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Une autre approche de la banlieue totale, dont parlait Bernard Charbonneau » [Article] Le…

Une autre approche de la banlieue totale, dont parlait Bernard Charbonneau

 » [Article] Le despotisme de l’image, par Dmitry Orlov
http://www.les-crises.fr/le-despotisme-de-l-image

Dans de plus en plus d’endroits, le #transport public est rendu impossible par une situation appelée « l’étalement urbain », qui, plus que tout autre chose, encourage la dépendance à la #voiture. La cause de l’étalement urbain est le pavillon de #banlieue, et, tout comme ce serait une erreur de regarder la voiture strictement comme une forme de transport, c’est une erreur de regarder la maison de banlieue strictement comme une forme de #logement. Bien qu’elle fournisse un ensemble d’équipements modernes, elle doit aussi se conformer à une certaine image, et, tout comme pour la voiture, nous allons voir que c’est cette image qui explique le mieux à la fois son emplacement et sa forme typique.

C’est une idée fausse et répandue que la fonction principale d’une maison de banlieue est de fournir un abri, alors qu’il est tout à fait évident et clair qu’elle est de fournir un stationnement. Dans une société dépendante de la voiture, l’accès est contrôlé en limitant et en contrôlant la capacité de se garer. Le stationnement public est toujours limité et souvent pas disponible, et le stationnement semi-public — dans les magasins, les centres commerciaux, les parcs de bureaux et autres institutions privées — est limité à ceux qui ont de l’argent à dépenser ou à ceux qui ont là des transactions commerciales d’une autre manière. Bien que la voiture confère la liberté de mouvement, c’est la liberté de se mouvoir, via les routes publiques, entre des lieux où l’on n’est pas libre, mais où l’on doit accomplir une fonction sociale spécifique, que ce soit travailler, acheter, ou quelque autre activité socialement autorisée. Même si vous souhaitez échapper aux restrictions de la société pendant un moment, et passer du temps dans un coin sauvage, vous vous apercevrez que, dans une société dépendante de la voiture, même la nature suit les horaires de bureau, et qu’elle ferme ses parcs de stationnement peu avant l’obscurité.

En bref, la seule liberté que la voiture confère est la liberté d’aller et venir entre des lieux où l’on n’est pas libre, et la seule véritable exception à cette règle est sa propre allée de garage. Aucune habitation de banlieue convenable ne peut s’en passer : c’est votre propre route privée qui mène à votre propre maison privée. Cette image impose qu’elle soit coûteusement et inutilement recouverte, et non avec des pavés, car alors se serait une allée piétonne plutôt qu’une allée de garage, mais avec de l’asphalte. Les allées de garage banlieusardes ne sont pas recouvertes pour le bénéfice des voitures, qui peuvent s’accommoder de routes en terre, et clairement pas pour le bénéfice des véhicules tout terrain à présent courants, mais pour le bénéfice de satisfaire un penchant inné chez les conducteurs : le désir de posséder un bout de la route.

La fonction symbolique de la maison de banlieue est de servir de lieu de repos final au bout du long voyage de retour chez soi. La paix et le calme sont considérés comme ses caractéristiques les plus essentielles, et bien que les préoccupations manifestes soient la sûreté et la sécurité, sa source est le désir irrationnel d’une paix ultime. Si un habitant de la banlieue devait échanger à la fois la voiture et la maison pour un appartement à l’intérieur des limites de la ville, la probabilité accrue de devenir la victime d’un crime violent serait plus que compensée par la probabilité réduite de mourir dans un accident automobile, et donc le choix n’est pas rationnel du point de vue de la sécurité.

La véritable préoccupation n’est pas la sécurité mais l’incarnation d’une image de paix abstraite. Les plans locaux d’#urbanisme et les arrêtés municipaux restreignent les loisirs bruyants et la déviation des normes de la communauté, car il est sacrilège de violer l’éternel sommeil du banlieusard. La banlieue idéale présente une étendue ininterrompue de pelouses manucurées parsemées de petits monuments néoclassiques, tous légèrement différents et pourtant tous essentiellement pareils. C’est le décor essentiel d’un cimetière : la maison est en fait une crypte familiale. Sans surprise, la destination finale de la voiture-mort est la maison-mort.

#habitat #urbain_diffus
http://seenthis.net/messages/166201

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Schweinderl