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February 23 2014

December 20 2013

Science-fiction africaine

La science-fiction déplie les possibles enfouis dans le présent et cristallise les formes que pourrait prendre l'avenir. Alors que les Anglo-Saxons l'ont largement abandonnée au profit de la fantasy, les artistes africains s'en saisissent. / Afrique, Afrique du Sud, Art, Cinéma, Culture, Idées, (...) / Afrique, Afrique du Sud, Art, Cinéma, Culture, Idées, Musique, Fiction - 2013/06
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December 10 2013

« Là-bas si j'y suis » : décembre 2013

Lundi 9 décembre, dans « Là-bas si j'y suis », à 15 heures, sur France Inter, Daniel Mermet s'entretenait avec l'équipe du Monde diplomatique autour du numéro de décembre. Alain Gresh revient dans un premier temps sur la mort de Nelson Mandela, pour rappeler, comme déjà en juillet 2010, que l'icône a (...) / Afrique du Sud, Iran, Nucléaire militaire, Art, Industrie culturelle, Personnalités, Prison, Relations internationales, A propos du « Diplo », Peinture, Jeux vidéo - La valise diplomatique
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December 06 2013

Nelson Mandela, les chemins inattendus

Lutteur entêté autant que malicieux, Nelson Mandela a fêté ses 95 ans. L'idée même que l'on se prosterne au pied de sa statue l'a toujours exaspéré : mieux vaut aller de l'avant et poursuivre la tâche immense de l'émancipation. / Afrique du Sud, Colonialisme, Droits humains, Exclusion sociale, Histoire, (...) / Afrique du Sud, Colonialisme, Droits humains, Exclusion sociale, Histoire, Inégalités, Nationalisme, Personnalités, Prison, Racisme, Apartheid, Mouvement de libération - 2013/08

August 20 2013

Johannesburg, notre ville

Ecrivains et amis, Morakabe Raks Seakhoa et Nadine Gordimer s'entretiennent sur le Johannesburg d'aujourd'hui. / Afrique du Sud, Histoire, Inégalités, Langue, Logement, Mouvement de contestation, Racisme, Ville, Apartheid, Mouvement de libération - (...) / Afrique du Sud, Histoire, Inégalités, Langue, Logement, Mouvement de contestation, Racisme, Ville, Apartheid, Mouvement de libération - 2012/12

August 13 2013

Trois émeutes par jour en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, les signes de fragilisation se multiplient. En vue de l'élection présidentielle de 2014, la crise sociale n'a de cesse d'agiter la nation arc-en-ciel. / Afrique du Sud, Conflit, Développement, Histoire, Mouvement de contestation, Parti politique, Pauvreté, Politique, (...) / Afrique du Sud, Conflit, Développement, Histoire, Mouvement de contestation, Parti politique, Pauvreté, Politique, Syndicalisme, Travail, Violence, Apartheid, Chômage, Crise économique, Corruption - 2013/03

July 16 2013

En Afrique du Sud, une tuerie comme au temps de l'apartheid

Le massacre de Marikana, le 16 août dernier, a choqué bien au-delà des frontières de l'Afrique du Sud. Pour la première fois depuis 1994, des policiers ont tiré sur des manifestants avec l'intention de tuer. Que s'est-il réellement passé ? Comment expliquer une aussi brutale explosion de violence ? / (...) / Afrique du Sud, Syndicalisme, Apartheid, Répression - 2012/10

July 15 2013

Avec les migrants africains en route pour Johannesburg

Si, régulièrement, des bateaux de clandestins font naufrage en Méditerranée, neuf migrants africains sur dix vont chercher du travail au sein même du continent noir, et notamment en Afrique du Sud. / Afrique, Afrique du Sud, Immigrés, Migrations, Pauvreté, Transports, Afrique centrale, Afrique de (...) / Afrique, Afrique du Sud, Immigrés, Migrations, Pauvreté, Transports, Afrique centrale, Afrique de l'Ouest - 2012/10

June 14 2013

La beauté comme exigence éthique

Abdourahman A. Waberi, écrivain, universitaire franco-djiboutien et collaborateur du Monde diplomatique rejoint ce blog : voici son premier billet, consacré à la poésie sud-africaine. L'apartheid était, hier, hanté par le spectre du totalitarisme qui ambitionnait de régir tous les aspects de la vie privée comme publique, du berceau au tombeau. Par sa démesure autant que par la résistance que ses adversaires lui opposaient, c'était aussi un système voué à l'échec. Vivre sous un tel régime fouettait (...) - Echos d'Afrique / Afrique du Sud, Art, Culture, Langue, Littérature, Apartheid

June 08 2013

Israël, Afrique du Sud et apartheid

Michel Bôle-Richard a été correspondant du Monde à Johannesburg et à Jérusalem. Il a connu de près les deux situations et il en a tiré un livre important qui aurait dû ouvrir un débat majeur sur la politique française dans la région, mais aussi sur la vision dominante et lénifiante de la situation. Cette vision se résume ainsi : deux peuples, dont chacun a droit à un Etat, vivent sur la Terre sainte ; avec un peu de bonne volonté et en isolant les extrémistes des deux bords (surtout palestinien), on (...) - Nouvelles d'Orient / Afrique du Sud, Israël, Palestine, Racisme, Apartheid

March 20 2013

En Afrique du Sud, colère des mineurs, déceptions populaires

Trois ouvrages récents offrent une toile de fond aux tragiques événements de la mine de Marikana, lorsque, à l'été 2012, la police a tiré sur des mineurs en grève. Ils donnent à voir, même sous forme de fiction, la réalité de la vie quotidienne en Afrique du Sud aujourd'hui. Le dernier roman de Nadine (...) / Afrique du Sud, Littérature, Pauvreté, Société - 2013/01

February 11 2012

Enfin, l'Afrique du Sud affronte le sida

C'est le jour des enfants à la clinique VIH de Site B, un quartier de Khayelitsha, le grand township situé dans la banlieue du Cap. En ce mercredi de la fin octobre, ils sont venus, une quinzaine, avec un parent ou, pour les orphelins, avec la grand-mère ou l'oncle qui les a pris sous son aile. (...) / Afrique, Afrique du Sud, Enfance, Éducation, Femmes, Industrie pharmaceutique, Inégalités, ONG, Protection sociale, Santé, Médecine, Crise financière - 2012/01

November 23 2011

La Turquie à l'assaut de l'Afrique

Déçu par les atermoiements de l'Union européenne, qui repousse sans cesse son adhésion, Ankara réoriente sa diplomatie vers l'Afrique. En dix ans, les échanges commerciaux ont triplé, tandis que s'intensifiaient les liens avec les capitales du continent noir. / Afrique, Afrique du Sud, Nigeria, (...) / Afrique, Afrique du Sud, Nigeria, Proche-Orient, Soudan, Turquie, Aide au développement, Commerce international, Économie, Entreprise, Islam - 2011/05

October 04 2011

Pacte démocratique entre puissances du Sud

En décembre 2010, l'Afrique du Sud a finalement rejoint les pays du groupe BRIC — Brésil, Russie, Inde et Chine. Nul doute qu'un tel élargissement a été facilité par les travaux d'une autre structure, qui rassemblait déjà Brasília, New Delhi et Pretoria : l'IBAS, créé sept ans plus tôt. La coopération Sud-Sud s'accélère.

Au cours des grandes négociations commerciales des années 1990, les pays du Sud ont montré leur capacité d'entente et d'influence dans la lutte contre la libéralisation du commerce agricole. L'Argentine, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud se sont montrés particulièrement actifs. Afin d'améliorer encore leurs capacités de négociation dans les instances internationales, ces trois derniers pays ont décidé de bâtir un G3 surnommé IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud).

Celui-ci se réunit pour la première fois comme un groupe ministériel ad hoc en juin 2003 à Brasília, avant de se constituer formellement, en septembre de la même année, en marge de la 58e Assemblée générale des Nations unies, autour des chefs d'Etat et de gouvernement de l'époque (MM. Atal Bihari Vajpayee, Luiz Inácio Lula da Silva et Thabo Mbeki). Il s'agissait de défendre des positions communes au sein de l'Organisation des Nations unies (ONU), du Fonds monétaire international (FMI) et surtout de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le forum s'est voulu le noyau de départ d'un groupe de pays en développement, une idée promue par le ministre sud-africain du commerce et de l'industrie de l'époque, M. Alec Erwin, qui soulignait alors que l'Afrique du Sud risquait « de se voir isolée dans un monde globalisé et marqué par une distance croissante entre les pays développés et les moins avancés (1) ». Pretoria y tenait d'autant plus qu'au même moment la Chine, le Brésil et l'Inde engageaient de profondes réformes de leur économie pour l'ouvrir aux investissements internationaux.

Expression d'un multilatéralisme souple — l'IBAS ne dispose pas de secrétariat permanent —, ce forum met en lumière les dernières évolutions des relations internationales : la transcontinentalité des institutions, leur réduction à un nombre limité d'acteurs au nom de l'efficacité diplomatico-économique (le « minilatéralisme »), ainsi qu'une volonté d'approfondir efficacement les relations bilatérales entre les Etats et de pallier ainsi les limites du multilatéralisme en matière commerciale.

Ce n'est pas la première fois que se bâtit une instance interétatique idéologique ou contestataire. Mais deux éléments distinguent les membres de l'IBAS : leur caractère démocratique et leur non-appartenance à l'Occident. Non seulement cette triade n'est pas au service d'une puissance dominante qui souhaiterait faire valoir ses intérêts dans d'autres instances internationales, mais elle renforce le statut régional de chacun de ses membres et définit des processus coopératifs.

Au nom des valeurs communes, l'Argentine a été mise sur la touche. A Pretoria, on n'a pas oublié les relations étroites du dernier gouvernement militaire argentin (1976-1983) avec le régime d'apartheid, ni les relations « acritiques » de l'administration Menem (1989-1999) avec les Etats-Unis. Cette appréciation pourrait toutefois évoluer, et certains annoncent un accord entre l'IBASet le Marché commun du Sud, ou Mercosur (2).

L'ambition d'obtenir un siège permanent
au Conseil de sécurité des Nations unies

Quant à la République populaire de Chine, elle a été tenue à l'écart parce que son régime politique autoritaire l'a disqualifiée, mais aussi parce que ses velléités d'hyperpuissance inquiètent. Cette sourde hostilité n'empêche pas des convergences : le dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'IBAS, réuni à Brasília le 15 avril 2010, s'est adossé à celui des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le 24 décembre 2010, ce groupe mutait en BRICS pour inclure l'Afrique du Sud.

Des coopérations à quatre dans les enceintes internationales s'esquissaient depuis quelque temps. Dans le cadre des négociations « climat » a ainsi surgi, durant la deuxième conférence ministérielle (avril 2010), un groupe dit « Basic » (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) qui a permis d'exprimer le soutien des quatre Etats à l'accord de Copenhague sur le changement climatique.

Cette approche perdure et fait apparaître ce forum comme incontournable. Le président américain Barack Obama l'a pressenti dès le sommet de Copenhague, cherchant à se faire inviter par le Basic, certain que ses membres offraient la seule chance de conclure un accord de dernière minute. Il est vrai que le groupe s'articulait déjà sur des travaux d'experts et préparait la suite à donner, après 2012, au protocole de Kyoto (les réductions d'émissions de gaz à effet de serre à demander aux pays industrialisés, par exemple). Cette alliance s'est renforcée aux dépens des pays européens, accusés par les pays en développement d'être responsables de l'échec du sommet mondial sur le changement climatique ; mais elle peut tout autant se retourner contre les Etats-Unis.

La convergence des points de vue et des stratégies crée des habitudes de travail et renforce d'autant le poids et la dynamique de l'IBAS. Certes, ce n'est pas un métagouvernement qui émerge depuis 2003, mais un néorégionalisme fait de coopérations intergouvernementales (dix-sept groupes de travail et de dialogue non étatiques). Ainsi se met en place une stratégie de contournement des multilatéralismes paralysés par le nombre de leurs acteurs.

Les Etats constitutifs de l'IBAS aspirent à devenir des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. New Delhi et Brasília l'affirment sans détour. Pour Pretoria, cet objectif est plus difficile à énoncer, car le pays est tenu par une résolution, adoptée en 1997 au sommet de l'Organisation de l'unité africaine à Harare, qui recommande l'élargissement du Conseil de sécurité à cinq pays africains, disposant d'un mandat de quatre ans non renouvelable et sans droit de veto. Une contrainte ayant pour conséquence d'évincer l'Afrique du Sud des pays candidats au statut de membre permanent — Allemagne, Japon, Brésil et Inde, dits G4.

Même si les Etats membres de l'IBAS ont un dessein onusien commun, ils doivent de toute façon se montrer discrets. Ils risquent en effet de froisser les nombreux pays qui nourrissent la même ambition, de l'Argentine à l'Indonésie en passant par le Mexique, le Nigeria, l'Algérie, l'Egypte ou encore le Pakistan — sans parler des réticences de la Chine, déjà membre permanent du Conseil de sécurité et peu favorable à l'inclusion de l'Inde.

Pour des institutions internationales
plus représentatives, plus légitimes

La volonté de chacun d'incarner « son » continent sur la scène mondiale, d'en être le porte-parole, n'est pas plus aisée. Certes, tous trois sont des géants à l'échelle de leur région, et la reconnaissance qu'ils s'apportent mutuellement n'est pas sans fondement. Mais une certaine modestie s'impose pour éviter de s'attirer l'hostilité d'autres pays émergents, avec le risque de voir surgir une coalition des « petits » contre une puissance jugée hégémonique.

Comme convenu lors du sommet de New Delhi, en 2008, les trois pays de l'IBAS travaillent pour que les institutions mondiales soient « plus démocratiques, plus représentatives et plus légitimes, grâce à un engagement plus significatif des pays émergents dans le processus de prise de décision ». A cette fin, ils mobilisent régulièrement leurs chefs d'Etat et de gouvernement. S'y ajoutent les réunions qui se tiennent en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ou des forums multilatéraux (Conseil des droits de l'homme, OMC, Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, traité de l'Antarctique, Conférence pour la reconstruction de la Palestine, etc.).

Autant d'occasions de mieux se connaître et se comprendre, mais aussi d'esquisser des positions communes, ou encore de cimenter l'alliance en décidant de coopérations sectorielles. Certes, il n'existe pas d'identité « ibasienne » ; mais les échanges intergouvernementaux, même peu visibles, se révèlent efficaces, y compris dans les domaines régaliens. Après s'être rencontrés en février 2004 à Pretoria, les ministres de la défense ont pu assurer le développement d'une nouvelle génération de missiles air-air sur la base de l'accord brésilo-sud-africain de 2005 et participer à des manœuvres navales communes au large des côtes sud-africaines, en mai 2008.

Les membres de l'IBAS réussissent aussi à s'entendre sur des déclarations politiques conjointes sur la plupart des grands dossiers internationaux, comme celle, en quarante-cinq points, qui fut adoptée en avril 2010, lors du 4e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. Elle concerne le désarmement et la non-prolifération, la lutte contre le terrorisme, les opérations de maintien de la paix des Nations unies, l'Iran, l'Afghanistan, mais également les violences politiques en Guinée-Bissau, la mise en œuvre de l'accord de Ouagadougou sur la Guinée (3) ou encore le rétablissement de l'ordre constitutionnel à Madagascar.

Construction avant tout politique, l'IBAS est resté insensible aux alternances qu'ont connues ses membres. Ni l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle majorité en Inde (et le remplacement au poste de premier ministre de M. Vajpayee, dirigeant du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party [BJP], par M. Manmohan Singh, du Parti du Congrès), ni la relève de M. Mbeki par M. Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud n'ont mis en danger un rassemblement fondé sur une vision géo-économique commune. Les trois membres aspirent à bâtir une vaste zone de libre-échange, au sens des accords commerciaux régionaux prévus à l'article24 de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), rassemblant les économies du Mercosur, du sous-continent indien et de l'Union douanière de l'Afrique australe (SACU).

L'objectif est ambitieux. Le commerce entre les trois Etats atteint les 10 milliards de dollars en 2008 (+ 156 % en sept ans), une valeur qu'il faut cependant ramener à sa juste proportion : la même année, le montant du seul commerce sino-brésilien s'élevait à 43 milliards. Non seulement les distances renchérissent les prix (12 % de la valeur transportée entre l'Inde et le Brésil, 10 % pour les échanges entre l'Afrique du Sud et l'Inde), mais l'image des producteurs auprès des consommateurs n'est pas toujours très flatteuse : les Brésiliens jugent ainsi souvent de mauvaise qualité les produits indiens.

Forums d'hommes d'affaires,
de femmes, de parlementaires...

C'est pourquoi, à chaque sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement sont accompagnés d'une importante délégation d'hommes d'affaires : une manière de convaincre les entrepreneurs de l'intérêt de cette construction politique et des complémentarités économiques qu'elle peut faire naître. Tâche immense : la plupart des dirigeants d'entreprise de la triade n'ont jamais entendu parler de l'IBAS et beaucoup n'y voient qu'une entité géopolitique.

L'adoption d'un plan d'action à New Delhi en 2007 a visé à démontrer que l'IBAS n'était pas qu'une arène tribunitienne, un regroupement de nouveaux « sous-impérialismes », mais bien un lieu d'élaboration de stratégies d'action et de synergies économiques (harmonisation des procédures douanières et portuaires, réduction des coûts de transaction et de transport…) et technologiques (programmes de recherche sur la malaria, le sida, les agrocarburants, les nanotechnologies, l'océanographie, etc.). Tous ces projets et leur mise en scène médiatique visent aussi à changer l'image internationale des trois protagonistes.

Des groupes de travail sectoriels ont été mis en place pour explorer les synergies possibles et partager les pratiques de « bonne gouvernance » (administrations publiques, agriculture, commerce et investissement, impôts, santé, sciences et technologies, transport, tourisme…). Ils ont d'ores et déjà permis d'adopter douze accords trilatéraux de coopération (aviation civile, agrocarburants, énergie éolienne, enseignement supérieur, parité), cinq autres étant encore en négociation (transport maritime, notamment).

On assiste donc à une construction symbolique où l'interrégionalisme sert à esquisser les coopérations de demain (agriculture, « gouvernance » par Internet, énergies renouvelables, fonds commun pour la recherche et le développement, etc.), ainsi qu'une culture commune de coopération dans les enceintes internationales, voire de solidarité (un fonds d'aide humanitaire a été confié au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour des projets en Haïti, au Laos, au Burundi, au Cap-Vert et en Guinée-Bissau), mais aussi des échanges entre les peuples. Des forums d'hommes d'affaires, de femmes, de parlementaires, des conseils constitutionnels et des événements culturels ont ainsi été promus.

Même si l'IBAS est moins visible et influent que ses trois membres pris séparément et ne peut, à ce stade, être considéré comme un acteur international significatif, son rôle de parapluie commun pour de multiples initiatives permet de combiner les intérêts des Etats avec le renforcement des échanges entre les sociétés civiles. Un nouveau paradigme de la coopération Sud-Sud (lire « Coopération tous azimuts ») ?

Si la nécessité de la coopération internationale entre gouvernements fait peu débat, le concert des puissances et la fragmentation des institutions régionales gênent les « petits », qui n'ont pas de place à la table, et tous ceux qui sont attachés à une approche institutionnelle et globalisante des problèmes du monde. A côté de l'IBAS, Indiens et Brésiliens continuent donc de se montrer soucieux de développer des relations avec tous les acteurs de la scène africaine, Etats et organisations régionales (Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique [Nepad], Communauté de développement d'Afrique australe [CDAA], etc.).

L'Afrique du Sud fait désormais office de pont
entre l'Amérique latine et le sous-continent indien

Les sommets Inde-Afrique (New Delhi, avril 2008) ou Brésil-Afrique (Fortaleza, juin 2003 ; dialogue sur la sécurité alimentaire, mai 2010) sont autant de témoignages de cette politique, tout comme les sommets Afrique-Amérique du Sud (Abuja, novembre 2006 ; Merida, septembre 2009), dont le président Lula da Silva fut l'un des artisans. Comme le souhaitait le président Mbeki dès 1996 à New Delhi, l'Afrique du Sud devient un pont entre l'Amérique du Sud et le sous-continent indien, ce qui bénéficie à la fois à son prestige international et à son économie — notamment aux ports de Durban et du Cap.

Si l'IBAS permet de dessiner de nouveaux liens géopolitiques, il le doit au positionnement stratégique de l'Afrique du Sud et à l'activisme du président Lula da Silva. Au cours de ses deux mandats, celui-ci s'est rendu cinq fois sur le continent noir, a visité vingt pays, a lancé dès 2004 les négociations entre le Mercosur, l'Egypte et le Maroc, et n'a pas hésité à participer, à Caracas, le 6 août 2010, avec le président vénézuélien Hugo Chávez, à la première réunion des ministres des affaires étrangères Amérique du Sud-Afrique.

Les nouvelles institutions transnationales telles que l'IBAS ne se pérennisent pas grâce au leadership d'un ou deux acteurs. Elles ne durent que si elles se montrent efficaces à l'échelle mondiale et répondent aux attentes des acteurs économiques. De cette expérience les Etats retiendront aussi que tout pays de taille moyenne ou importante qui souhaite se joindre à un dispositif transcontinental devra le compléter par des stratégies propres à l'égard des autres instances transrégionales, et par une diplomatie bilatérale active.


(1) Propos tenus devant le Metal and Engineering Industries Bargaining Council, à Johannesburg, le 8 novembre 2002.

(2) Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela.

(3) Signé en janvier 2010, il a permis une transition démocratique en Guinée et l'organisation d'une élection présidentielle en août-septembre.

February 07 2011

Mirage des classes moyennes africaines

La Coupe du monde de football en Afrique du Sud a donné lieu à une foison d'articles faisant du continent noir le nouvel eldorado d'entreprises occidentales en quête de débouchés. Mais, dans bien des pays où la consommation se développe, la stabilité risque, une fois encore, d'être menacée par le (...) / Afrique, Afrique du Sud, Kenya, Économie, Inégalités, Sport - 2010/08

November 15 2010

L'Evangile selon Mandela

Nelson Mandela bénéficie d'une adoration consensuelle. Et pourtant, sa légende apparaît très éloignée de la réalité, tellement il semble intolérable d'admettre que le nouveau messie a été un « terroriste », un « allié des communistes » et de l'Union soviétique (celle du « goulag »), un révolutionnaire (...) / Afrique du Sud, Histoire, Inégalités, Droits des minorités, Racisme, Apartheid - 2010/07

October 02 2010

L'impérialisme contrarié de Pretoria

Puissance économique régionale, médiatrice dans de nombreux conflits, l'Afrique du Sud voit son prestige écorné par la montée de la xénophobie et les accusations d'impérialisme. / Afrique du Sud, Capitalisme, Économie, Politique, Société, Travail - (...) / Afrique du Sud, Capitalisme, Économie, Politique, Société, Travail - 2010/04

August 18 2010

Intouchables parrains du football mondial

Le 11 juin débute, à Johannesburg, la Coupe du monde 2010 de football. Organisatrice de l'événement, la FIFA affiche une prospérité insolente. Cependant les critiques abondent.. / Afrique du Sud, Criminalité financière, Économie, Élections, Loisirs, Société, Sport - (...) / Afrique du Sud, Criminalité financière, Économie, Élections, Loisirs, Société, Sport - 2010/06

June 23 2010

FIFA, foot et fric

La crise que traverse l'équipe de France de football a suscité un déferlement de commentaires et de déclarations dans la presse française et étrangère, mais aussi parmi la classe politique. La plupart des critiques émises l'ont été sur le registre de l'indignation, Mme Roselyne Bachelot, ministre de la (...) / Afrique du Sud, France, Finance, Loisirs, Sport - La valise diplomatique

June 11 2010

Coupe du monde de football : passion, diversion, répression

Le 11 juin s'ouvre en Afrique du Sud la dix-neuvième édition de la Coupe du monde de football, organisée sous l'égide de la FIFA (Fédération internationale de football association). Avec près de trente milliards de téléspectateurs prévus en audience cumulée et environ 73 000 heures de retransmission dans (...) / Afrique du Sud, Audiovisuel, Entreprise, Finance, Inégalités, Loisirs, Médias, Pauvreté, Société, Sport - La valise diplomatique
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