Newer posts are loading.
You are at the newest post.
Click here to check if anything new just came in.

Yasuni : en Equateur, la fin d'une forte et belle idée - Reporterre

Yasuni : en Equateur, la fin d’une forte et belle idée - Reporterre
http://www.reporterre.net/spip.php?article4577

Le rêve écologiste ITT Yasuni n’aura vécu que six ans. Il s’agissait de proposer aux pays riches de participer à la préservation de l’extraordinaire réserve de biodiversité située à l’Est de l’Equateur en finançant ce que le président Correa appelait des « droits de non émission de gaz à effet de serre ».

Concrètement payer pour conserver plusieurs centaines de milliers de barils de pétrole dans le sous sol du parc Yasuni. Avantage : limiter l’émission de gaz à effet de serre et ne pas menacer les 2 274 espèces d’arbres, les 100 000 espèces d’insectes, les 150 types de batraciens qui ont trouvé refuge dans la zone depuis la dernière glaciation. La réserve de biodiversité la plus exceptionnelle de toute l’Amazonie.

Cette idée permet de poser les vraies questions sur les responsabilités de chacun dans le réchauffement climatique. Rafael Correa vient de la jeter dans les poubelles de l’histoire. Lors de la campagne électorale, Alberto Acosta, l’un des inspirateurs du projet Yasuni, ancien collaborateur de Rafael Correa et candidat contre lui à l’élection présidentielle en 2013 m’avait affirmé, alors que nous sillonnions la banlieue de Quito dans la benne d’un camion, « Correa va mettre fin à l’initiative Yasuni en accusant les pays riches d’être responsables de ce renoncement. Mais il n’y a jamais cru, cela lui a juste permis de se donner une image positive dans les milieux progressistes occidentaux. Rafael est un tenant du productivisme qui tue notre monde. Il a fait illusion mais bientôt le masque tombera ».

A l’époque je n’avais pas cru ce brillant politicien. J’avais confiance en la sincérité du président équatorien. Cette initiative Yasuni constituait un élément si nouveau dans la politique internationale, les proches du président équatorien paraissaient si convaincus qu’il s’agissait d’une priorité de Rafael Correa, que je n’ai jamais douté de sa volonté d’aller jusqu’au bout.

J’ai travaillé longuement sur les dégâts provoqués par Texaco en Equateur et j’en ai fait un livre qui conte l’histoire terrifiante de Maria Aguinda et de sa famille, victime des agissements mafieux et irresponsables de cette compagnie pétrolière étatsunienne. Rafael Correa a plusieurs fois visité la zone polluée par Texaco, et je pensais qu’il avait corrigé sa formation productiviste enseignée dans les universités d’économie étatsuniennes à la lumière de la catastrophe subie par son pays.

Ai-je été naïf de croire en sa volonté d’aller jusqu’au bout de cette expérience ? Dans le discours qu’il a prononcé pour annoncer la fin de l’expérience Yasuni, il avance plusieurs arguments pour expliquer son recul : la faible mobilisation de fonds (ils espéraient plus de 3 milliards de dollars, ils n’en ont récolté qu’un peu plus de 10 millions), l’hypocrisie des pays occidentaux (principales pollueurs, ils veulent faire porter les efforts par les pays pauvres), la crise économique (beaucoup de pays européens ont oublié leurs promesses de contributions après la crise financière de 2008), les besoins de la population équatorienne dont plus de 30% vit en dessous du seuil de pauvreté.

Bref c’est la #crise, le #pétrole est devenu plus cher, donc pour avoir de quoi financer cette réserve de #biodiversité il faut d’abord la détruire pour obtenir le pétrole nécessaire à son financement (et perturber encore un peu plus le #climat au passage).
En amont, se pose la question du monnayage puis de la #privatisation et/ou prise en main par l’#état des #biens_communs

Don't be the product, buy the product!

Schweinderl