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October 05 2013

Greuze et la peinture morale | ARTPOL | Scoop.it

Greuze et la peinture morale | ARTPOL | Scoop.it
http://www.scoop.it/t/artpol/p/4008755950/greuze-et-la-peinture-morale?hash=297fbdaf-af2a-4d7a-b258-d13c2d8ff796

« Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les excès de la société aristocratique et libertine incitent le gouvernement ainsi que certains penseurs, tels La Font de Saint-Yenne ou Denis Diderot, à encourager fortement le retour à une vie plus vertueuse. En 1761, la publication des Contes moraux de Marmontel amorce cette nouvelle lecture morale, propre à édifier le lecteur et dont la République des Lettres et des Arts discute lors des séances au salon de Mme Geoffrin, où se réunissent Greuze, Diderot, d’Alembert, La Live de Jully, Grimm.

L’art doit également promouvoir cette nouvelle idée moralisatrice. Face aux scènes de genre et de marivaudage qui avaient envahi les cimaises dans les précédents salons, la vertu et la morale reprennent leurs droits en art. (...) »

#art #société #peinture #histoire #éducation #culture #morale #France #Greuze #enseignement #histoire_de_l'art #éthique #politique #Artpol #vangauguin

August 06 2013

*L'éthique environnementale aujourd'hui* Par Catherine Larrère

L’éthique environnementale aujourd’hui
Par Catherine Larrère
http://www.nonfiction.fr/article-1206-lethique_environnementale_aujourdhui.htm

Article synthétique de très bon niveau de 2008, autour de la chronique de trois livres.

Généralités

Dans les années soixante-dix, la réflexion morale s’est donné un nouvel objet : l’environnement.

cette éthique est universaliste : elle s’interroge sur les rapports de l’homme et de la nature pour en faire apparaître la dimension morale, et inclure les entités naturelles, voire la nature ou la biodiversité comme un tout, dans notre souci moral. Mais c’est aussi une éthique locale.

Cette réflexion vise (... ) pratiquement la protection (preservation en anglais) de cette nature sauvage, laissée à l’écart de l’action humaine, et dont est affirmée la valeur intrinsèque, indépendante de toute utilisation que l’on pourrait en faire.
Or, la globalisation des questions environnementales met en cause le partage entre les espaces protégés et ceux laissés aux activités humaines.

Le problème du développement durable

[Avec la globalisation,] il ne s’agit plus de protéger des îlots de nature intouchée, pour autant qu’ils existent encore, il s’agit de rendre l’ensemble des activités humaines compatibles avec le bon état de la Terre. C’est ce que l’on a désigné par l’expression de développement durable. En outre, cette extension du souci environnemental s’est accompagnée d’un très net recentrement des préoccupations sur la dimension humaine de la question. Défini, à la Conférence de Rio, comme un développement économique et social qui vise à +satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l’environnement des générations présentes et futures+, le développement durable envisage donc l’environnement - le terme de nature n’apparaissant même pas dans la définition - de façon purement instrumentale.

c’est (...) contre cette instrumentalisation de la nature désignée comme anthropocentrique que s’étaient élevées les éthiques environnementales apparues dans les années soixante-dix.

Sur trois livres chroniqués dans l’article , écrits par Dale Jamieson prof à la New York University

Jamieson n’est pas un défenseur opiniâtre de la valeur intrinsèque. Il en expédie même assez rapidement les deux principales variantes (celle dite « biocentrique » qui accorde une valeur intrinsèque à toute entité vivante et celle dite « écocentrique » qui insiste sur les devoirs que nous avons à l’égard de la communauté biotique dont nous faisons partie), pour adopter une approche pluraliste des différentes évaluations des valeurs naturelles. Mais il tient ferme sur ce qui est l’ambition fondamentale des éthiques environnementales : affirmer la dimension morale de nos rapports à la nature. Pas plus que ses prédécesseurs, Jamieson ne conçoit l’éthique environnementale comme une simple éthique appliquée, c’est-à-dire comme l’application, à des objets nouveaux, de théories morales préexistantes. Parce qu’elle inclut la nature dans le champ de notre considération morale, l’éthique environnementale remet en cause les limites des théories morales traditionnelles pour lesquelles il n’est de devoirs qu’entre les hommes.

Le concept de justice environnementale

[Aujourd’hui] On est ainsi passé d’une interrogation globale sur les rapports de l’homme à la nature à une étude différenciée de l’impact des questions environnementales sur les populations humaines et de l’inégale répartition des dommages environnementaux (mais aussi de ses avantages) entre les différents groupes humains. Telles sont les questions qui relèvent de la justice environnementale. Elles touchent à l’inégale distribution du « fardeau » environnemental, et, par fardeau, il faut entendre les risques, dommages…, liés à la crise environnementale, mais tout aussi bien la répartition des mesures à prendre pour faire face à la situation. Or, ces problèmes de justice environnementale, ignorés par la première génération des éthiques environnementales, ne peuvent être abordés de façon satisfaisante avec les seules théories classiques de la justice, qu’il s’agisse de celle de Rawls, de l’utilitarisme, ou du libertarianisme. On le voit bien dans les nombreux articles sur ces questions que l’on trouve dans les livres de Jamieson. Ces questions de justice environnementale posent des problèmes nouveaux : une forte polarisation Nord/Sud (absente des questions classiques de justice), une dimension temporelle beaucoup plus importante (les fameuses « générations futures »), des problèmes de responsabilité (aussi bien dans l’attribution rétrospective de la responsabilité des dommages actuels que dans la distribution prospective des tâches à accomplir), et, également, une présence de la nature qui n’est pas réductible aux paramètres habituels (particulièrement économiques).

#éthique #environnement #bioéthique #Larrère #développementdurable #philosophie

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