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Il est amusant et instructif de voir la ministre (UMP) de l’économie, Christine Lagarde, reprendre à son compte, dans l’interview qu’elle a donnée au Financial Times, lundi de la semaine dernière, une analyse qui est développée depuis 2007 par l’OFCE (politiquement situé à gauche). Selon cette analyse, c’est au détriment de ses partenaires européens que l’Allemagne a pu rétablir sa position de deuxième exportateur mondial (derrière la Chine). En pesant sur les salaires de ses travailleurs, en faisant subir une sévère cure d’amaigrissement à son Etat-providence (sous Schröder), en abaissant l’impôt sur les sociétés, en délocalisant une partie de sa production en Europe centrale, l’Allemagne se serait comportée en “mauvaise joueuse”. D’autant que la réduction de voilure de son Etat-providence aurait poussé les Allemands à épargner davantage et donc à consommer toujours moins. Xavier Timbeau (OFCE) n’hésitait pas à comparer cette stratégie d’étouffement de la demande intérieure et de “compétitivité par les coûts” à une forme de “désinflation compétitive”. Et il mettait en garde contre un “jeu non coopératif”, dans lequel d’autres Etats européens pouvaient avoir la tentation de s’engager à leur tour.

Mais c’est précisément ce que rétorquent les Allemands. Plutôt que de reprocher à notre économie d’être vertueuse et compétitive, faites-en donc autant avec les vôtres, sinon l’Europe sera balayée ! Ainsi, le Commissaire européen Günther Öttinger : “En Europe, il faut plus de réformes telles que celles que nous avons mises en oeuvre.” L’Allemagne, mise au défi par les nouveaux exportateurs chinois et centre-européens a “fait ses devoirs”, (Klaus Schrader de l’Institut pour l’Economie mondiale de Kiel), réformé et musclé son appareil de production. Elle s’appuie sur son réseau de PME familiales à la longue expérience des marchés extérieurs - le Mittelstand. Les autres n’ont qu’à en faire autant, au lieu de se plaindre que nous, Allemands, serions devenus hyper-compétitifs. Face aux demandes françaises de baisse des taxes, afin de booster la consommation intérieure allemande, et de réduire l’excédent commercial avec la France (30, 3 milliards d’euros en 2008), Angela Merkel rétorque : “Nous n’allons pas renoncer à nos atouts dans les secteurs où nous sommes forts. L’Allemagne continuera à améliorer sa compétitivité.” Et Christoph Steegmans, Porte-parole du gouvernement allemand : “Il n’est pas possible de dire aux compagnies exportatrices de produire des biens moins attractifs…”

En outre, ajoutent les Allemands, c’est l’existence de la monnaie unique qui a permis aux pays du “Club Med” de continuer à consommer à crédit : dans les pays comme la France, c’est, en dernière analyse, l’Etat qui s’endette pour booster la consommation des ménages. ...

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— lisez l'article complet France, Allemagne : qui est le mauvais joueur? | sur Le blog de Brice Couturier - 20100323
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