperait dans un hypothétique statut d’extraterritorialité”.

UNE “MONTÉE DE REVENDICATIONS IDENTITAIRES ET COMMUNAUTARISTES”

Selon les auditions menées ces derniers mois par la mission sur la laïcité, “certaines universités” sont en butte à “des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d’appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l’exigence de respect des interdits alimentaires, à l’octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire...”

« Les problèmes n’ont pas disparu, ne se sont pas raréfiés mais se sont banalisés, indique le rapport. Des personnalités auditionnées parlent même “d’actions souterraines” (associations cultuelles masquées, conférences à contenu politico-religieux, etc.). Des professeurs nous signalent, par exemple, la difficulté qu’ils éprouvent parfois à organiser des binômes d’étudiants des deux sexes pour des travaux de groupe. »

Lire les témoignages (édition abonnés) “C’est une injustice de ne pas pouvoir travailler avec son voile”

Largement fondé sur une enquête de la Conférence des présidents d’université (CPU) de 2004, le rapport évoque aussi, sans les quantifier ni les situer, des atteintes à la laïcité “dans certaines universités où des tenants de courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes critiquent les théories darwiniennes de l’évolution au profit de thèses créationnistes. Ailleurs, des écrits de Voltaire, de Pascal ou de Camus peuvent être rejetés”. La mission “laïcité” du HCI relaie donc le “malaise d’un nombre croissant d’enseignants” face à ces “symptômes de la montée de revendications identitaires et communautaristes, de fermeture, voire d’ostracisme, de refus de certains savoirs”.

BILAN POSITIF DE LA LOI DE 2004

S’il reconnaît que “tous les établissements ne sont pas touchés par ces phénomènes” et que certains y ont apporté “des solutions concrètes et apaisantes”, le HCI craint néanmoins une certaine “cacophonie” et juge “préférable d’anticiper”.

Il estime donc “nécessaire que l’ensemble des établissements publics d’enseignement supérieur intègrent un article dans leur règlement intérieur visant à prévenir les contestations ou récusations d’enseignement”. Il recommande “l’insertion de l’étude du principe de laïcité dans les programmes des formations débouchant sur un métier des fonctions publiques d’État, hospitalière ou territoriale ou sur un métier des carrières sanitaires et sociales”.

La mission “laïcité” propose enfin que “toute occupation d’un local par une association étudiante fasse l’objet d’une convention d’affectation des locaux, qui ne peuvent en aucun cas être affectés aux cultes”. Dans la même ligne, “les Crous étant soumis au principe de laïcité, ils ne peuvent compter de lieu de culte sur leur site, ni fournir de restauration de nature confessionnelle”.

Dans ce contexte, le Haut conseil à l’intégration rappelle que “la loi de mars 2004 a contribué à diminuer les tensions dans les établissements du secondaire”. L’Observatoire de la laïcité, dans son point d’étape remis le 25 juin au président de la République, établit aussi un bilan positif de la loi de 2004, mais ne paraît pas pour autant enclin à reprendre les conclusions du HCI.

“Nous entendons nous faire notre propre religion”, indique-t-on à l’Observatoire. Ces recommandations devraient être publiées dans le rapport annuel du HCI, à l’automne, à moins que l’Observatoire de la laïcité, soucieux “d’apaisement” sur ces sujets, ne préfère les enterrer.

#islamophobie

July 25 2013

« Disparition d'un grand poète écouteur et peintre du sonore »

« Disparition d’un grand poète écouteur et peintre du sonore »
http://desartsonnants.over-blog.com/disparition-d-un-grand-po%C3%88te-%C3%89couteur-et-peintre

Le monde du sonore est en deuil.

Le 10 juin 2013, à 88 ans, #Knud_Viktor, celui qui a fait émerveillé nombre d’oreilles en leur faisant découvrir le chant d’un lapin qui rêve, des fourmis qui courent, des vers qui grignotent le bois est décédé accidentellement à Copenhague, sa ville natale qu’il avait rejointe en 2011.

Knud Viktor, à l’origine peintre, est venu il y a de nombreuses années pour chercher, sur les trace de Van Gogh, les fameuses lumières et couleurs de la Provence. Il s’installe dans le #Lubéron est est très vite fasciné par les sons des garrigues, à tel point qu’il deviendra, de ses propres dire, un peintre sonore.

Écoutant sans cesse, bricolant moultes formes de microphones, de paraboles maison pour traquer l’infime sonorité, le micro-son, il créera dés lors tout un univers sonores poétique, inouï et captivant.

Il a ainsi vécu 50 ans dans un hameau reculé, au pied des gorges du Régalon, en artiste à la fois très chaleureux et très discret, pour ne pas dire un brin sauvage, quasi ermite.

http://img.over-blog-kiwi.com/0/56/07/43/201307/ob_35dd21248783c8a2634078ff74d92085_knud-viktor.jpg

« Knud VIKTOR, le chantre du Luberon » (vidéo)
http://www.ina.fr/video/RAC00003469

Avez-vous déjà entendu le bruit d’un ver dans un fruit, celui d’un cochon d’Inde dans le ventre de sa mère, capté les messages qu’échangent les vers à bois dans les galeries qu’ils ont creusées dans votre armoire ou votre lit ? Knud VIKTOR l’a fait. Percevant l’imperceptible, il a enregistré sur son magnétophone des milliers de sons qu’il recueille, mélange, transforme, depuis dix-sept ans, pour réaliser la « peinture sonore » de sa montagne bleue du Luberon. Il ne considère pas qu’il s’agit de musique. A l’origine, peintre, graveur, photographe, il explique pourquoi il s’est tourné vers le monde des sons. Il a commencé par réaliser des courts-métrages en Noir et Blanc sur les cigales et peu à peu, « le son l’a pris ». Il parle de ses premiers enregistrements. Il a conçu une symphonie qu’il a appelée « Images du Luberon ». Pour vivre, il cultive une vigne et son jardin.

« Le monde sonore de Knud Viktor »
http://phonurgianova.blog.lemonde.fr/2009/09/15/le-monde-sonore-de-knud-viktor

Né en 1924 à Copenhague, Knud Viktor est un des précurseurs de l’#art_sonore. Il est l’un des premiers à s’être intéressé au #paysage_sonore non comme matériau à retravailler (à la différence de la musique concrète), mais comme espace à expérimenter humainement avec des micros. Il vit au pied des Gorges du Régalon, dans un site d’une beauté à couper le souffle qu’il n’a pas quitté depuis 50 ans, et dans lequel il a puisé tous les sons de son œuvre. Egalement photographe, cinéaste et vidéaste, il a passé une grande partie de sa vie juché sur des rochers pour capter les sons provoqués par l’érosion, ou à plat ventre dans la garrigue pour intercepter les palabres des fourmis.

http://phonurgianova.blog.lemonde.fr/files/2009/09/autour-dimage-10-9min23-3.1253820983.mp3

« Knud Viktor, l’homme qui écoute les fourmis » (vidéo)
http://www.terre.tv/fr/174_knud-viktor-lhomme-qui-ecoute-les-fourmis

A quatre pattes dans les fourrages, il tend l’oreille. Une petite voix l’appelle. Cela pourrait être celle des fourmis, qu’il observe depuis tant d’années. Mais c’est celle de sa femme. Chut, écoutez...

« Rencontre avec Knud Viktor » (vidéo)
http://www.ina.fr/video/00339692

Magazine consacré à la musique électroacoustique, aux nouvelles technologie, aux studios, machines et compositeurs, qui propose, aujourd’hui, le portrait du compositeur danois, Knud VIKTOR, installé dans le Lubéron depuis 20 ans, qui se définit tout d’abord comme un plasticien. Extraordinaire auditeur du silence, il enregistre avec patience les moindres bruissements de la nature végétale et animale pour ensuite les manipuler sur des bandes magnétiques. Alternance de l’interview de celui ci chez lui et de la diffusion d’ « Ephémères », une de ses oeuvres.

#audio #vidéo #écologie

July 19 2013

La ville de Detroit s'est déclarée en faillite jeudi 18 juillet, avec 18,5 milliards de dollars de…

La ville de Detroit s’est déclarée en faillite jeudi 18 juillet, avec 18,5 milliards de dollars de dette accumulée. Depuis 1945, le joyau de l’industrie automobile américaine n’a cessé de perdre hommes et activités. Cette dégringolade, qui semblait « vouloir ne jamais finir », comme l’écrivait Le Monde diplomatique en janvier 2010, connaît aujourd’hui une étape décisive.

La ville américaine de Detroit se déclare en faillite
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/07/18/la-ville-americaine-de-detroit-se-declare-en-faillite_3449873_3222.html
http://seenthis.net/messages/157922

Detroit, la ville afro-américaine qui rétrécit, par Allan Popelard et Paul Vannier (#2010/01)
http://www.monde-diplomatique.fr/2010/01/POPELARD/18702

Ancienne capitale mondiale de l’automobile, Detroit n’a cessé de perdre de sa puissance. Et de sa population. La crise actuelle n’arrange rien. Les emplois industriels se font rares ; les maisons abandonnées à leurs créanciers se multiplient dans certains quartiers. Malgré tout, cette ville à majorité noire continue de faire confiance au président pour lequel elle a voté.

#Ville #Travail #Chômage #Économie #Industrie #Automobile #Démographie #Crise_économique #États-Unis

Cartographie de l’aire métropolitaine de Détroit par @reka
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/detroit
http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/png/detroitGF.png

July 17 2013

July 16 2013

Le Monde.fr - Actualité à la Une

Le Monde.fr - Actualité à la Une
http://abonnes.lemonde.fr

Pour Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la #cnil, l’affaire #prism montre combien la maîtrise et l’utilisation des données personnelles des individus sont au coeur des enjeux stratégiques des Etats et entreprises. « L’univers numérique est aujourd’hui le continuum de notre univers physique et la protection des données personnelles et des libertés individuelles doit y régner, ici, comme ailleurs ». Pour la présidente de la Cnil, à l’ère de la transparence, nous devons renforcer le contrôle par des (...)

#vieprivee #législation #politiquespubliques

July 12 2013

Pendant que le Monde et l'AFP t'expliquent de concert que les salafistes en Syrie, c'est déjà…

Pendant que le Monde et l’AFP t’expliquent de concert que les salafistes en Syrie, c’est déjà bientôt fini, le Guardian te raconte exactement le contraire (dans un article bassement factuel, que veux-tu) : Syria’s al-Nusra Front – ruthless, organised and taking control
http://www.guardian.co.uk/world/2013/jul/10/syria-al-nusra-front-jihadi

What changed his mind was the chaos and corruption of the FSA. He had fought four battles with the FSA, he said, and seen how they argued over the spoils in the middle of the fighting.

“Religious leaders explained to me that we should not fight blindly, that the flag of the FSA is the flag of infidel secularism and that America is our enemy, whether we declare it or not. Americans will always fight us and will never be satisfied,” he said.

“We can’t topple Bashar and hand it to the FSA to establish the same apostate secularist state. We are not fighting against Bashar only; we are fighting the system.”

The tactics with which al-Nusra is waging its war are no less brutal than those of its al-Qaida-affiliated counterparts in other areas of the Middle East. A few weeks before our visit, after a feud with a local tribe over oil, al-Nusra fighters had surrounded the village of Albu Saray and taken the whole male population of the village prisoner. A few of them were accused of killing an al-Nusra commander, and were executed, and many of the houses in the village were flattened. “Do you know why the Americans and Israelis are winning and we Arabs always lose?” asked the emir. “Because we Arabs are emotional.”

Al-Nusra, by contrast, was an international organisation, and was “not built on emotions”. Its members should be ready to kill their brothers or cousins if they were proved to have to committed apostasy.

“Hitting Albu Saray was a pre-emptive strike,” he said. “They were weak. They had a bad reputation. Kill them, and you teach more powerful tribes a lesson. They will start fearing.”

July 06 2013

Vie intérieure des individus connectés - Information - France Culture

Vie intérieure des individus connectés - Information - France Culture
http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-vie-interieure-des-individus-connectes-2013

Vie intérieure des individus connectés


Il est parfois bon d'en revenir à des choses simples et de poser les questions que nous nous posons tous, les questions que nous nous posons entre nous et que nous nous posons à nous-mêmes. Le monde numérique est-il un autre monde ou s'entremêle-t-il à mon quotidien ? Quel usage fais-je de mes outils numériques ? A quel moment ? Où et dans quelle situation ? Quand et pourquoi je me déconnecte ? Pourquoi ai-je besoin parfois de prendre une photo ? Pourquoi est-ce que je la garde dans mon téléphone ? Pourquoi je l'envoie ? Et à qui ? Mes pratiques sont-elles fixées ou en constante évolution ? Pourquoi est-ce que, pour le même usage, j'utilise parfois mon téléphone, parfois mon ordinateur, parfois mon iPad ? Ces questions, et mille autres, font l'objet de constantes négociations, plus ou plus explicites, plus ou moins conscientes. Ces questions, 4 chercheurs les ont posées à un corpus d'usagers et d'usagères d'âge variés, de Paris et de sa région, mais aussi de Lisieux, Strasbourg, et leurs alentours. Des entretiens en longueur, ou à la volée, dont ces chercheurs ont tiré des conclusions qui parfois formulent des évidences qu'on ne s'était pas formulé, parfois sont étonnantes, contradictoires, mais qui donnent toujours à penser nos propres pratiques et celles de contemporains. Des conclusions qui convergent néanmoins vers point : notre vie intérieure, c'est là où se joue aujourd'hui notre relation à nos outils numériques.

Un très bon entretien, où la chercheuse interviewée est précise dans sa terminologie, ses concepts, etc. Son approche, plutôt latourienne, la pousse à faire tomber les barrières (virtuel/réel, corps/machine, face à face vs communication à distance...), ce qui donne des descriptions phénoménologiques qui paraissent assez probante, conforme en tout cas à l'expérience.
Deux bémols cependant :
–lorsqu'il est question d' « usages dans la vie quotidienne », on veut souvent dire implicitement « hors travail » : c'est une fois de plus le cas dans l'émission. Pourtant, il semble assez évident que « la vie quotidienne », pour la plupart d'entre nous, est dominée par les relations de travail, et qu'une grosse part de nos usages des NTIC sont surdéterminés par ces relations... D'où un certain biais, peut-être, de l'analyse.
–on peut se demander, également, si le fait de parler d' « outils numériques » ne fausse pas la perception, ou, en tout cas, la limite. Quand on utilise ces objets, on se raccorde à un immense dispositif, dont notre objet n'est qu'un terminal. Nous utilisons ce dispositif à travers notre terminal : est-ce que cela ne suffit pas à considérer que les discours traditionnels sur les outils ne peuvent pas s'appliquer aux TIC ? (Et donc les vieux discours du type « cela dépend de l'usage qu'on en fait, etc ».). De là, aussi, un certain malaise en écoutant l'émission : on ne peut s'empêcher de se dire — en tout cas je ne peux m'empêcher de me dire — que je construis désormais mon rapport à moi-même grâce/ au travers de machines et d'infrastructures conçues par des grosses multinationales qui utilisent des méthodes d'exploitation particulièrement dégueulasses et ont un impact sur l'environnement absolument insupportable. La chercheuse n'a pas l'air d'avoir d'avis là-dessus, cela n'a pas l'air de la titiller du tout... Cela devient absurde quand elle en vient à dire que prendre des photos avec son téléphone portable pour matérialiser une impression, un sentiment, est équivalent, en terme de configuration pratique, à ces danseuses qui expriment à travers leurs mouvements la musique qui les traverse. OK, les NTIC sont apprivoisées de mille manière... mais je pense qu'il est central de se demander le type de dépendance psychique et expressive qui est en train de se construire, et dans quelle mesure cela peut se retourner en rapport de domination — comme cela se fait déjà au travail.

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