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Santé, agriculture, des projets communs

Trois piliers ont été mis en place par l'IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) depuis sa création en 2003 : la coordination politique sur des questions internationales, les groupes de travail et l'assistance aux pays en développement. C'est le troisième qui peut s'évaluer le plus concrètement. Créé en 2004, le Fonds IBAS pour l'élimination de la faim et de la pauvreté finance des projets de petite et moyenne taille pouvant être reproduits et servir d'exemple de « bonnes pratiques (1) » au niveau régional, voire extrarégional. L'objectif est également de promouvoir des initiatives pionnières émanant des pays du Sud à destination d'autres pays du Sud (2). Le financement est assuré par chacun des Etats membres à hauteur de 1 million de dollars, chiffre encore modeste, et peut être complété par des financements externes : Etats tiers, organisations non gouvernementales, fondations philanthropiques, etc.

L'Unité spéciale pour la coopération Sud-Sud au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a été chargée de la gestion du fonds et du suivi administratif et opérationnel des projets sélectionnés. Il est significatif que cette tutelle ait été accordée à un organisme des Nations unies — et non à des organisations financières comme le Fonds monétaire international (FMI). Cette tutuelle permet — comme c'est le cas de la Banque du Sud (Banco del Sur), créée par l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, l'Equateur, le Paraguay et le Venezuela avec un capital initial de 20 milliards de dollars (3) — de contourner les institutions de Bretton Woods, qui ne remplissent pas leurs obligations. Désormais, des pays comme le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud peuvent se passer du FMI et créer des circuits d'aide parallèles.

Les projets financés par l'IBAS couvrent des domaines aussi divers que la formation de paysans aux techniques agricoles améliorées en Guinée-Bissau, la mise en place d'un système de recyclage d'ordures en Haïti, la rénovation de deux centres de santé au Cap-Vert, la construction d'un pavillon supplémentaire dans un centre de santé au Cambodge, le renforcement des capacités de lutte contre le VIH/sida au Burundi. Ces choix obéissent souvent aux objectifs diplomatiques des trois Etats membres.

Ainsi la construction d'un palais omnisports de mille mètres carrés à Ramallah, en Palestine, estimée à près de 1 million de dollars américains — il s'agit du projet le plus coûteux financé par le fonds, celui de Guinée-Bissau s'élevant à près de 500 000 dollars, celui de Haïti à 550 000 dollars et celui du Cap-Vert à 380 000 dollars. Comme le note M. Francisco Figueiredo de Souza, secrétaire du département IBAS au sein du ministère brésilien des affaires étrangères, cette initiative est liée à la coordination politique des trois Etats membres sur le conflit israélo-palestinien et à la volonté de Brasília de s'investir en tant qu'acteur extrarégional dans le processus de paix entre Israël et la Palestine (4). Si le Brésil est le dernier Etat IBAS à avoir reconnu officiellement l'Etat palestinien, en décembre 2010, il est allé plus loin que ses deux partenaires en le reconnaissant dans les frontières de 1967.


(2) Depuis sa création, le Fonds IBAS a reçu le Prix des Nations unies pour le partenariat Sud-Sud en 2006 et le prix des Objectifs du millénaire pour le développement en septembre 2010.

(3) Lire Damien Millet et Eric Toussaint, « Banque du Sud contre banque mondiale », Le Monde diplomatique, juin 2007.

(4) « Emerging Powers : India, Brazil and South Africa (IBSA) and the future of South-South cooperation », rapport du Woodrow Wilson Center, Washington, août 2009.

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Schweinderl