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Homo Numericus : Du discours aux données....et retour ?

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 Il est certainement frappant de voir à quel point ce triomphe de la donnée, la dissolution du discours que l’on peut constater dans ces initiatives, s’accompagne pourtant dans le même temps d’une évolution exactement inverse, qui sacralise le discours dans sa forme la plus éloignée de la donnée : la narration. Le phénomène du story telling qui touche lui aussi tous les secteurs, représente la double inversé de l’open data puisqu’il enfouit la donnée factuelle dans le défilement de l’histoire syntagmatique. Bien documentée par le célèbre ouvrage de Christian Salmon [12], la technique de story telling vise à la fois à provoquer l’adhésion de celui pour qui elle est déployée et en même temps à anesthésier son sens critique. Ce n’est plus l’exactitude mais la séduction qui est érigée en vertu cardinale.
  
Entre l’open data d’un côté et le story telling de l’autre, c’est finalement une certaine tradition rhétorique qui semble vouée à la disparition par écartèlement : construite en effet sur une collusion forte, sur un mélange presque indissociable des éléments factuels (l’invention) et des agencements qui les organisent les uns par rapport aux autres (la disposition), elle portait jusqu’à présent une certaine manière de construire une représentation partagée, socialisée du monde. Sa disparition programmée signifie une disjonction radicale entre la “réalité” d’un côté, placé du côté du factuel indépendant de sa représentation ou perception, et des relations sociales de l’autre résolument placées sous le signe de l’artifice séducteur et hypnotique. Cette évolution peut être vue comme congruente avec l’affaiblissement des institutions et de toutes les formes de médiation, phénomène bien caractéristique de notre époque.

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Schweinderl